Temps ordinaire (2)

Année liturgique 2005-2006 [B]

- Dimanche 17 septembre 2006 : Pour toi, qui suis-je ? 23e dimanche ordinaire
En chemin, Jésus interroge les disciples et la réponse de Pierre donne son identité : Il est le Christ. Mais celui qui confesse la messianité de Jésus est aussi celui qui ne sait pas le suivre... La première annonce de la Passion pose à Pierre la question suivante : toi qui dis que Jésus est le Christ, es-tu décidé à le suivre ?
Jésus commence à enseigner ce que sera sa destinée. Pierre rejette le portrait du Fils de l’homme souffrant ; et Jésus répond que son manque d’intelligence est digne de Satan. En un sens, le Satan, l’Adversaire, tente de troubler Jésus à travers Pierre, le confident. Travesti sous l’amitié, l’esprit pervers tire à lui Jésus : c’est impossible, si tu es le Messie, cela ne peut pas t’arriver ! Mais l’Esprit Saint, qui conduit Jésus, ne peut pas être détourné de son chemin : "Passe derrière-moi Satan ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes !". Jésus échappe à la tentation et Pierre sort de son rêve de réussite et de succès. Non seulement Jésus devra souffrir mais aussi tous ceux qui le suivent. La première annonce de la Passion invite à tenir dans l’espérance du salut, de la Résurrection, en même temps que dans l’acceptation de perdre sa vie. C’est ce que Pierre, qui ne retient que la souffrance, ne comprend pas.
Après avoir rabroué Pierre, Jésus s’adresse à la foule. Tout homme peut entendre ce que Jésus révèle et percevoir le sens de son existence, qui est de suivre Jésus, d’être avec lui, de partager son destin. Cela exige de se renier soi-même, de porter sa croix. Il s’agit de passer avec le Christ à travers la mort (perdre sa vie) pour accéder à sa Résurrection (trouver sa vie), "à cause de" Lui. Le geste de risquer sa vie sur Jésus-Christ n’est ni fatalisme, ni héroïsme ; il est l’humble acceptation de recevoir sa vie d’un Autre. Le disciple trouvera sa vie, "à cause" du Christ, non par ses propres moyens. Alors à nous aussi Jésus pose la question : pour toi, qui suis-je ?

- Dimanche 3 septembre 2006 : 22e dimanche ordinaire - Année B : La Parole de Dieu est éducatrice du cœur...

Au peuple d’Israël (Dt 4, 1-2. 6-8), Moïse s’adresse en termes clairs : les commandements qu’il enseigne ne viennent pas de lui, mais de Dieu. Ces préceptes sont sagesse et intelligence pour le peuple. Ils révèlent la proximité de Dieu : Dieu propose aux hommes une relation qui est chemin de vie et Il attend, en retour, leur obéissance confiante. Ajouter ou enlever quelque chose à la Parole divine, c’est la tordre pour la faire aller dans le sens de son intérêt, c’est pervertir la relation.
Saint Jacques rappelle la bonté de Dieu et la grandeur de son don : Dieu nous engendre à la vie par sa Parole ; ils nous revient de l’accueillir humblement et de la mettre fidèlement en pratique (Jc 1, 18. 22).
Quant à Jésus, dans le contexte d’une controverse avec les pharisiens et les scribes à propos de la pureté rituelle, il met à jour deux origines véritables du comportement humain : la Parole de Dieu comme extériorité qui interpelle et ne se laisse pas réduire à des traditions humaines, et le cœur de l’homme, lieu de l’intériorité profonde.
Au fond, Jésus nous appelle à former notre cœur, c’est-à-dire à écouter et mettre en pratique la Parole de Dieu, à la laisser nous transformer intérieurement, pour que fuyant toute duplicité et tortuosité, nous en fassions le principe unique de notre action. La Parole est éducatrice du cœur, de toute la personne, car venant de l’extérieur et pénétrant dans le cœur de l’homme, elle appelle à la sortie de soi. Un cœur non éduqué est une cœur divisé, tortueux, toujours envieux, qui va se laisser mener par de multiples désirs... Le chemin que nous propose Jésus est celui de la simplicité du cœur, lorsque l’unique désir qui fait agir n’est plus que la quête d’être et d’agir à la manière de Dieu, en fidélité à sa Parole...

