Partage, réflexion

71 - Août 2013

J’aimerais partager avec vous ma réflexion sur une citation de Michel Quoist dans la perspective de la Morale. 

"Cette plante, et ton chien sont tout faits. Ils ont immédiatement, atteint leur perfection, limitée de plante et d’animal. Ta grandeur est de te construire, toi-même. Tu es inachevé, tu dois participer à ta création".

Le récit de la création dans le livre de la Genèse affirme que Dieu est le créateur de toutes choses y compris l’Homme. Mais ce dernier, créé à son image, a le pouvoir de dominer les autres créatures. Par conséquent, par rapport aux autres créatures, l’Homme possède une grandeur dont il est lui-même l’acteur. Il participe à donner un sens à son existence. Mais comment peut-il parvenir pleinement à sa propre réalisation ?

Créé à l’image de Dieu, l’Homme possède quelque chose de plus que les autres créatures : c’est la raison qui lui permet "d’exister" au lieu de vivre. C’est à cet effet que Gabriel Marcel affirme : "Une phrase est montée à mes lèvres comme je regardais un chien couché devant la boutique : il y a une chose qui s’appelle vivre, il y a une autre qui s’appelle exister. J’ai choisi d’exister." Il s’agit pour l’Homme de ne pas être posé là dans l’immédiateté des choses. Il a le devoir de devenir un être conscient, sage, responsable, agissant. Il doit être capable de réfléchir et de faire des options fondamentales. Une plante ne peut jamais choisir de porter ou de ne pas porter de fruits. Pendant la saison, elle portera des fruits sauf en cas d’anomalie climatique ou d’anomalie liée à la plante elle-même. Elle n’a pas la capacité de faire ce choix.

Aussi, la nature rationnelle de l’homme l’amène à transcender sa sensibilité. Faisant donc usage de sa raison, il n’est plus un être soumis à la fatalité du besoin ou de la nécessité. L’homme est doté de la liberté de choisir. Ce qui n’est pas le cas pour les animaux par exemple, guidés par leur instinct.

La raison fait donc de l’Homme un être supérieur. Elle est souvent assimilée à la conscience par Rousseau dans Emile ou De l’Education. Elle est appréhendée comme la voix de Dieu en l’Homme. Saint Augustin parle du "maître intérieur". L’écoute de cette voix ne peut qu’orienter vers le bien. L’Homme ne peut se réaliser, autrement être humain que si son action, conforme à la loi morale l’oriente vers le bien. La recherche du bien fait de l’homme un être achevé. Notons que cette recherche se fait dans la liberté. Cette dernière désigne la capacité qu’a l’Homme de se donner à lui-même ses propres déterminations en conformité avec la loi morale et ceci, à la lumière des prescriptions de la raison pratique. Dans le concret, il s’agit pour l’Homme d’être un porteur d’humanité à travers le respect de sa personne, des autres et de leur dignité. L’Homme est appelé à chercher dans la liberté à être véritablement à l’image de Dieu, à tendre vers lui dans son rapport avec les autres basé sur l’amour.

Pour y parvenir pleinement, l’Homme est invité à prendre en compte la Parole de Dieu. Les dix commandements sont pour le chrétien des moyens pour se réaliser comme enfant bien-aimé de Dieu, et les béatitudes, le fil conducteur de la vie baptismale.

Ainsi donc, je finirai en rappelant que c’est la raison qui différencie l’Homme de l’animal ou d’une plante. Mais il ne suffit pas de la posséder pour exister. C’est à travers son "agir" qu’il montre réellement cette distinction et qu’il réalise son devenir-homme.

Sœur Simone
Communauté du Juniorat - Abidjan

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