Temps pascal

Année liturgique 2006-2007 [C]

- Pentecôte : 27 mai 2007 : Accueillir le don de Dieu...
L’événement de la Pentecôte est inséparable de celui de l’Ascension ; c’est en quelque sorte son autre face. Ensemble, ils représentent l’accomplissement et de la montée de Moïse au Sinaï où il reçut les paroles de vie (cf. Ex 19, 20) et de sa descente vers le peuple auquel il transmit les dix paroles (cf. Ex 19, 25). La montée au ciel de Jésus et l’effusion de l’Esprit Saint sont donc les deux facettes d’une même réalité.
Jésus lui-même dans son discours d’adieu aux disciples lie la fidélité à ses paroles ou commandements et le don de l’Esprit. Non pas que le don de Dieu soit conditionné par les comportements humains mais il demande à être accueilli. Aimer et être fidèle aux commandements, c’est accueillir la promesse d’une présence divine : l’Esprit viendra habiter parmi les disciples (vv. 15-16) et le Père viendra avec Jésus au cœur du croyant (v. 23). Aimer et être fidèle à la Parole indissociablement, ce n’est rien moins que laisser en nous la place pour Dieu !
Reçu l’Esprit a pour effet de renforcer notre propre fidélité. Dans l’Evangile de Jean, l’Esprit joue un rôle semblable aux figures charismatiques qui viennent prolonger la mission d’un personnage important dans l’Ancien Testament, ainsi de Josué pour Moïse, Élisée pour Elie... L’Esprit est le témoin de Jésus, l’interprète de son message. Il est celui qui continue d’enseigner les disciples et de les guider. Il apparaît comme un autre Jésus ; puisqu’il est un autre défenseur ou autre Paraclet, c’est que Jésus était le premier : l’Esprit joue auprès des disciples un rôle très proche de celui de Jésus. Il est cette présence intérieure qui les transforme. En eux et par eux l’Esprit agira et les disciples seront rendus témoins du Christ pour le monde.
Demandons donc les uns pour les autres, la grâce d’un humble accueil du don de Dieu pour que nous ne soyons pas livrés à notre propre inconsistance ou faiblesse mais puisions dans cette présence intérieure qui nous anime la force d’aimer et de rester fidèle, de vivre librement par amour de Dieu et des autres.

- 7e dimanche pascal : 20 mai 2007 : La prière de Jésus
Le texte des Actes des Apôtres nous présente comment Étienne passe par l’itinéraire de son Seigneur : une mort dans la confiance totale et le pardon. L’apparition du Fils de l’homme en gloire complète le témoignage d’Étienne. Ce dernier proclame la résurrection de Jésus : Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l’homme est debout à la droite de Dieu. Avec la mort d’Étienne l’antagonisme aux Apôtres et aux disciples de Jésus atteint son degré ultime. Étienne n’est pas seulement le premier martyr, un homme qui est mort pour la foi, il devient le modèle du témoin, puisqu’il ne meurt pas seulement pour Jésus-Christ, mais comme lui. Ainsi, quand bien même la proclamation de notre foi ne nous conduirait pas jusqu’à la mort, il nous est néanmoins révélé deux attitudes qui nous rendent particulièrement conforme au Christ : le refus de répondre au mal subi par la violence, le renoncement au jugement de valeur sur les agresseurs. Étienne, pas plus que Jésus au moment de sa Passion, ne se préoccupe d’établir la culpabilité de ses accusateurs. Il demande au Seigneur de leur pardonner ce péché. Librement et par amour, Étienne fait du mal qu’il subit le lieu du don de soi, préférant être victime de la violence plutôt que d’ajouter à l’engrenage du mal. La seconde attitude, qui rend possible la première, est l’abandon. Comme Jésus avait remis au Père son esprit au moment de mourir, Étienne remet le sien à Jésus. Mais si mourir c’est remettre son esprit entre les mains de Dieu, vivre c’est se recevoir de Lui. Tout homme, toute femme, sont appelés à cet abandon et à cette confiance. Étienne nous invite à prendre soin de notre relation au Christ dans la prière de manière à ce que, quand l’épreuve se présente, nous ne soyons pas seuls et livrés à nos propres forces pour l’affronter.
La prière de Jésus dans l’évangile de Jean nous y invite : elle révèle le désir de Jésus de nous voir vivre avec lui la même intimité que celle qu’il a vécue avec son Père. Le désir de Jésus est que ses disciples voient sa gloire, ait foi en sa résurrection et en la promesse de vie qu’elle apporte à tout homme. Demandons donc cette grâce d’une foi ferme qui nous établisse dans la confiance et nous rende capable de pardonner sans jamais chercher à condamner qui nous a offensé.

