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Sr Martine - Au terme de la Rencontre internationale d’Education

2018 - Rencontre internationale d’éducation


"… Pour les Religieuses de l’Assomption, l’éducation consiste avant tout à annoncer Jésus-Christ, à le faire connaître et aimer et à travailler au développement intégral des individus et des peuples, selon l’Évangile. La façon dont elles comprennent et vivent cette tâche découle directement de leur spiritualité : Jésus-Christ, Verbe Incarné, en qui toute vérité trouve son unité et sa fin. Il leur donne la passion de la Foi, de l’Amour, de la réalisation de l’Évangile". (RV 76 §2)


Nous voici à la fin de cette belle rencontre pour laquelle nous avons été réunis de toutes langues, nations et cultures, pour la même cause, en famille Assomption. L’eucharistie de la fête de sainte Marie-Eugénie a été le sommet de cette célébration commencée depuis le 1er mars. Comme toujours, nous allons d’étape en étape, chacune ouvrant sur de nouvelles possibilités. Ainsi, la fin de cette Rencontre Internationale d’Éducation nous tourne vers l’avenir, dans un esprit de reconnaissance. 


Je voudrais prolonger l’action de grâce commencée à la messe, pour notre Dieu, Maître de toutes choses ! Il est à l’initiative de tout ; c’est Lui qui a appelé Marie-Eugénie à se mettre, par l’éducation, au service du Royaume. En tant que fille de l’Église, elle a toujours été attentive à ses appels et celle-ci n’a jamais cessé de nous inviter à ce labeur pour le bien de l’humanité. Le Concile Vatican II nous avait lancé cet "appel solennel à une action concertée pour le développement intégral de l’homme et le développement solidaire de l’humanité" [Pape Paul VI, Populorum Progressio, 26 mars 1967, n. 5]. Cet appel a été réitéré dernièrement par la Congrégation pour l’éducation catholique dans le document intitulé : "Éduquer à l’humanisme solidaire ‘pour une civilisation de l’amour’" [Congrégation pour l’éducation catholique (pour les Institutions d’enseignement), Eduquer à l’humanisme solidaire Pour construire une "civilisation de l’amour", 50 ans après l’encyclique Populorum progressio, document présenté à Rome le 22 septembre 2017, à l’occasion du 50ème anniversaire de la Déclaration conciliaire sur l’éducation chrétienne Gravissimum Educationis (1965-2015) et le 50ème anniversaire de l’Encyclique du Pape Paul VI Populorum Progressio, "Le développement des peuples" (1967-2017)], que nous gagnerions à lire ou relire, car il trace des chemins d’avenir qui éclairent ce que nous avons approfondi et partagé ces jours-ci.
La Congrégation pour l’éducation catholique propose de grandes lignes éducatives pour aujourd’hui, à travers sept axes très éclairants. La deuxième priorité, que j’ai été heureuse de retrouver dans presque tous les projets éducatifs en visitant l’exposition, nous confirme : "…Une éducation humanisée ne prévoit pas d’espace de divisions et d’oppositions mais, au contraire, elle offre des lieux de rencontre et de débat permettant de réaliser des projets éducatifs valables. Il s’agit d’une éducation tout à la fois solide et ouverte qui détruit les murs de l’exclusivité, tout en promouvant la richesse et la diversité des talents individuels et en élargissant le périmètre de la salle de classe à tous les recoins de l’expérience sociale dans laquelle l’éducation peut engendrer la solidarité, le partage et la communion". D’une manière plus large toutes les propositions de la Congrégation pour l’éducation catholique visent la construction d’une "civilisation de l’amour" et nous avons la joie de partager cet objectif.


Tout au long de la Rencontre, j’ai été témoin de gestes d’accueil, de solidarité, d’entraide, de générosité. Sur les visages, j’ai vu la fatigue se changer en joie, le questionnement se muer en admiration, l’étonnement en émerveillement, le silence devenir paroles et chants, l’immobilité devenir mouvement et danse. J’ai senti l’apaisement d’être tout simplement là, l’ouverture pour aller vers l’autre, pour l’accueillir. Notre diversité n’est pas devenue uniformité mais communion. Nous sommes passés du fait de prendre notre place à partager l’espace, nous sentir chez nous chez l’autre qui nous a accueillis, d’être de l’Assomption à être Assomption Ensemble dans ce nouveau cadre, en offrant et en recevant le meilleur de ce que nous sommes. Ainsi nous pouvons nous remercier mutuellement pour le chemin fait ensemble, pour la transformation personnelle et communautaire expérimentée ici. Chacun(e) de nous a engrangé des expériences, s’est laissé éclairer et encourager afin de poursuivre sa mission d’éducateur/d’éducatrice avec plus de de conviction, de zèle et de joie, dans la communion avec tous les autres acteurs de l’éducation.


