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Prière du matin d’un jeune ingénieur

5.2 - Propositions pour aller plus loin


Seigneur Jésus,
Je pars ce matin au travail. Fais qu’il s’y "passe" quelque chose : pas une anecdote ni un potin de plus. Non, fais que survienne un de ces moments nouveaux, de "passage", où le découragement laisse la place à la confiance, la morosité à une secrète reconnaissance pour la vie.
Sinon, quelle sera ma joie ce soir ?
Pour cela, Seigneur, donne-moi un cœur éveillé et un esprit d’initiative vivant.
Quand des décisions injustes ou mal fondées se préparent, donne-moi la vigilance et l’habilité à faire valoir la réalité des faits et la vraie valeur des personnes.
Donne-moi de croire qu’aucune situation n’est définitivement fermée et de ne pas enfermer mes interlocuteurs dans leurs petits côtés.
Au milieu des sollicitations, tu me donneras la liberté de prendre du recul pour acquérir une vision large des choses et être capable de propositions audacieuses.
Et lorsque j’anticipe sur les événements, que cette anticipation soit aimantée par un désir ardent de la venue de ton Royaume.
Dans la poursuite trop évidente des rationalités économiques, accorde-moi de ne pas perdre
raison : fais grandir mon faible goût pour la justice.
Donne-moi le courage de poser les questions importantes, et la patience de les travailler dans la durée.
Rends-moi capable de paroles justes : les attitudes amicales pour ceux qui ont des problèmes ; les mots simples qui associent mes collaborateurs à mes questions avec clarté et bienveillance ; le courage, s’il le faut, de contredire ma hiérarchie sans me soucier de ce qu’on pensera de moi.
Apprends-moi à ne pas donner de crédit aux rumeurs, mais à croire aux hommes. Garde ma langue des paroles perfides lorsqu’on « taille un costard » à un collègue absent. Donne-moi de ne pas confondre la joie que je cherche avec cette mauvaise jouissance qui me prend parfois à écouter la critique facile d’autrui.
Apprends-moi à écouter avec finesse et compassion. Donne-moi, cette "splendide exactitude de l’écoute" chère à Hannah Arendt, cette "constante disposition à s’expliquer, la patience de rester sur la question débattue ; et, d’avantage encore la capacité d’attirer dans l’espace du dialogue ce que l’on est enclin à taire, d’en faire quelque chose qui mérite qu’on en parle".

Donne-moi de me réjouir sincèrement des succès mérités de mes collègues. Et si de petites morsures de jalousie apparaissent, je te les offrirai : avec ta grâce, elles laisseront la place à une joie sincère et à une saine stimulation de mes efforts.
Rends-moi libre pour rencontrer sans a priori ceux qui ont mauvaise réputation. Et que survienne entre nous un goût d’humanité.
Et puis, il y a les loups aux dents longues, les violents, les lâches, les voleurs qui s’approprient les idées des autres, les méprisants, et ceux qui m’en veulent sans raison : fortifie-moi par ta passion et ton amour, alors je saurai les regarder avec cette compassion libre plus forte que nos cruautés. Tu nous ouvriras des chemins d’humanité. Et si je dois combattre leurs idées et leurs projets, je le ferai sans haine.
A la fin du mois viendra mon salaire. Comme c’est bon de gagner de l’argent ! Mais autour de moi, on s’évalue (on se jalouse et on se méprise) en fonction de son bulletin de paye. Des castes sociales se forment en fonction des revenus. On craint une réunion avec son "n+1" ou un "n+2", mais on ne craint pas de maltraiter ou de "mettre la pression" sur un subalterne ! En fin d’année, les plus riches se partageront en prime de l’argent économisé en supprimant quelques postes de smicards. Beaucoup de cruauté est rationalisée par ce système capitaliste. Comment perd-on si vite le goût de notre simple fraternité sur terre ? C’en est trop ! Délivre-nous de ces cruautés que l’argent provoque et rends-moi frère de ces pauvres que tu aimes.
Ne tarde pas car je suis faible, et ce que je te demande est hors de ma portée. Mais on m’a dit aussi que tu ne demandes pas l’impossible, et que tu l’accordes à qui te le demande. Alors, donne-moi la joie de ces passages, la joie de ta Pâque.
C’est mon espérance ce matin.


Anonyme

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