-  6e dimanche pascal : 13 mai 2007 : L’Esprit Saint et nous-mêmes
Foi et amour dans la fidélité au Christ, joie voilà ce que Jésus demande aux disciples au moment où il passe vers son Père. Croire pour ne pas se laisser troubler, ébranler par les évènements, aimer pour ne pas se laisser porter simplement par ses propres inclinations. A l’agir du disciple : aimer et rester fidèles aux commandements correspond l’agir de Jésus : prier le Père, qui donne l’Esprit ; donner la paix, qui est promesse de vie au milieu même des épreuves traversées. L’Esprit est don du Père aux disciples en réponse à la demande de Jésus ; Il est pour “être avec” eux ; et cela définitivement, “pour toujours”. Il continue l’œuvre de Jésus, les disciples ne sont pas orphelins. Il est qualifié à la fois comme paraklêtos, paraclet, un “autre défenseur” et comme “Esprit de vérité”. Paraklêtos, en grec, désigne quelqu’un qui vient soutenir une connaissance au cours d’un procès et qui y joue un rôle de défenseur, d’intercesseur. Ainsi l’Esprit Saint est défenseur des disciples, dans un monde qui ne les accueillera pas, tout comme il n’a pas accueilli Jésus. Esprit de vérité , il continue de guider les disciples de Jésus, de leur rappeler ses paroles, d’en faire ses témoins.
Le livre des Actes des Apôtres rapporte une controverse née à Antioche suite à une affirmation tranchée de gens venus de Judée : qui n’est pas circoncis ne peut être sauvé. Dans la Genèse, la circoncision est « le signe dans la chair » de l’Alliance de Dieu avec Abraham. Elle est une marque d’appartenance et un signe du salut. Faut-il alors absolument être incorporé à Israël pour être sauvé ? Autrement dit, si Dieu a ouvert la porte de la foi aux païens, sont-ils pour autant dispensés de se soumettre aux exigences de la loi de Moïse ? Mais s’il faut faire passer les incirconcis par le judaïsme, qu’en est-il de la foi en Jésus Sauveur ? L’enjeu est double en réalité : le salut des hommes et l’unité des chrétiens. C’est pourquoi, les Apôtres et les Anciens prennent le temps d’examiner la question. Leur réponse est introduite avec une formule pour le moins étonnante : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé... Formule présomptueuse ? Peut-être pas, si à la lumière de l’Evangile, nous comprenons que les Apôtres et les Anciens, cherchant la réponse à un problème bien concret de leur communauté, ont tenté de discerner quelle réponse apporter pour rétablir la paix et ils l’ont fait en se soumettant à l’action de l’Esprit.
L’invitation, pour nous, est de ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu, de laisser l’Esprit de Dieu animer notre propre esprit. Mobiliser toute notre intelligence et nous laisser pénétrer par l’Esprit de Dieu, difficile équilibre sans doute, qui nous ramène à l’exigence d’allier réflexion et effort de silence et de prière lorsqu’il s’agit de discerner comment vivre fidèlement la Parole du Christ dans des situation nouvelles.

