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Les ancêtres de la newsletter

Trésors d’archives


"Le 10 août 1857, la communauté de Chaillot se transporta à Auteuil. Ce fut une grande joie pour toutes les Sœurs de s’éloigner du bruit de Paris et d’entrer dans un monastère régulier où la vie religieuse semblait prendre un cachet plus austère". (cf. Origines IV, chapitre 1).


Communauté, noviciat, pensionnat… c’est tout un petit monde qui s’installe dans le domaine de l’ancien château de la Tuilerie. C’est notamment à Auteuil, l’année suivante, que se déroula le 1er chapitre Général de la Congrégation, ouvert le 2 septembre 1858 sous la présidence de Monsieur l’Abbé Darboy, Vicaire Général du diocèse de Paris.
Dès l’installation en ce lieu, le pensionnat se développe bien, comme en témoignent certains courriers de Marie Eugénie. On peut lire, par exemple, dans une lettre au Père d’Alzon (14 septembre 1859, vol. XIII, n° 2766) :


"Ici la rentrée du pensionnat s’annonce magnifique nous aurons bien près de 100 élèves dès le commencement de l’année, je crains que nous ne soyons obligées d’en refuser plus tard, ainsi je ne vous demande plus d’élèves pour ici…"
Beaucoup de sœurs, beaucoup d’élèves et un nombre croissant de communautés : il faut trouver le moyen de garder le lien, de partager les nouvelles de la vie quotidienne.

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Dès les premières années, on écrit de temps en temps une chronique humoristique des nouvelles du pensionnat, illustrations coloriées à l’appui, pour mettre à l’honneur les sœurs enseignantes. Les anecdotes racontées dans une brochure écrite et dessinée à la main en 1861 mettent en valeur quelques qualités qui pourraient être celles des enseignants d’aujourd’hui :

  • La persévérance et la compétence


Nous pouvons lire en ouverture de cette brochure : "Ministère de l’Instruction publique. Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en leur offrant le portrait frappant des plus illustres professeurs de la Maison Mère, année 1861. La première place appartient aux docteurs en théologie. Il est 10 h 1/2, il n’y a pas de lectures de notes : profitons pour donner une leçon de catéchisme (…) Inutile de rappeler qu’il ne manque plus que 2 ans à Sr M. de Jésus pour obtenir le titre de docteur en théologie accordé seulement après 24 années de travaux et d’examens annuels".

  • La passion


Ces brochures racontent les anecdotes qui ont lieu lors de certains cours : ainsi, le 23 décembre en fin d’après-midi, à une heure où il fait déjà froid en hiver, une sœur qui donne le cours de littérature, prise par le "feu sacré" par lequel elle se passionne pour sa leçon, ordonne d’ouvrir la fenêtre, ce qui "autorise" la pluie à entrer dans la salle de cours : "Ouvrez mon enfant, j’étouffe… Mais il pleut, ma mère… Je ne m’en aperçois pas… Ouvrez, j’étouffe toujours…"

  • La créativité


On explique aussi comment une autre sœur, donnant le cours de Géographie, s’est lancée dans le dessin d’une carte de Chine, en prenant modèle sur celle de la France dont elle disposait déjà.
Un poème raconte encore la mésaventure d’une sœur qui, croyant se confesser à son confesseur habituel, a commenté le sermon du Père d’Alzon, sans se rendre compte qu’elle parlait… au Père d’Alzon lui-même ! Heureusement le commentaire était positif !

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Dans une autre brochure, le panorama s’élargit puisque des nouvelles d’autres couvents s’ajoutent à celles d’Auteuil. Toujours remplies d’humour !


Le professeur d’histoire de France de Sedan regrette de n’avoir pu nous envoyer les détails intéressants de la prise de la pastille (comprendre "prise de la Bastille"), notice fort ingénieuse qu’il doit à l’une de ses élèves.
 
Le professeur de français de la même ville comptait aussi nous faire part de la manière de rappeler la présence de Dieu de Sr M. Baptiste qui frappe des mains à faire trembler la maison, renverse deux ou trois assiettes et s’écrie d’une voix de stentor : ‘’Mes sœurs, il a dit il faut que je croasse et qu’il diminue’’.

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Au fil des brochures, on peut trouver, en plus des histoires pour rire, des conseils pratiques, des conseils pour la retraite spirituelle ou des petites annonces :


"Moyen infaillible de se prévenir des araignées ou de s’en débarrasser… frotter consciencieusement le plancher, le plafond et les murs de sa chambre avec une petite brosse anglaise".


"Moyen infaillible pour le succès d’une retraite
Un prêcheur célèbre recommande comme préparation à la retraite : une journée de récréation et une prolongation de sommeil".


"Perdu dans la salle de communauté, dans les cloîtres et dans le jardin : des ciseaux, une bobine de fil, un dé, une paire de mitaines et une discipline. Une libérale récompense est promise à la personne qui rapportera tous ces objets à la Sr Marie Marthe".

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Plus tard, dans les années 70, se développera une brochure destinée aux autres maisons, avec beaucoup moins d’illustrations. D’abord intitulée "Le Radoteur", elle deviendra "Les échos d’Auteuil". On y trouve des extraits de lettres, des nouvelles, les arrivées et les départs des sœurs à Auteuil, des devinettes, des petites annonces, des propositions de neuvaines, des errata sur l’édition précédente, etc.
Si vous faites un tour aux Archives, vous pourrez découvrir d’autres anecdotes et contempler l’original de la brochure illustrée de 1861 et 20 numéros des "Echos d’Auteuil", d’août 1873 à novembre 1874… Les ancêtres de nos "Nouvelles des communautés", "Echos des Provinces", newsletter et autres moyens pour alimenter la communion.


Sr Véronique Thiébaut, r.a.
Archiviste de la Congrégation
Mars 2019



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