- Dimanche 27 août 2006 : 21e dimanche ordinaire - Année B : Tout procède de Dieu, mais tout dépend de l’homme !

Jésus a tenu un long discours dans la synagogue de Capharnaüm, au cours duquel il a révélé que manger sa chair et boire son sang est source de vie éternelle. Mais qui peut entendre une telle affirmation ? C’est la question qui se pose de façon tout à fait cruciale, y compris pour les disciples de Jésus. La parole de Jésus est trouvée trop dure, intolérable. L’incroyance, le doute s’introduisent parmi ses proches. Le mystère qu’il révèle échappe à la raison. Qui alors n’en serait pas heurté ? Qui pourrait croire ?
La réponse est donnée par Jésus : "personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père" (v. 65). Venir à Jésus et croire en sa révélation est un don du Père. Ce don n’exclut personne. Mais il dépend du bénéficiaire de l’accueillir à la mesure de son ouverture aux paroles de Jésus, qui sont Esprit et vie. Tout procède de Dieu, mais tout dépend de l’homme ! Tout homme est libre de recevoir le don qu’est Jésus et de se mettre à sa suite ; ou de le refuser. Telle est sa responsabilité. C’est pourquoi, la liturgie met en parallèle ce passsage de l’évangile avec l’épisode du livre de Josué : le peuple d’Israël y est invité à se déterminer pour le Seigneur ou pour des dieux étrangers. Un compromis, un demi choix, la tiedeur d’un engagement ne sont pas possibles. C’est ce que le peuple comprend qui répond avec ardeur : "Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur...", en reconnaissant avec gratitude la présence de Dieu dans son histoire.
Pourrions-nous nous-mêmes échapper à la libre décision de suivre le Christ, d’entendre ses paroles et d’y obéir, ou de partir ? Pourrions-nous rester dans la demi mesure d’une foi vacillante, non engagée ? Si nous avons peur de la faiblesse de notre foi, alors il nous faut revenir à l’Evangile : la vie dans l’Esprit est faite indissociablement de l’absolue gratuité du don de Dieu jusque dans l’acte de croire et de la responsabilité de l’homme, fondée par elle.

- Dimanche 20 août 2006 : 20e dimanche ordinaire - Année B : Mystère du Christ et mystère du croyant...

Dans la continuité de dimanche dernier, l’Evangile de ce jour prolonge la révélation de qui est Jésus et du don qu’il fait aux hommes. Mais un élément nouveau est introduit : l’évocation de la mort comme source de vie. "Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie". Le Verbe s’est fait chair, le Verbe s’est fait pain : entre l’incarnation, la mort en croix et le sacrement eucharistique, il y a continuité. Jésus, Dieu fait homme, est celui qui a la capacité de donner sa chair à manger.
Du côté des hommes, il faut s’approprier ce don et l’intérioriser, manger et boire, assimiler. Le livre des Proverbes, comme l’épître de Paul, invite à croire que c’est là œuvre de sagesse. Celui qui assimile la nourriture de Jésus et boit sa boisson, son corps et son sang, a la vie éternelle. L’Eucharistie est le sacrement mémorial de ma mort de Jésus, qui communique aux croyants le don de la vie éternelle et la permanence avec lui, le "demeurer" avec lui. Le pain qui descendit du ciel, le Fils qui vient du Père, cherche son aboutissement dans le croyant : "celui qui mange ce pain vivra éternellement". Toute vie est suspendue à la source de vie : celle du Fils d’abord et indissociablement celle du croyant. "Celui qui assimile" le Fils, comme lui vivra et ressuscitera. Mystère du Christ et mystère du croyant, qui nous appelle à croire en la médiation sacramentelle pour rejoindre Jésus et être rendu semblable à lui. Et si aujourd’hui nous nous demandions comment trouver Jésus, la réponse nous est donnée dans l’Ecriture : l’Eucharistie permet cette rencontre qui est un "demeurer en lui".
Dieu s’est fait homme pour que l’homme participe de sa vie divine. Sachons accueillir avec foi et émerveillement ce grand mystère et faire de notre vie tout entière une "action de grâce" et un don de soi sans cesse renouvelé.
- Dimanche 13 août 2006 : 19e dimanche ordinaire - Année B : Reconnaître le don de Dieu...