- 5e dimanche pascal : 6 mai 2007 : Le discours testamentaire de Jésus.
L’évangile de ce dimanche nous introduit dans le discours testamentaire de Jésus, lorsque se sachant au terme de son parcours humain, il prend un dernier repas avec ses proches et leur partage ce qui lui tient le plus à cœur.
Il livre d’abord le maintenant de son histoire : Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui. Etrange affirmation en vérité, énoncée juste après l’annonce de la trahison de Judas. La glorification du Fils de l’homme s’accomplit dans le processus de sa trahison, de son arrestation et de sa mort en croix. La glorification du Christ s’accomplit dans la mort la plus infamante ! L’expression Fils de l’homme désigne à la fois l’être humain considéré dans sa condition mortelle (cf. Ps 8, 5) et renvoie à la vision de Dn 7, 14, dans laquelle le fils d’homme reçoit de Dieu toute souveraineté sur la terre. Celui-là donc qui a partagé notre condition humaine, le Verbe fait chair, (qui) a habité parmi nous et (dont) nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père... (1, 14), au terme de sa vie va connaître la mort dans son corps de chair. Dans le don du Fils au monde, dans son Incarnation et dans l’aboutissement de son parcours terrestre sur la croix, nous contemplons le cœur de Dieu : un Dieu qui est amour. Dans l’amour du Fils vécu jusqu’au don de sa vie, Dieu est glorifié et il lui donnera sa propre gloire : l’amour est réciprocité. Cette gloire n’est pas récompense ou couronnement après l’épreuve, mais gloire qui est déjà présente mystérieusement dans la traversée des souffrances. A celui qui donne sa vie jusqu’au bout, Dieu donnera la Vie.
La relation d’amour entre le Père et le Fils, vécue dans la vie de Jésus et son affrontement de la mort, manifestée dans son amour pour les hommes, doit devenir amour des disciples les uns pour les autres. Seconde partie de ce discours testamentaire où Jésus révèle aux disciples comment le suivre et l’aimer. Cet amour est foi et don de soi aux autres inséparablement, confiance que nous sommes indéfectiblement aimés et volonté de donner la vie, même si pour cela il faut mourir à soi, d’apprendre à ne pas se dérober devant celui qui est notre propre chair (Is 58, 7)...

-  4e dimanche pascal : 29 avril 2007 : Accueillir le don de Dieu.
Jésus, dans l’Evangile de Jean, définit la relation qui le lie à ses disciples. Jésus s’est lui-même révélé comme Pasteur, la figure traditionnelle du Messie davidique. Il annonce maintenant qu’il connaît ses brebis. La connaissance dans la Bible dit une relation profonde : connaître, c’est écouter, comprendre, faire attention à l’autre. Ainsi Jésus révèle-t-il le degré d’intimité qu’il désire avoir avec ses disciples et le soin qu’il veut prendre d’eux. Dans le même temps, il signale la réciprocité de cette relation de communion : les brebis écoutent sa voix et le suivent. Ecoute et obéissance, voilà la réponse du disciple à l’amour du Père pour les hommes, amour révélé en Jésus.
“Le père et moi nous sommes un”, dit encore Jésus pour exprimer son intimité et sa communion avec le Père. “Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux”, dira-t-il encore (Jn 17, 25). Jésus dit dans l’histoire le projet de Dieu pour l’humanité : l’union, la transformation en Dieu. Sa présence parmi les disciples est le résultat de son amour ; elle en est aussi l’expression. Dieu a donné sa vie en partage aux hommes. Comme l’Apocalypse le donne encore à comprendre : ce que Dieu veut c’est la vie pour tous les hommes, la vie en Lui. Ce projet de Dieu pour l’humanité se fait dans le temps et se consommera dans l’éternité.
Laissons donc Dieu entrer dans nos vies. Sachons retrouver le chemin de retour au cœur : au profond de nous-mêmes l’Esprit dévoile l’intimité du Père à laquelle nous sommes appelés ; au profond de nous-mêmes, il soutient nos efforts et nos combats pour l’amour et il nous conforme toujours plus au Fils. Nous accueillir chacun comme don de Dieu, tel est le consentement auquel nous sommes appelés pour entrer dans la vie trinitaire.

