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Sr Cécile Renouard - Du lien social dans l’économie

Vocations

Christophe Chaland : L’humanité va dans le mur en fermant les yeux. Si je dis que vous êtes de ceux qui essayent de les ouvrir, vous vous reconnaissez ?

Cécile Renouard : (Rires) C’est un peu prétentieux. Je désire être au service d’une prise de conscience de nos contemporains : j’ai la chance d’être au contact de quelques-uns d’entre eux qui voient comment nous "allons dans le mur", car ils ont des connaissances scientifiques, une capacité d’anticiper, un regard éveillé à la réalité vécue par les plus vulnérables sur la planète. Et comme religieuse, j’ai ce désir de cultiver l’attention à ce qui naît, ou pourrait naître, de ce qui va dans le sens des "signes des temps", de discerner forces de vie et forces de mort.

Parlons des "forces de mort". Comment diriez-vous, en quelques mots, les défis auxquels nous sommes affrontés, comme jamais semble-t-il dans l’histoire de l’humanité ?

Les mutations que nous traversons sont liées à la ponction par l’humanité des ressources naturelles. Jusqu’au vingtième siècle, on considère les ressources comme illimitées, à disposition pour l’amélioration de la qualité de vie matérielle, allant de pair avec le progrès moral. Aujourd’hui, on a conscience de détruire la planète, tout en refusant de faire le deuil des représentations passées du "toujours plus". Le défi n’est pas seulement technique. Il interroge notre vision morale et spirituelle de l’être humain dans la Création. Comment avoir une action transformatrice respectueuse de l’environnement ? Cela nous renvoie au sens que nous voulons donner à nos existences personnelles et collectives. Or, dans le même temps, nous observons toujours la démesure dans les comportements des acteurs économiques et financiers. Comme s’il n’y avait pas eu de crise depuis 2007. Il y a un aveuglement, une inconscience, un égoïsme des décideurs sidérés par une promesse de gain à court terme qui les rend incapables de changer. C’est dramatique.

Vous êtes une indignée ?

Oui ! Tout en me considérant complice de ce péché social. J’aime évoquer la triple figure du prophète, du roi et du prêtre qui dit l’identité du baptisé. L’indignation véhémente des prophètes à l’égard des milieux autant cléricaux que politico-économiques parcourt toute la Bible : "Vous ne voyez pas la souffrance des plus pauvres, vous continuez à exploiter la veuve et l’orphelin, à rechercher le pouvoir, à idolâtrer les structures politiques ou religieuses." De même, à Jérusalem, le Christ chasse les marchands du Temple et met en garde ses disciples : "Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent" (Luc 16, 13).

Donc, notre système économique continue à fonctionner comme avant la crise…

La crise est l’occasion de reconnaître que le système s’autodétruit, mais certains ont le pouvoir et la puissance de faire qu’il perdure, à leur avantage. Dans le cadre des livres collectifs auxquels j’ai contribué, j’ai été frappée, en discutant avec les praticiens de la finance de marché et d’entreprise, de ce qu’ils reconnaissent implicitement que la plupart des innovations financières sur lesquelles continuent à se jouer la finance mondiale, sur fond d’absence de règles, n’ont aucune utilité sociale. Alors que dans la rhétorique des dirigeants de grosses banques et de grandes d’entreprise, l’économie et la finance sont censées servir la croissance – qu’il va falloir cesser d’idolâtrer, d’ailleurs ! En réalité, c’est l’inverse. Si les dettes publiques des États sont telles, si aujourd’hui on étrangle la Grèce, et peut-être bientôt l’Espagne ou le Portugal, c’est pour une large part parce que les États ont dû recapitaliser les banques à cause de leur spéculation sur les marchés de capitaux dérégulés. Finalement, ce sont les pauvres et les contribuables qui font les frais de la gabegie des banques, de leur âpreté au gain. Cette finance de marché vit également sur la capacité qu’ont les acteurs économiques de transférer des capitaux vers les lieux où il n’y a pas de fiscalité, les paradis fiscaux. Et il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de professions – avocats d’affaires, etc. – qui vivent du conseil en optimisation fiscale, c’est-à-dire de pratiques légales mais injustes.

La dérégulation des marchés, depuis la fin des années 1970, sous Margaret Thatcher, Ronald Reagan, n’a-t-elle pas été un dessaisissement du politique au profit de l’économie ? Or, le politique est le lieu du débat démocratique, en principe ?

Le pouvoir politique est censé s’occuper du mode de production et de la répartition de la richesse au niveau d’une société politique donnée. Les entreprises multinationales, elles, agissent à l’échelle mondiale. Elles ont habilement joué de la difficulté du pouvoir politique à établir des règles à l’échelle internationale. Aujourd’hui, il faut harmoniser les règles du jeu international en réintroduisant des règles contraignantes.