Les juifs qui récriminent contre Jésus dans l’Evangile, en faisant la demande : "Comment peut-il dire : ’Je suis descendu du ciel’ ?" ne se doutent pas qu’ils posent là une question de foi essentielle. A la synagogue de Capharnaüm, Jésus vient de se révéler comme l’envoyé du Père. En sa personne, les cieux se sont ouverts, le ciel a rejoint la terre, Dieu s’est donné lui-même aux hommes. Mais voilà toute la difficulté : reconnaître le don de Dieu. Cette reconnaissance est d’autant plus difficile que, pour nous comme pour les contemporains de Jésus, elle est à opérer au sein de la vie quotidienne, dans des situations apparemment bien connues. Avons-nous encore suffisamment un cœur d’enfant pour nous émerveiller de la sollicitude divine, pour convenir de tout ce que nous recevons ? Savons-nous nous maintenir fermes dans l’espérance de la promesse de résurrection que Jésus nous adresse ?
Nous sommes invités aujourd’hui peut-être à raviver notre relation à Dieu, particulièrement dans la célébration de l’Eucharistie. Jésus nous rappelle que le Père nous instruit. Et où nous instruit-Il sinon dans les Ecritures ? Ce don est à accueillir : Dieu se révèle et nous parle dans les Ecritures. Notre responsabilité est de nous disposer à une attitude d’écoute obéissante. Christ nous a ouvert l’accès à la vie divine. Son corps livré et son sang versé deviennent pour les hommes nourriture de vie éternelle. Puissions-nous alors nous laisser docilement enseigner pour que notre vie devienne toujours plus semblable à celle du Christ. Puissions-nous trouver force dans le pain de l’Eucharistie et avoir confiance que, reçu dans la foi, ce sacrement produit son fruit : nous devenons ce que nous recevons. Et par dessus tout que notre foi reste vive, toujours émerveillée du don de Dieu en son Fils Jésus-Christ.

- Dimanche 6 août 2006 : Fête de la Transfiguration : La gloire rendue visible

L’annonce de la Passion comprend déjà tout le mystère pascal.
À la suite de Jésus, les disciples connaissent des moments de foi et des moments de doute. Pierre a confessé que Jésus est le Christ, mais il n’a pu, l’instant d’après, entendre l’annonce de la Passion. Si Jésus est le Messie, cela ne peut pas lui arriver ! C’est vrai qu’on peut s’y tromper. Le titre de Fils de l’homme que Jésus s’attribue ne décrit-il pas chez le prophète Daniel celui qui vient sur les nuées du ciel et à qui est confié empire, honneur et Royaume qui ne seront jamais détruits ?
En réalité, l’annonce de la Passion comprend déjà tout le mystère pascal. Mais Pierre n’a pas entendu l’appel à tenir dans l’espérance de la Résurrection en même temps que dans l’acceptation de perdre sa vie. Alors six jours après, la gloire de Jésus jusqu’ici cachée est rendue visible à trois de ses disciples. Une nuée les prend sous son ombre, comme celle qui cachait et sauvait Israël pendant l’Exode. Une voix se fait entendre qui confirme l’élection accomplie au baptême : Jésus est le Fils bienaimé du Père. Le vêtement de Jésus qui devient d’une blancheur resplendissante nous conduit au tombeau vide, où les femmes ne verront qu’un jeune homme vêtu d’une robe blanche et qui leur annoncera que le crucifié est ressuscité.
Tout l’itinéraire de Jésus est concentré dans cette manifestation, de l’engendrement à sa mission lors du baptême jusqu’à sa résurrection. Mais c’est aussi notre destinée d’homme qui nous est révélée : nous sommes nous aussi ses enfants bien-aimés, appelés à vivre à sa ressemblance, promis à la résurrection. Donner sa vie n’est pas la gâcher, y consentons-nous ? La mort ouvre sur la vie, y croyons-nous ? Aujourd’hui, il nous est demandé de contempler et d’écouter Jésus pour recevoir de lui le sens de notre vie... (in Prions en Eglise)