-  3ème dimanche pascal : 22 avril 2007 : Sois le berger de mes brebis
Jésus Ressuscité apparaît aux disciples et ceux-ci comprennent que Jésus est là, sur les rivages de leur vie quotidienne. La vie a repris comme autrefois, les disciples sont revenus à leur métier de pêcheurs ; une chose reste à dire toutefois encore : comment la communauté rassemblée autour de Jésus du temps de son ministère va-t-elle continuer ?
Jésus suscite la rencontre avec Pierre pour lui donner une occasion de dire son amour. Dans leur dialogue, la mission de Pierre prend forme, au-delà de ses propres réticences et oppositions. Pierre est appelé à devenir pasteur, le guide du troupeau qui n’appartient qu’au Christ : “Sois le berger de mes brebis”. Or Jésus s’était présenté lui-même comme le vrai berger qui donne sa vie pour les brebis, la porte par laquelle entrer pour trouver le salut et aller au Père (Jn 10). Et voilà qu’aujourd’hui c’est à Pierre que Jésus confie cette mission. Voilà qu’aujourd’hui c’est à chacun de nous qu’il la remet... Nous sommes conviés à témoigner de la bonne nouvelle de la Résurrection du Christ comme l’ont fait les Apôtres. Extraordinaire responsabilité : Dieu passe par des médiation, des intermédiaires pour se révéler... et nous en sommes ! Comme l’écrivait le philosophe Lévinas : “La responsabilité personnelle de l’homme à l’égard de l’homme est telle que Dieu ne peut l’annuler”. C’est une mission qui est de l’ordre du don et de l’effort, du consentement et du combat. Les Actes des Apôtres nous le rappelle : “nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent”.
Comme le disciple bien-aimé, sachons reconnaître dans l’obscurité de nos vies la présence du Ressuscité et proclamer dans un cri de louange : “C’est le Seigneur !”. Comme Pierre, sentons nous appeler à la responsabilité de témoigner de cette présence et à prendre soin de nos frères.

- 2ème dimanche pascal : 15 avril 2007 :

- Vigile Pascale : 7 avril 2007 : Nous sommes des vivants, “revenus de la mort” !
La nuit pascale est le centre de la liturgie chrétienne. Cette nuit, en écoutant une longue série de lectures de textes bibliques, nous commémorons les merveilles que Dieu, dans son amour et dans sa miséricorde, a faites pour nous. Nous faisons mémoire des événements essentiels de l’histoire du salut.
Cette nuit nous rappelle que le rythme pascal est le rythme de toute la création qui attend la rédemption du dessein d’amour de Dieu. Le dessein divin trouve des résistances ; l’amour de Dieu, qui renonce à la puissance qui imposerait sa loi, s’expose au refus. Mais Dieu ne renonce pas à accomplir son œuvre de salut. Donner sa vie est l’acte par lequel se manifeste la seule puissance de notre Dieu, la puissance de la plénitude de l’amour. “Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique” : c’est la réponse, déroutante mais unique, douloureuse et humble, d’un Dieu vulnérable, souffrant d’aimer, face à la souffrance des hommes, au mal subi et au mal commis, dans un monde ravagé pas les guerres, les conflits ethniques, les luttes pour le pouvoir ou pour l’argent.... Déconcertante, douloureuse et humble réponse, “imprévisible choix du Père”...
Le maître de la vie est mort. Mais la mort a été vaincue. “Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir.” Recevons cette annonce avec un cœur ouvert, un cœur qui espère, un cœur joyeux : nous sommes des vivants, “revenus de la mort” !

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