Pentecôte - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2014-2015 [B]

Divin Courant d‘air...

Nous sommes le jour de la fête de Shavouot, fête des Semaines célébrée 7 semaines après la Pâque. Jérusalem est bondée de pèlerins. On lit ce jour-là le récit de la grande théophanie du Mont Sinaï et on fait mémoire de l’Alliance. C’est au fond l’anniversaire de la naissance du Peuple élu et c’est avec grande joie que tout Israelite reçoit à nouveau la Charte de l’Alliance qui l’établit comme peuple libre, consacré à Dieu, dépositaire de Sa Parole, envoyé pour le glorifier parmi les nations.

Dans ce contexte, Lc nous dit que les disciples (le collège des 12 et tous les autres, hommes et femmes, mentionnés en 1,13-14) sont réunis tous ensemble. Notons ce "tous ensemble", qui est un leitmotiv du début des Ac. Pour Lc, l’unanimité est une caractéristique essentielle de l’Eglise (1,14 ; 2,46 ; 4,24.32 ; 5,12…)

Sur ce groupe descend du ciel (la demeure de Dieu, là où Jésus "a été enlevé") le Vent et le Feu. Tous deux sont des éléments des théophanies en particulier celle de l’Exode (Ex 19-24) et celle vécue par Elie sur la même montagne du Sinaï (1 R 19,18). Le grand vent est aussi le symbole de l’Esprit qui ressuscite le peuple dans la vision d’Ezéchiel (Ez 37). L’image exprime une présence puissante mais insaisissable. Le feu symbolise la Parole qui brûle au cœur de Jérémie (Jer 20,9). Il brûlait aussi sur le mont Sinaï. Un commentaire juif du 1er siècle dit : « Dieu fit un miracle : on entendait un bruit invisible, un souffle qui prononçait des paroles, et qui transformait l’air en flammes, et tous entendait, les proches comme les lointains » : nous sommes ici tout proches du récit de Lc.

Les « lointains » (mot qui désigne les païens dans la Bible) sont bien présents : à Jérusalem sont présents des Juifs pieux "venus de toutes les nations qui sont sous le ciel" et les v. 9-11 énumèrent 12 nations. Le monde entier est concerné ! Les mots "tout-tous" reviennent d’ailleurs avec insistance dans le récit de la Pentecôte et ce qui suit immédiatement (v. 1, 4, 5, 12, 14, 17, 21, 32, 36 et 39).

"Tous", mais aussi le mot "chacun" (v. 3, 6, 8 et 38), qui souligne la variété, les différences de langues et en même temps le caractère personnel de l’expérience et de la mission reçue.

Unanimité dans la diversité, c’est bien la marque de l’Esprit qui crée la communion. L’insistance sur les langues différentes nous rappelle la grande rupture, conséquence de la tour de Babel (Gen 11). Là l’humanité s’était dispersée par force, car on ne se comprenait plus. Ici tous sont rassemblés par la compréhension commune. Il n’est pas besoin d’une langue universelle : Dieu s’adresse à chacun. L’Esprit, répartissant les langues à tous les disciples envoie l’Eglise en mission universelle : chaque culture, chaque personne est appelée à entendre « raconter les merveilles de Dieu dans sa propre langue ». La dispersion devient nécessaire, selon les mots du Ressuscité (Ac 1,8) mais c’est pour rassembler l’humanité entière dans la famille des enfants de Dieu !

Quelle langue de feu m’est aujourd’hui donnée ? Quel vent remplit notre maison ? Quels sont ceux qui, derrière nos portes fermées, attendent la Nouvelle ?

Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord

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