Temps pascal

Année liturgique 2005-2006 [B]

- 4juin 2006 : Fête de la Pentecôte : Recevoir l’Esprit et en être transformé...

Les Actes des Apôtres raconte une manifestation spectaculaire de l’Esprit Saint sur les disciples réunis. Il y a d’abord "du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent", puis "comme une sorte de feu qui se partageait en langues" : deux comparaisons pour tenter de dire l’ineffable de l’initiative divine. Tous, sans exception, sont remplis d’Esprit Saint et reçoivent la faculté miraculeuse de parler "en d’autres langues". Le don des langues est doublé de celui de se faire comprendre des auditeurs, chacun selon son propre idiome maternel. Unité et mission, communion et ouverture sont les effets du don de l’Esprit.
La lettre aux Galates donne d’autres effets du don de l’Esprit. Dans la vie d’un baptisé deux puissances contradictoire peuvent s’affronter : la chair et l’Esprit de Dieu, les tendances égoïstes et l’Esprit qui produit des fruits en ceux qui se laissent conduire par Lui. Deux puissances contradictoires qui déterminent donc deux attitudes existentielles contraires. Et Paul de conclure alors : "Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit". Vie et transformation de la personne sont les effets du consentement à l’Esprit.
Enfin l’Evangile de Jean définit l’Esprit comme "défenseur" et "Esprit de vérité" ». L’Esprit poursuit l’œuvre de Jésus : révéler aux hommes le mystère de Dieu ; Il guide le croyant vers la vérité, une intelligence pratique et existentielle de la Bonne Nouvelle. Ainsi aucun homme n’est plus laissé à ses propres forces. Intelligence de la foi et force dans le témoignage sont les effets du don de l’Esprit.
Les textes bibliques insistent donc sur la puissance agissante de Dieu en nous, pour peu que nous consentions à nous laisser faire. Il y a là une interrogation pour notre foi : croyons-nous en cette force que Dieu seul peut nous donner ? Et il y a là une invitation forte pour notre prière : savons-nous dans la confiance demander l’Esprit et nous abandonner à son action ?

- 28mai 2006 : 7ème dimanche de Pâques : Libérer en nous l’amour...

L’Evangile nous montre Jésus, au cours de sa dernière nuit, en conversation intime avec son Père. Sa prière, cependant, est centrée sur les disciples et prononcée à voix haute ; une même intimité avec le Père leur sera donnée en partage.
Le Père saint a envoyé son Fils. Le Fils a fait connaître le Père, source de tout don. Pour ses disciples, Jésus se sanctifie : Il donne sa vie en faveur de ceux que le Père Lui a confiés. Par sa libre obéissance au Père jusqu’à la croix, Il leur ouvre l’accès au Dieu saint. Avant de s’offrir, Il demande au Père de garder les disciples fidèles pour qu’ils soient un. Etre gardé fidèle, ce n’est pas simplement être soutenu contre les pièges du Malin ; c’est surtout grandir dans le consentement au don de Dieu et dans la communion divine.
Ainsi pour ceux qui obéissent à sa Parole, la prière de Jésus donne l’assurance de sa présence au milieu d’eux et de son intercession auprès du Père. Nous apprenons qu’il nous faut accueillir le don de Dieu, la sainteté, et vivre l’amour fraternel, à l’image de la relation d’intimité du Père et du Fils. Nous sommes tous appelés à nous laisser transformer de l’intérieur, à grandir à l’image de Dieu, en sachant que cette ressemblance ne s’accomplit que si nous sommes en relation d’amour avec nos frères. La sainteté est un don de Dieu à recevoir et c’est en même temps, comme tout don, une responsabilité : par leur amour fraternel, leur unité, les disciples continuent la mission du Fils. « Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous. Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4, 16). Sachons donc libérer en nous l’amour, pour que, par nous, l’amour de Dieu continue d’être révélé au monde...

- 21 mai 2006 : 6ème dimanche de Pâques : La loi de l’amour...

