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18 décembre 2018 : Messe de funérailles d’Hélène Defferrière

Auteuil


Une importante assemblée s’est réunie le 18 décembre 2018 pour l’enterrement d’Hélène Defferrière décédée le 14 décembre 2018, en la fête de saint Jean de la Croix, emportée par la maladie en trois semaines. Hélène, dans le discret service, s’est beaucoup investie lors des célébrations dominicales dans la chapelle. La célébration était présidée par Mgr Thomazeau, proche de la famille. Le livret de la célébration est disponible en téléchargement, en bas de page.

Homélie de Mgr Guy Thomazeau


A l’approche de Noël nous sommes réunis, dans cette chapelle – où repose Sainte Marie-Eugénie fondatrice des sœurs de l’Assomption – réunis pour confier ensemble au Seigneur Hélène Deferrière. Depuis l’enfance elle a été, dans ce lieu, ici chez elle, dans cette chapelle. Elle y a beaucoup prié dès sa petite enfance jusqu’à presque ses jours derniers.
Hélène était une enfant joyeuse, active, qui se dépensait à l’adolescence dans la communauté chrétienne qu’était l’Aumônerie du Lycée Molière. Elle a ainsi grandi avec une capacité d’émerveillement, qui est un des aspects majeurs de l’Evangile. Le catéchisme devrait être une école d’émerveillement, ce dont notre monde a tant besoin.
Cela nous permet d’entendre le message de l’Apôtre Saint Paul quand il écrit aux Thessaloniciens, et je cite : "Nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance… Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité… de même nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu à cause de Jésus, les emmène avec son Fils", le premier né d’entre les morts, dans le sein de Dieu.
Ce que Paul écrit aux Thessaloniciens, Hélène le croyait. Et pourtant elle a connu très tôt de grandes, de véritables épreuves dans sa vie, entourées d’amies fidèles. Elle a lutté longtemps avec l’anorexie tout en poursuivant ses études orthophonie. Plus tard elle a connu l’épreuve précoce du cancer, suivie d’une grave fracture. Enfin cette dernière épreuve qui l’a emportée en quelques semaines.
Le Seigneur, le vrai berger, a veillé sur elle permettant que malgré la crainte que tout homme peut ressentir devant ce passage – bien mystérieux dans l’au-delà, où il y a le Premier-Né d’entre les morts –. Dominant ses appréhensions, avec la force de caractère qu’elle pouvait avoir, elle a clairement demandé ces sacrements de la foi, qui fortifie l’ami du Seigneur, à l’approche du passage. Le Seigneur a permis – c’est quelque chose qui m’a impressionné – qu’elle rende son dernier dans les bras de celle qui l’avait mise au monde, figure de la Pietà. C’est dire que dans l’épreuve, la peine que nous pouvons partager, ce qui est premier ce matin, c’est une sorte d’action de grâce pour le sillage, que nous pouvons relire ensemble, de la vie d’Hélène.
Quant à l’Evangile selon saint Luc, choisi par la famille, dont nous avons entendu quelques versets du chapitre 12, Jésus, qui a montré l’exemple, enseigne à ceux qui veulent le suivent, une attitude essentielle pour celui qui veut être son disciple : "Restez en tenue de service". Servir. Dans la deuxième prière eucharistique, il y a ces mots : "nous te rendons grâce, car tu nous as choisis pour servir en ta présence". La prière eucharistique nous façonne en chemin.
Dès son initiation chrétienne, Hélène avait découvert ce mot clé, et développé le goût de servir avec la joie gratuite par surcroît. Cela n’a pas été étranger au choix de sa profession d’orthophoniste, une profession qui prend le patient en charge longuement. Ce n’est pas une consultation rapide, c’est un chemin fait ensemble.
Restée célibataire, elle s’est donnée à fond au service des personnes avec handicap, ou victimes d’accidents, à l’hôpital de Garches. Travail de longue patience, à « bout portant ». Et ce service exigeant, elle a su vraiment le remplir avec un sens – il y a sans doute des témoins ici – du service en travail d’équipe à Garches et ailleurs. Elle aura été fédératrice dans sa profession au sein de l’APHP, entraide et soutien mutuel entre soignants.
Avec un peu de recul, là aussi, cela fait monter l’action de grâce, de constater cette unité dans la vie d’Hélène entre la quête de Dieu – qui fait de nous des chercheurs de Dieu – et de le mettre en pratique dans le service des personnes éprouvées. Le monde hospitalier est un lieu si fort que nos aînés en France appelaient l’hôpital, l’Hôtel Dieu, présence reconnue dans la foi du Christ dans la sœur ou le frère éprouvés, l’homme, la femme, l’enfant.
Il n’y a pas de petite vie. Hélène n’a pas connu la joie d’être épouse et mère, mais il y a tant d’autres façons de donner la vie, et de se donner soi-même. Comment ne pas entrevoir le sillage qu’Hélène laisse à sa famille, et à tous ceux qui ont servi avec elle ? Bien des raisons, y compris pour ceux qui partageaient avec elle son engagement – sans avoir la lumière de la foi – cet émerveillement d’être au service du Seigneur à travers le service de la personne.
Il est temps de conclure. Noël sera bientôt là. Dans la foi, nous le croyons, on demandera au Seigneur de nous éclairer. Hélène ne sera pas, cette année, visiblement avec nous devant la crèche.
Que le Seigneur, ce matin, confirme notre foi en Jésus Sauveur, qu’il accueille Hélène dans sa vraie patrie, le Royaume, avec les anges et tous les saints venus à sa rencontre, et tous ceux qui chantent la nativité du Sauveur.


Mgr Thomazeau
18 décembre 2018
Chapelle des Religieuses de l’Assomption


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