- Dimanche 30 juillet 2006 : 17e dimanche ordinaire : Une question de foi

L’Evangile nous présente Jésus sur la montagne et qui levant les yeux voit une foule nombreuse venir à lui. Un indice du texte appelle l’attention dans ce récit : pourquoi Jésus met-il Philippe à l’épreuve et lui demande-t-il où ils pourraient acheter du pain ?
En réalité, la question que Jésus pose à Philippe est celle de son identité et de sa mission. Philippe avait été appelé par Jésus et il avait dit à Nathanaël : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé... » Alors s’il connaît les Ecritures, il aurait dû comprendre en référence au prophète Isaïe la question de Jésus. « Même si vous n’avez pas d’argent venez ! Achetez du blé et mangez gratuitement ! » (Is 55, 1). Dans le contexte du passage d’Isaïe le Seigneur invite son peuple à chercher ce qui rassasie vraiment, sa Parole. C’est donc à ce que la nourriture symbolise que Jésus sans doute renvoie Philippe. Le même livre du prophète Isaïe oppose d’ailleurs la Parole de Dieu qui subsiste à jamais à l’herbe qui se dessèche (Is 40, 8). Et dans l’Evangile, le narrateur rapporte que que Jésus fait asseoir la foule sur l’herbe, comme pour nous inviter à garder en mémoire le texte du prophète qui éclaire l’identité et la mission de Jésus En poursuivant la lecture, on verrait que Jésus lève tout doute : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif... » (6, 35).
Comme dans le récit du second livre des Rois, Jésus donne à manger à la foule avec les pains et les poissons apportés par un jeune garçon. Si Jésus donne la vie éternelle aux hommes, il ne la donne pas sans engager leur liberté. Qu’avons-nous à apporter à Jésus qu’il puisse transformer en nourriture qui donne vie ? La mise à l’épreuve de Philippe nous l’a indiqué : la foi. Le don de Jésus est la vie éternelle. La réponse qui accueille le don, c’est la foi. Gardons ferme la foi en Celui qui nous donne la vie en abondance... et qui peut-être un jour nous accueillera en nous disant : Viens ta foi t’a sauvé...

- Dimanche 23 juillet 2006 : 16e dimanche ordinaire : Etre juste à la manière de Jésus

