Temps de Noël

Année liturgique 2005-2006 [B]

-  Epiphanie : 8 janvier 2006 : Il nous invite à prendre position.

Le récit de Matthieu est construit sur des oppositions. Un drame se déroule qui oppose non seulement la ville sainte, et l’humble bourgade davidique, le roi Hérode et le "roi des Juifs", mais encore l’attitude des mages et celle des responsables religieux d’Israël.
Les mages ont vu l’étoile, l’astre qui annonce la naissance d’un personnage important, et ils l’ont suivie. Mais ils arrivent à Jérusalem et non à Bethléem. Le roi Hérode s’émeut, car il pressent un rival. La question des mages devient alors la sienne : où est-il cet enfant ? Toute sa préoccupation est de le découvrir ; à cet effet, il interroge, en privé, les chefs des prêtres et les scribes. Le sanhédrin examine les Ecritures, lit les prophéties concernant le Messie et reconnaît le lieu de sa naissance.
Il y a une naissance que les mages veulent honorer et qui va leur procurer une grande joie ; mais en réaction, il y aussi la peur d’Hérode, jaloux de son pouvoir. Il y a un Messie berger, qui fera paître le troupeau et en prendra soin ; et il y a un roi dont la cruauté va bientôt se révéler. Il y a Jérusalem "qui tue les prophètes" et il y a Bethléem, d’où sort un pasteur. Il y a une étoile, signe révélateur, grâce auquel les mages se mettent en route, car grand est leur désir ; et il y a les Ecritures dont la connaissance ne suffit pas à produire la foi.
Pour l’heure le Roi-Messie n’est qu’un enfant. Il nous invite à prendre position nous aussi : pouvons-nous cheminer et nous réjouir dans la confiance ou suspectons-nous que la suite du Christ n’est pas chemin de vie ? Pouvons-nous entendre les Ecritures comme Bonne Nouvelle et élargir notre désir ou croyons-nous n’avoir pas besoin d’un Sauveur ? Pouvons-nous nous ouvrir à la présence divine et adorer ou sommes-nous repliés sur nous-mêmes ?

- Marie, Mère de Dieu : 1er janvier 2006 : Louange et retour au coeur...

En ce premier jour de la nouvelle année, la liturgie nous propose de célébrer Marie, Mère de Dieu. Son consentement à la Parole divine a permis à Jésus de venir au monde, selon le projet de Dieu. Alors les bergers, qui voient les choses telles qu’annonçaient par l’ange, transmettent le message. Ils glorifient et louent Dieu. Ceux qui les écoutent s’étonnent ; l’événement de la naissance de cet enfant, interprété par le récit des bergers, prend un aspect inhabituel !
Tandis que les voix des bergers renvoient à Celui d’où vient le salut, Dieu, la surprise de ceux qui n’ont bénéficié d’aucune révélation particulière, est une réaction première qui ne débouche, pour le moment, ni sur un acte adhésion ni sur un acte de refus. Marie, quant à elle, "retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur". Marie a accueilli la Parole de Dieu et y a consenti ; elle en a vécu l’accomplissement ; elle se tait, tandis qu’à l’intime d’elle-même, elle se laisse habiter par tous ces événements.
Les bergers nous invitent à entrer dans une attitude de louange, de reconnaissance des dons de Dieu, à ce mouvement qui des bienfaits nous fait passer au bienfaiteur. La réaction des personnes présentes nous révèle notre lenteur souvent à reconnaître l’inattendu de Dieu et à passer de l’étonnement à l’émerveillement. L’attitude de Marie nous convie à revenir à l’intime de nous-mêmes, à retrouver le chemin du retour au cœur, là où Dieu nous rejoint, se révèle à nous, nous tient en vie à chaque instant.
Alors sachons peut-être faire mémoire, dans la louange, de l’année écoulée pour y discerner les dons de Dieu, les grâces reçues. Prenons le temps de nous arrêter pour réveiller notre cœur et nous rendre présent à la présence de Dieu, pour donner corps à la réponse qui sera la nôtre à sa Parole.

- Noël : Dimanche 25 décembre 2005 : Révélation de Dieu, vérité de l’homme

Dans le livre du Prophète Isaïe, le messager de la bonne nouvelle annonce : "Il est roi, ton Dieu !" Ce à quoi le peuple avait renoncé, en demandant un roi comme celui de toutes les nations, lui est rendu ! Dieu n’a pas tenu rigueur à son peuple de son infidélité. Le cri de joie des guetteurs annoncent que Dieu revient. Dieu vient chez les siens... Qui reconnaître cette irruption du divin dans le monde ? Qui l’accueillera ? Dieu s’incarne en Jésus et la face de Dieu nous est révélée. "O merveilleux échange, mystère de l’Amour". Jésus-Christ, nous révèle la vérité de Dieu : Dieu n’a jamais rompu son alliance avec l’humanité. Il ne l’abandonne pas à ses propres forces. Il vient la sauver pour toujours. Il instaurera son Royaume universel de justice et de paix.
Les hommes n’étaient pas capable de s’élever à la communion à sa vie divine. Alors Dieu a donné son Fils au monde. Et "à tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir de devenir enfants de Dieu". Ce don de Dieu, qui le reconnaîtra ? Qui l’accueillera ? Jésus-Christ, nous révèle également la vérité de l’homme : l’homme est appelé à la vie divine. Il est fait pour être enfant de Dieu, à l’image du Christ. Jésus-Christ nous apprend que la filiation est un don à recevoir. C’est Lui qui nous ouvre le chemin de l’amour filial et de la fidélité des disciples. Lui seul donne la plénitude de vie à l’humanité.
Aujourd’hui saurons-nous accueillir ce que Dieu nous dit de Lui-même et ce qu’Il nous dit de nous-mêmes ? Saurons-nous, au cœur de nos situations concrètes et quotidiennes, reconnaître les signes de Sa Présence, dans tout ce qui porte à la Vie, à la Joie, au Bonheur ? Saurons-nous faire confiance à Celui qui seul peut véritablement combler nos attentes ?

© Sr Sophie Ramond, r.a.
Religieuse de l’Assomption.

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