Et donc une certaine autorité politique à l’échelle mondiale,
comme le préconisait Benoît XVI dans l’encyclique
Caritas in Veritate ?

Avant même le concile Vatican II, l’idée avait été exprimée par Jean XXIII, dans Pacem in Terris, comme un encouragement adressé au travail de l’ONU. Et un récent document du Conseil pontifical Justice et Paix réaffirme la nécessité d’une architecture politique internationale à propos de la régulation de la finance internationale.

Alors que l’Europe elle-même n’a pas vraiment d’institutions politiques…

Le chemin est très long.

Quittons les "forces de mort". Vous enseignez aux futurs dirigeants d’entreprise, aux élites, vous êtes chercheur. Et religieuse… Comment en êtes-vous arrivée là ?

J’ai vécu au Canada, en Algérie, en Belgique, car mes parents étaient diplomates. J’entendais beaucoup parler de questions internationales à la maison. Mes parents correspondaient à l’archétype du haut fonctionnaire intègre, qui veut servir le bien public. Cela a été très marquant pour moi. Nous parlions aussi de mon arrière-grand-père maternel, Lucien Herr, comme d’une grande figure d’autorité intellectuelle au service des autres. Il a été durant quarante ans bibliothécaire de l’École normale supérieure, cofondateur du journal L’Humanité en 1904, farouchement anticlérical, humaniste, un temps ami de Péguy. Il a convaincu Jaurès et Blum de l’innocence de Dreyfus.

Votre tradition familiale garde la mémoire du socialisme naissant. Quelle expérience avez-vous de la précarité ?

C’est d’abord l’expérience de la fragilité psychique qui m’a touchée, qui m’a humanisée, à travers plusieurs proches. J’entends encore un cousin ayant un handicap mental, avec qui je passais mes étés, me dire :"Cécilette, tu me fais trop rire…" Une expérience de relations très simples. J’ai vraiment découvert la pauvreté matérielle lors d’un voyage autour du monde, sac au dos, après l’Essec, quelques mois après un pèlerinage à Chartres où la question de la vie religieuse m’est tombée dessus.

Vous étiez croyante ?

J’étais croyante. Idéaliste. J’avais fait du scoutisme. Le contact avec la nature, la vie d’équipe, faisaient beaucoup de bien à la citadine que j’étais. Je n’avais pas de vie de prière personnelle. Au cours de la dernière année à l’Essec, nous sommes partis, quatre garçons et quatre filles, pour une marche vers l’Assekrem [l’ermitage du Père de Foucauld, ndlr] : nous voulions réfléchir à nos vies. Chacun prenait en charge l’animation d’une journée. L’une d’entre nous avait choisi le thème des vocations dans l’Église. J’ai été saisie et j’ai passé la nuit à contempler les étoiles en me demandant : "Quel sens donner à ma vie ?" J’avais eu l’occasion, lors de stages, de m’interroger sur la déontologie de la vie en entreprise. On m’avait fait faire quasiment de l’espionnage industriel ou utilisée pour contourner des problèmes humains. Cela m’avait alertée. Je voulais que ma vie professionnelle soit cohérente avec mes convictions. Quelques mois plus tard, il y a eu ce pèlerinage à Chartres. Nous y avons lu l’évangile de l’aveugle de naissance à qui Jésus demande d’aller se laver à la piscine de Siloé (Jean 9). Puis, on nous a proposé de recevoir le sacrement de la réconciliation. Nous pouvions prendre de l’eau et nous laver le visage pour demander au Christ de nous éclairer, ou pour rendre grâce pour la lumière reçue. C’est ce que j’ai fait, juste avant de me confesser. Alors que j’attendais mon tour, brusquement, la question de la vie religieuse s’est posée à moi. C’était si fort que cela m’a bouleversée et que j’en ai parlé au prêtre qui m’a confessée.

Cette question qui fait irruption vous surprend heureusement ?

Je suis très organisée, et cela n’était pas prévu au programme ! Le prêtre m’a donné trois sages conseils. Un : ne pas laisser tomber la question, "elle dit quelque chose de la quête spirituelle que vous avez. Si vous ne la creusez pas maintenant vous risquez d’être insatisfaite plus tard." Deux :"Ce n’est pas parce qu’on se pose la question de la vie religieuse que c’est le choix auquel on est appelé." Et trois : "Le choix de la vie religieuse est un choix de bonheur." La résistance ("Je ne veux pas de ça !") se mêlait à la surprise, et aussi le pressentiment qu’un espace s’ouvrait en moi. On est arrivés à la cathédrale de Chartres et, pendant la messe, on a prié pour les vocations, puisque c’était le dimanche des vocations. Sur le coup, cela ne m’a pas fait plaisir. Plus tard, j’y ai reconnu un bon "clin d’oeil de Dieu". La semaine suivante, à la messe, je suis tombée sur un numéro de Paris Notre-Dame "spécial vocations", journal que je n’avais jamais ouvert. Je l’ai pris en douce. J’y ai trouvé un article sur une proposition de retraite individuelle par les Religieuses de l’Assomption. J’y suis allée et j’ai passé quelques jours dans la communauté du noviciat. Là, j’ai découvert la vie religieuse, des femmes vivantes, joyeuses et profondes, la lecture priante de l’Évangile, le coeur à coeur de la prière personnelle. Et j’y ai éprouvé un attrait surprenant.