Avec le Seigneur, rien n’arrive et ne se fait par hasard. De fait, c’est finalement une grâce que cette Rencontre Internationale d’Éducation ait été placée après la célébration du Bicentenaire de la naissance de nos deux Mères co-fondatrices et avant le Chapitre Général de juin prochain. Ce sera l’occasion d’offrir fraîchement à la Congrégation le bouquet final de cette Rencontre, comme une contribution aux réflexions sur sa mission d’éducation transformatrice. 


Je voudrais saisir cette occasion pour vous remercier et remercier vos Provinces qui vous ont envoyés. Merci pour l’investissement de votre temps et de vos personnes, pour que l’Assomption puisse vivre au mieux sa mission. En réalité, éduquer suppose un don de soi qui n’a pas de prix. Un merci particulier à vous amis laïcs. Votre engagement à l’Assomption compte beaucoup pour la Congrégation. Il traduit votre désir et votre joie de contribuer à faire grandir des hommes et des femmes capables de participer de manière significative à la construction d’un monde plus humain.


Dans l’action de grâce, accueillons le don de nos vies, accueillons notre mission à l’Assomption et notre participation à cette rencontre comme un don. Car tout est don : le charisme reçu par l’abbé Combalot, Marie-Eugénie, la Congrégation qu’elle a été appelée à fonder et qui nous a accueillis ... Reconnaissons une fois de plus que nous avons tous été appelés à participer à l’œuvre créatrice et recréatrice de Dieu, comme saint Paul nous le rappelle : "… Celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu… Nous sommes des collaborateurs de Dieu…" (1 Cor 3, 7-9) Il y a toujours une responsabilité, un engagement et un acquiescement à vivre face au charisme que nous partageons avec Marie-Eugénie et la Congrégation, en vue de notre bien et celui de ceux et celles qui nous sont confiés.


Nous ne pouvons pas quitter ce lieu sans réitérer notre merci à l’équipe AdHoc pour la manière ingénieuse dont elle a conçu, élaboré et organisé le cheminement de cette rencontre. Nous redisons aussi notre gratitude à la Province d’Asie du Sud-est. L’accueil reçu dès notre arrivée donnait déjà une idée de ce que nous allions vivre, mais je crois que nous pouvons nous exclamer à présent comme la Reine de Sabbat devant le roi Salomon : "… C’était donc vrai, ce que j’ai appris dans mon pays au sujet de tes paroles et de ta sagesse ! … on ne m’en avait pas dit la moitié !". Merci, chers amis et chères sœurs, pour tout ce que vous avez déployé comme énergies, avec créativité et amour, pour nous offrir cette expérience inimaginable que chacun(e) gardera au fond du cœur et partagera au retour. Nous supposons que vous avez aussi des difficultés et des défis auxquels vous devez faire face et nous vous promettons nos prières. 


Que dire au bout du chemin fait ensemble ? Une conviction nous habite assurément : l’éducation transformatrice est une réalité. Nous en avons fait l’expérience dans nos missions respectives, et nous en avons eu la confirmation aux Philippines lors des immersions. Toutefois, la tâche éducative est si importante et exigeante qu’elle implique un renouvellement constant, pour que ne faiblisse ni ne s’éteigne le feu qui brûle en nous. Laissons-nous donc conforter par les merveilles dont nous avons été témoins, et plus encore par les convictions et les intuitions qui sont nées ou qui ont été confirmées par le travail et les partages entre nous. Nous aurons toujours besoin de cultiver la patience du semeur, la perspicacité des artistes, la créativité des poètes, la précision des techniciens, la fraîcheur des débutants… pour persévérer dans la recherche du meilleur pour tous. Entrons dans la logique des petits commencements et des petits pas humbles mais efficaces. Il sera nécessaire de continuer à nourrir notre foi, à garder l’espérance et à manifester l’amour dans notre mission d’éducation, en un engagement qui nous prenne corps, cœur et âme, à travers le quotidien.


Face aux nouvelles problématiques et réalités qui nous prennent assez souvent de cours, nous pourrons continuer à répondre aux besoins de nos milieux en étant attentifs à actualiser, incarner et enrichir le charisme dont nous sommes les dépositaires et les garants aujourd’hui. Nous savons pouvoir compter sur Celui qui nous envoie, Dieu. Ayons foi en son action et avançons avec courage en comptant les uns sur les autres. Attentifs aux signes des temps, sachons tirer notre inspiration de l’audace des pionnières qui nous ont tracé les sillons.


Bon retour à chacun(e) et bon vent à tous et toutes !
Avec l’assurance de ma prière et de ma fraternelle affection !


Manille, le 10 mars 2018, en la fête de Sainte Marie "Eugénie de Jésus,
Sr Martine Tapsoba, ra
Supérieure Générale


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