L’Evangile de ce dimanche nous dit la sollicitude de Jésus pour les hommes. Le premier acte qu’il pose est de prendre soin des disciples qu’il a envoyés en mission. Ils ont enseigné et guéri, parcouru de nombreux chemins, et Jésus les mène à l’écart pour qu’ils se reposent. Peut-être, le désert étant dans la Bible le lieu par excellence de l’éducation, veut-il aussi les former. Ils ont beaucoup donné, eux aussi recevront. Comment devant cette attention du maître ne pas évoquer la prière du psaume (22) : « Vers les eaux du repos il me mène, il y refait mon âme ; il me guide aux sentiers de justice à cause de son nom » ? Tel est notre Seigneur pour tous ceux qui peinent à étendre son Royaume. Et c’est œuvre de justice...
Le deuxième acte que Jésus pose, pressé par les circonstances, est d’instruire les foules qui l’ont précédé sur l’autre rive. Jésus est saisi de pitié, ému d’un sentiment quasi maternel de compassion. Cette compassion est comparée à celle d’un berger pour ses brebis perdues. Affleure ici un thème essentiel de l’Ancien Testament : Israël y est présenté comme un troupeau conduit par Dieu et les pasteurs qu’Il lui a donnés. Ces pasteurs ne sont pas tous des guides dignes de leur mission, comme le souligne le prophète Jérémie. Voilà pourquoi Dieu a promis à Israël un bon berger en la personne du Messie attendu. Jésus apparaît donc comme ce Berger divin qui vient enfin prendre le plus grand soin de son peuple. Et cela encore est œuvre de justice : « Voici le nom qu’on lui donnera : "Le-Seigneur-est-notre-justice" » (Jr 23, 6).
Les textes de la liturgie nous révèlent qu’être juste à la manière de Jésus, c’est être compatissant. Cette compassion peut prendre corps en deux actions concrètes : l’éducation des foules qui en sont privées comme de ceux qui devront leur annoncer la Bonne Nouvelle et le souci de procurer du repos à ceux qui sont fatigués, découragés, dans la peine. Il y a pour nous moyen de trouver comment nous rendre compatissants...

- Dimanche 16 juillet 2006 : 15e dimanche ordinaire : L’effacement de Jésus devant ses disciples...

L’Evangile nous présente Jésus s’effaçant devant les douze qu’il envoie en mission. Il les associe à son autorité, leur donnant pouvoir sur les esprits mauvais. Et les disciples mettent en œuvre la puissance qui leur est accordée. Voilà de quoi nous faire méditer sur notre propre mission et responsabilité. N’est-ce pas devant nous que s’efface également Jésus pour nous laisser la tâche de faire grandir le Royaume ? Qui dit effacement dit liberté : Jésus envoie en laissant chacun libre de répondre ou non à l’appel. Nous pourrions fuir comme Jonas... ou dire notre incapacité comme Moïse... ou nous sentir saisis comme Amos et disponibles pour servir quand bien même nous rencontrerions épreuves et oppositions... A chacun de choisir.
L’effacement de Jésus dit encore autre chose. Il prend le risque de confier la croissance du Royaume aux mains des hommes... Il prend le risque de l’échec, les libertés humaines pouvant être récalcitrantes au dessein divin. Derrière l’effacement de Jésus, il y a une grande confiance faite aux disciples. C’est pourquoi également il les envoie dans la pauvreté et le dépouillement. Démunis de toute aide humaine les disciples n’ont que leur foi dans celui qui les envoie. Eux aussi encourent le risque d’être rejetés. Apprenons donc à cultiver l’espérance au creux même de nos échecs et de nos humiliations. L’épître aux Ephésiens pourrait nous aider à entrer dans cette attitude de louange confiante. Oui elle est inépuisable la grâce du Seigneur !
L’effacement de Jésus enfin révèle qu’il n’agit pas pour lui-même, mais pour accomplir l’œuvre du Père. Le prophète Amos a fait l’expérience à laquelle nous sommes appelés nous aussi : personne n’est appelé pour lui-même et ne peut chercher dans le service du Royaume sa propre réussite. Méfions-nous des succès trop humains qui nous feraient oublier que nous ne sommes que des serviteurs au service d’une tâche bien plus grande que nous et pour laquelle nous recevons le grâce de Dieu...

Dimanche 9 juillet 2006 : 14e dimanche ordinaire : Et si la foi était vulnérabilité...