C’est aussi le moment où vous allez partir pour votre grand voyage, après vos études ?

Quelques jours plus tard, je partais en effet avec des amis, sac au dos, pour l’Asie et l’Amérique du Sud. Durant ces six mois, j’ai été très marquée par la pauvreté. Très déstabilisante en Inde : nous étions harcelés par les mendiants et nous nous sentions complètement impuissants. Au Népal, où le Produit intérieur brut par habitant est inférieur à celui de l’Inde, c’était différent. Tout le monde est pauvre. Nous étions accueillis chez les gens et mangions avec eux le "dal bhat", le riz aux lentilles. En Argentine, nous logions dans une communauté de Religieuses de l’Assomption. En lien avec elles, nous aidions des familles d’un bidonville à construire leur maison. On posait les briques à la verticale, par économie. Les familles ne prenaient qu’un repas par jour. Nous qui étions dans la communauté des soeurs le soir, nous voulions refuser ce qu’on nous offrait, mais les soeurs nous disaient : "Acceptez, c’est le moyen de manifester que vous construisez quelque chose avec eux !" Cela a été décisif pour moi.

Que se passe-t-il en vous, alors ?

J’ai perçu la foi des pauvres. Les Népalais, bouddhistes, témoignaient de cette foi que le théologien jésuite Christoph Theobald appelle "la foi élémentaire", qui est le fait de faire crédit à la vie. Ils faisaient crédit à la vie et m’apprenaient quelque chose, à moi qui venait de suivre une formation dans laquelle on apprend à anticiper, à contrôler, à gérer. En Argentine, la foi était explicitement chrétienne, impressionnante de joie de vivre. Dans la communauté de l’Assomption, je retrouvais ce qui m’avait déjà tellement attirée : l’ouverture, la joie, le lien entre la vie de prière, la vie de communauté et l’action transformatrice dans le monde. Cela faisait écho très profondément en moi au désir de mettre ce que j’étais au service d’un projet qui ait du sens. C’était clair et cela me dépassait complètement.

En parler vous émeut encore…

Je me disais : c’est fou ! C’était tellement imprévu. Mais un horizon intérieur s’ouvrait. Et puis, l’amour du Christ, l’expérience de la rencontre avec une personne vivante, qui me comblait…

Vous poursuivez votre formation en philosophie, et votre travail d’économiste et de philosophe vous remet au contact du monde de l’entreprise, au Nigeria et en Indonésie. De quoi s’agit-il ?

Je voulais faire ma thèse sur une question d’éthique appliquée. Au début des années 2000, les multinationales s’appropriaient la notion de développement durable. Était-ce un discours opportuniste ou un signe d’évolution d’un système ? J’ai frappé à la porte de grands groupes et leur ai demandé de pouvoir aller observer la mise en oeuvre concrète de leur politique de développement durable et de la confronter à leur ambition. Celle-ci est par exemple exprimée dans leur adhésion aux principes de l’Organisation internationale du travail ou au Global Compact de l’ONU, qui demande aux entreprises de respecter des principes qui touchent au droit
du travail, aux droits de l’homme, au respect de l’environnement, à la lutte contre la corruption. En visitant certaines filiales au Nigeria et au Kenya, j’ai rencontré des personnes sincères, mais aussi relevé une forte contradiction entre leur discours et la réalité de l’impact de leur activité sur le développement local. Les projets avaient tendance à être de l’ordre d’une démarche philanthropique paternaliste, le contraire de celle qui serait partie d’une écoute des habitants et d’une analyse approfondie des effets négatifs de l’activité de l’entreprise sur les écosystèmes naturels et humains. J’ai poursuivi ces recherches. La rencontre des acteurs de l’entreprise permet de comprendre ses fonctionnements internes, les tensions traversant son activité. Avec Gaël Giraud [jésuite et économiste, ndlr], nous avons mis au point des indicateurs pour évaluer l’impact des entreprises sur le développement. Ils intègrent une mesure de la qualité du tissu social, de la capacité relationnelle. C’est une façon de faire réfléchir à un développement social qui n’est pas fondé sur la croissance des richesses matérielles – même s’il s’agit de lutter contre la misère et les inégalités – mais qui est d’abord soucieux du lien social. Pour nous, chrétiens, c’est intimement lié à la conviction que les relations sont la dimension essentielle de l’existence, la clé du bonheur.