Les trois lectures proposées par la liturgie de ce jour mettent toutes l’accent sur l’amour : amour réciproque du Père et du Fils ; amour du Père pour les hommes, sans qu’Il ne fasse de différence entre eux, et qui se manifeste dans l’envoi du Fils et le don du saint Esprit ; amour du Fils pour les hommes ; amour des hommes les uns pour les autres...
Curieuse réciprocité de la loi de l’amour où la réponse à un amour se fait toujours à destination d’un autre partenaire que celui qui a été à la source du don : « comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés... Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres... ». La réponse de Jésus à l’amour du Père est orientée vers les disciples ; la réponse des disciples à l’amour de Jésus doit se porter sur leurs frères. Ainsi nous apprenons qu’aucune relation d’amour ne peut rester close sur elle-même, se satisfaire d’une intimité qui ne l’ouvrirait pas vers les autres. Dieu livre son Fils Unique au monde « en expiation pour nos péchés » et « afin que nous vivions par Lui » (1 Jn 4, 9-10). En son Fils, né homme et mort sur la croix, Dieu aime et sauve les hommes. L’envoi du Fils par amour, l’amour du Fils vécu jusqu’au bout (Jn 13, 1) sont pour le croyant exhortation à suivre les traces de cet amour premier. L’amour intime du Père et du Fils qui s’exprime sur la croix (Jn 3, 16) est modèle et référence qui fonde la nouvelle communauté : « porter du fruit » équivaut à « aimer ». Est ainsi donné le critère par lequel se reconnaissent les amis de Jésus : l’amour qu’ils ont les uns pour les autres.
De serviteurs nous devenons amis, si nous accueillons le don gratuit de Jésus qui nous introduit dans la connaissance du Père. Recevons donc, dans une action de grâce émerveillée, cette proximité avec Dieu. Puis, en réponse, exerçons-nous à aimer puisque Dieu le premier nous a aimés...

- 7 mai 2006 : 4ème dimanche de Pâques : Contemplons-le pour être transformés à sa ressemblance.

Les textes de la liturgie de ce jour nous invitent à contempler le Christ, à accueillir la révélation de son identité profonde, de ce qu’il est dans sa relation d’intimité au Père et dans sa relation de don aux hommes. Prenons donc le temps de déposer un instant les pensées qui nous habitent, nos préoccupations, nos émotions... pour fixer notre regard sur le Christ, en qui est notre salut (Ac 4, 12). Regardons-le, pour que le contemplant sans projeter sur lui nos propres conceptions, nous apprenions à le connaître et soyons peu à peu transformés à sa ressemblance (1 Jn 3, 2).
Dans l’évangile de Jean, Jésus se présente comme le bon pasteur (10, 11), qui a de la sollicitude pour son peuple, ses brebis. Son rapport avec les hommes est décrit en contraste avec ceux qu’un mercenaire peut entretenir avec eux : il est vrai pasteur parce que prêt à donner sa vie pour protéger les brebis et parce qu’il les connaît d’une façon unique. Pour ses brebis, il a donné sa vie (10, 15) : mort de Jésus en sa Passion qu’il anticipe ici dans une formule semblable à celle que les synoptiques rapportent lorsqu’ils racontent la dernière cène ("mon corps livré pour vous... mon sang versé pour la multitude..." Lc 22, 19 ; Mc 14, 24).
Jésus est aussi celui que le Père connaît et aime. Dans cette relation d’intimité, sa vie et sa mort prennent sens. Le Père est la source et la fin de l’action de Jésus. Jésus révèle sa mort comme un acte souverainement libre : il n’est pas dépossédé de la maîtrise sur sa vie parce qu’il accomplit ce que le Père a voulu, dans son amour, pour apporter la vie aux hommes.
Souveraine liberté où nous apprenons que le mal subi peut devenir le lieu du don de soi, que le don de soi peut devenir le lieu où se reçoit la vie... Voie étroite mais ouverte sur la vie, où il nous précède... Acceptons-nous de le suivre ?

- 30 avril 2006 : 3ème dimanche de Pâques : Entrons dans une compréhension filiale du dessein du Père.

Les disciples d’Emmaüs, de retour à Jérusalem, racontent comment ils ont reconnu Jésus à la fraction du pain. Ils annoncent la présence quotidienne du Ressuscité dans un geste où Il se dit, l’Eucharistie. Comme ils en sont encore à partager cette bonne nouvelle, voilà que Jésus vient au milieu de ses disciples. Il se manifeste à eux dans son corps. Il apparaît "en chair et en os", vivant ! Mais Il se manifeste aussi avec les plaies de ses mains et de ses pieds : le Ressuscité est le crucifié.
Les disciples passent par tous les états : ils sont "frappés de stupeur et de crainte" (v. 37), dans l’étonnement et dans une joie qui les empêche de croire (v. 41). A la stupéfaction effrayée (v. 37) succède un étonnement joyeux (v. 41), à un enfermement dans le désespoir et la peur une joie qui ne les ouvre pas encore à la foi en la résurrection. Alors pour fortifier leur foi et leur montrer qu’Il a prise sur le monde, Jésus mange. Puis en se faisant l’exégète de l’Ancien Testament, Il s’attache à leur faire comprendre que la résurrection, comme la passion, appartient au plan de salut de Dieu. Il leur donne d’entrer dans la compréhension filiale du dessein du Père afin qu’ils soient constitués témoins. Les Actes des Apôtres raconteront comment les disciples ont été fidèles à cette mission reçue de l’expérience pascale. "Lui, le chef des vivants, vous l’avez tué ; mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins", dira Pierre (Ac 3, 15).
Alors demandons-nous si nous sommes capables nous-mêmes de rester fermes dans la foi, que nous soyons dans le doute ou la sérénité, le découragement ou la joie. Demandons-nous si, dans l’Esprit Saint, nous sommes capables de lire les Ecritures en fils confiants, capables de témoigner en vivant filialement ce qui nous arrive.