A Capharnaüm, les gens sont étonnés de la sagesse donnée à Jésus et des miracles qui se réalisent par ses mains. Ne le connaissent-ils pas bien ce fils de charpentier, l’enfant de Marie ? Ils sont scandalisés à cause de lui, car il ne rentre pas dans leurs catégories sociales, dans leur classification. Ils ont de lui une image toute faite : pourquoi donc sa manière d’être et d’agir ne se conforme-t-elle pas à ce qu’une société bien ordonnée pourrait attendre d’un charpentier ? L’étonnant paradoxe est que les gens de Capharnaüm discernent la sagesse de Jésus et qu’elle lui vient d’ailleurs et ils voient les miracles qui s’accomplissent par lui. Mais ils ne peuvent s’ouvrir à l’accueil du Jésus réel, consentir au mystère de sa personne. Alors pour eux, Jésus ne peut rien faire : aucun miracle, à peine quelques guérisons. La capacité de Jésus de donner vie est en quelque sorte mise en échec par le manque de foi de ses compatriotes. L’impuissance de Jésus devant l’absence de foi ne manifeste-t-elle pas le respect de la liberté humaine ? Alors soyons suffisamment libres pour discerner les signes du Royaumes là où peut-être nous ne les attendrions pas. Ne soyons pas blindés au point de ne pouvoir accueillir l’inattendu de Dieu.
Quant à l’épître de saint Paul aux Corinthiens elle avertit d’un autre écueil : mesurer la qualité de notre expérience religieuse aux succès qui sont les nôtres, aux signes de reconnaissances et refuser "l’écharde dans la chair", l’infinie distance qui nous sépare de la puissance du Christ. Jusqu’où serons-nous capables d’entendre comme saint Paul : "Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse" ? Serons-nous identifier le lieu paradoxal de notre faiblesse où s’énonce l’amour et où agit la puissance du Christ ? Serons-nous être suffisamment vulnérables pour que la grâce du Christ trouve une brèche par où s’infiltrer en nous ?

- Dimanche 2 juillet 2006 : 13e dimanche ordinaire : Oser le saut de la foi.

Le livre de la Sagesse annonce que "Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même". C’est cette image de ce que Dieu est en lui-même que Jésus veut restaurer chez ceux que la mort cerne, la petite fille de Jaïre et la femme hémorroïsse. Chez Jaïre comme chez cette femme anonyme qui perd lentement la vie s’exprime le désir d’être sauvé ; le premier demande à Jésus d’imposer les mains à sa fille et la seconde prend l’initiative de toucher le vêtement de Jésus. La femme ose un geste de confiance et de liberté, qui manifeste que déjà elle a compris qui est Jésus. En effet, son écoulement de sang la mettait dans un état d’impureté et tout ce qu’elle touchait devenait également impur. Son attouchement aurait donc de quoi être refusé par Jésus ! Mais Jésus, qui la cherche du regard et lui permet ainsi de dire en vérité ce qui s’est passé, la loue pour sa foi et lui donne la paix. Il lui révèle que la guérison se trouve en elle, dans la relation de confiance et de liberté qu’elle a établie avec celui qui lui ouvre l’accès à la source de vie qui est en Dieu. Alors Jaïre, qui a assisté à toute la scène, comprend qu’il a eu raison de demander à Jésus de venir toucher sa fille. Il est capable de surmonter la perte d’espérance à l’annonce de la mort de sa fille, d’oublier les cris des pleureuses. Jésus lui a demandé de croire et lui aussi a osé la confiance. La guérison de la fillette dépendra non seulement du geste de Jésus mais aussi de la foi de son père.
Ainsi s’il nous est révélé que Jésus a la capacité de rendre la vie, nous découvrons également que la guérison ne se réalise pas comme un acte merveilleux venu du ciel. La vie surgit d’une démarche de liberté et de confiance, d’une relation établie avec Jésus. Oserons-nous le saut de la foi pour naître à une vie pleine, guérir de toute blessure et de tout mort ?

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