Cette mise en avant des relations pour évaluer une activité est novatrice…

Elle s’enracine dans une anthropologie – voire une métaphysique – relationnelle et se déploie dans les aspects les plus concrets de l’existence. Elle pourrait permettre de revisiter tous les aspects de nos vies quotidiennes et de l’économie : la production, les échanges, la consommation des biens seraient alors mesurés dans leur contribution à l’amélioration des qualités des relations interpersonnelles et sociales, en portant le souci des générations futures.

Parlons des "forces de vie". Comment faire changer le système capitaliste dont vous dénoncez certaines impasses ?

Par l’action politique, tout de même. Par la réflexion sur les structures. Par les entreprises. Il faut espérer que des "Zachée" se manifestent, des personnes à l’intérieur des organisations qui en reconnaissent les contradictions et trouvent la manière de mettre en place des régulations. Par les initiatives diverses venant de la société civile : tout doit aller ensemble. Des initiatives locales ont un rôle décisif d’éveil des consciences.

Par exemple ?

J’ai participé cet été, en Creuse, aux rencontres d’un groupe de chrétiens, dont un couple d’agriculteurs. Ceux-ci réfléchissent à la mise en place d’une ferme expérimentale visant à réduire la consommation de pesticides. Pour eux, passer en production biologique ne serait pas réaliste à court terme, comme pour beaucoup d’entreprises agricoles en France. Une phrase revenait dans nos échanges : "Avec vous, je peux…"

C’était le slogan de Barack Obama lors de son élection à la présidence des États-Unis, il y a quatre ans : "Yes, we can", "Oui, nous pouvons"…

La force d’un groupe, la dynamique collective est essentielle. Mais cela passe par des engagements individuels forts. Quand j’évoque des "Zachée" (Luc 19, 1-10), je pense à deux amis qui travaillent dans la finance d’entreprise depuis des années. Ils m’ont aidée à réfléchir sur les problèmes de fiscalité quand j’interrogeais les entreprises sur les questions environnementales et sociétales. Personne ne me parlait de la finance, qui règle le partage de la richesse créée par le profit. Je les ai sollicités. L’un était directeur financier d’une filiale de son groupe dans un pays étranger, l’autre responsable du trading dans une grande entreprise de matières premières. Ils ont décortiqué pour moi les pratiques d’optimisation fiscale et les montages qu’ils mettaient en place et chacun d’entre eux a reconnu : "Ce que je fais est légal, mais pas pour autant légitime…"

Vous parlez des entreprises qui ne payent pas d’impôt dans les pays où elles produisent de la richesse ?

Exactement. C’est ainsi que la plupart des entreprises du CAC 40 en France ne payent pas d’impôt ou très peu. Quand on parle de la responsabilité sociale des entreprises, il ne faut pas oublier de parler fiscalité. Quant à l’action politique, la démocratie représentative n’est pas adaptée aux enjeux actuels. On élit un représentant pour défendre des intérêts à court terme. Or, nous avons besoin d’hommes politiques pouvant prendre des décisions concernant nos intérêts communs, à l’échelle de la planète. Là, je crois que l’Église a un rôle à jouer. Les cadres dirigeants chrétiens ne doivent pas être chrétiens seulement le dimanche et en donnant à des organismes caritatifs. Il est décisif qu’ils puissent mûrir leur réflexion dans des groupes où l’on aborde concrètement les questions de finalité de l’entreprise, de management. Il y a deux ans, à la demande de personnes qui se formaient en théologie, avec Gaël Giraud, nous avons élaboré un tel groupe : "L’entreprise une bonne nouvelle."

Quelle est votre expérience de la providence de Dieu ?

Cette question touche en moi le lieu le plus intime. Le lieu de la rencontre avec Dieu. Mon tempérament organisé correspond à une forme d’appréhension. C’est un appel au dessaisissement, à la confiance radicale que Dieu m’aime et qu’il n’y a rien à craindre, rien à prouver. C’est lui qui sauve. C’est pourquoi le "dégagement joyeux" que sainte Marie-Eugénie [fondatrice des Religieuses de l’Assomption, ndlr] nous recommande, m’attire tant. Sous ce terme, elle parle d’un lâcher-prise heureux. Il se cultive non par le désengagement, mais par le détachement à l’égard des passions égocentrées, mal orientées, afin de les réorienter en forces de vie, pour un meilleur engagement. Mon travail, c’est d’essayer de préparer le terrain pour que Dieu fasse son oeuvre. Dans l’espérance que se fasse la nécessaire transformation de nos façons de vivre ensemble dans la Création.


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