- 23 avril 2006 : 2ème Dimanche de Pâques : Choisir la Vie...
Par deux fois (vv. 19. 26) l’Evangile de Jean présente les disciples enfermés chez eux, les portes verrouillées. Ils ont peur des autres, peur de l’opposition qu’ils vont rencontrer, peur de connaître la même fin que leur maître ! Pierre, en porte-parole des douze, avait pourtant juré de le suivre et de donner sa vie pour lui (Jn 13, 37). Mais Jésus lui avait prédit son reniement et avait demandé aux disciples de ne pas se laisser troubler.
En ce jour où la peur les replie, où le trouble s’empare d’eux parce qu’ils l’ont vu mourir sur la croix et que l’avenir leur paraît sombre, voici qu’Il se tient au milieu d’eux et répète par trois fois : "Paix à vous !" Tel est le premier don du Ressuscité : la paix. Paix parce qu’Il est présent à nos histoires et accompagne nos chemins, paix parce qu’Il ne nous laisse pas seuls. Cette assurance ne doit pas nous recroqueviller sur nous-mêmes ; ce don est aussi un envoi en mission, une vocation : "De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie". Avec la puissance de la grâce, il s’agit pour nous de rendre témoignage à la résurrection du Seigneur (cf. Ac 4, 33). Notre espérance est telle que nous voulons l’annoncer pour que, par la foi, nos frères aient la vie en son nom. En même temps, notre annonce serait vaine si nos vies ne manifestaient pas que la foi est dans un même mouvement communion d’âme et de cœur, épiphanie de l’amour qui unit le Père au Fils dans l’Esprit.
Il n’y a pas de crainte dans l’amour. Alors soyons en paix puisque Dieu le premier nous a aimé et nous a donné la vie éternelle en son Fils. Apprenons avec les disciples à choisir la fidélité, l’ouverture aux autres, la relation confiante au Christ... la Vie en somme, dans la foi, l’espérance et la charité !

- 16 avril 2006 : Dimanche de Pâques : Ouvert le tombeau, brisées les portes de la mort....

Pour Marie de Magdala commence une nouvelle semaine, mais elle ne le sait pas encore. La nuit n’est pas terminée. Pour elle, le temps s’est arrêté depuis le vendredi et les ténèbres de sa tristesse ne se sont pas dissipées. Le Sabbat n’a pas été un jour de fête ; il a été le temps lourd de l’attente absurde, le temps du vide et de l’absence. Maintenant, elle vient au tombeau, seule, pour accomplir les rites funéraires. Et voici que le sépulcre s’offre béant à son regard, la pierre ayant été roulée. Alors vite Marie court dire aux disciples que le corps a été enlevé. La vérité, cependant, c’est qu’elle n’en sait rien. Elle ne s’est pas penchée à l’intérieur du tombeau ; elle n’a rien vu, rien constaté.
Elle voit la pierre roulée et la logique du désespoir dans laquelle elle est enfermée la conduit à imaginer que le corps a été volé. Sur le corps mort de son seigneur, elle ne pourra pas pratiquer les rites de l’embaumement. « Nous ne savons pas où on l’a mis » s’écrie-t-elle, comme si tous ne pouvaient qu’adhérer à sa perception des événements.
Alors Pierre et l’autre disciple courent, refaisant en sens inverse le chemin accompli par Marie. Ils voient les linges et le linceul. Mais seul le disciple que Jésus aimait croit.
Alors où serons-nous aujourd’hui ? A l’extérieur du tombeau, enfermés dans une logique mortifère comme Marie ? Serons-nous à courir, comme Pierre, à vouloir voir et savoir, mais sans risquer le pas de la foi ? Ou bien comme le disciple aimé, saurons-nous oser l’espérance ? Le tombeau est ouvert ; les portes de la mort sont brisées. Brisés nos enfermements, anéanti le pouvoir du péché. Par sa mort Christ a vaincu la mort. Aucun homme ne meut plus seul : le Christ meurt avec lui pour le ressusciter. Telle est notre foi.

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