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Le Royaume, c’est une réponse

6.2 - Pour aller plus loin



"Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur ! que l’on entrera dans le Royaume des cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux". Il n’y a qu’un seul signe de l’appartenance au Royaume : la fidélité à la volonté de Dieu.


"Un homme avait deux fils. S’adressant au premier, il lui dit : Mon enfant, va aujourd’hui travailler à la vigne. Je ne veux pas, répondit-il ; mais plus tard, pris de remords, il y alla. S’adressant au second, le père lui dit la même chose ; l’autre répondit : Entendu, Seigneur ; et il n’y alla point. Lequel des deux a fait la volonté du Père ?". Cette parabole vise d’abord les juifs et les Gentils ; mais à travers eux, elle vise chacun de nous. Nous avons dit "oui" quand nous avons reconnu la légitimité de la loi de Dieu et promis de nous y soumettre ; mais le plus souvent nous continuons de vivre ou nous nous remettons à vivre sans nous soucier de la volonté de Dieu. Il y a peut-être souvent coïncidence entre nos actes et cette volonté de Dieu, mais lorsque entre elle et notre vouloir personnel surgit une discordance, c’est celui-ci qui l’emporte ; nous obéissons à nos désirs et à nos caprices.



Or la vie dans le Royaume ne consiste pas dans une inscription. L’entrée dans le Royaume demande un vouloir vivant et continu, une acceptation constante et actuelle de la volonté de Dieu sur nous. C’est un "oui" constamment répété. Mais à l’opposé, en pratique, c’est l’infidélité qui est constante chez nous. En particulier, il y a une manière d’échapper à la volonté de Dieu tout en croyant la faire. Ce défaut, fréquent chez les intellectuels, consiste à confondre la réalité d’une chose avec le projet, la pensée, l’idée de cette chose. On peut avoir très profondément pensé quelque chose, goûter cette chose et la magnifier en esprit, et vivre tout à fait différemment. Une certaine déformation de notre attitude intellectuelle fait que nous ne mesurons pas l’écart entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. Et pourtant, il n’y a pas d’installation définitive dans le Royaume de Dieu ; ou bien l’on cherche à y entrer à chaque instant, ou bien on en sort sans s’en apercevoir.


Le Royaume, c’est pour chacun une réponse à un appel personnel ; c’est une adhésion à une volonté personnelle de Dieu, à une volonté qui varie pour chacun de nous, et qui varie également pour nous selon les circonstances. Le plan de Dieu, vu du côté humain, n’est pas une loi établie une fois pour toutes, mais une volonté qui progresse ; il se révèle peu à peu selon les besoins de réalisation de son Église et selon notre capacité personnelle. Le Royaume n’est rien de tout fait, sur quoi se reposer. Nous avons toujours à suivre Jésus, sans connaître d’avance le chemin. Nous avons toujours à discerner ce que Dieu attend maintenant de nous ; il nous faut donc entretenir l’inquiétude, orientée et paisible, mais éveillée, d’une volonté vivante et qui progresse.


Les exigences de Dieu sur nous peuvent croître : il se peut qu’il exige de nous le lendemain ce qu’il n’a pas exigé la veille. Il y a sans cesse à s’en préoccuper à nouveau. Il faut savoir remettre en question ce que l’on fait, pour se maintenir toujours en état de disponibilité devant Dieu. Cette calme inquiétude n’est ni agitation ni instabilité. Elle est fidélité réelle. Elle procède de l’amour. Car le seul moyen de connaître la volonté de Dieu sur soi, c’est de l’aimer, c’est de préférer cette volonté de Dieu à la sienne. Celui qui veut faire la volonté de Dieu, celui-là se met en état de la voir.


Yves de Montcheuil

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