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La sainteté est un chemin

Préparation spirituelle

Chers jeunes,

Comme préparation à la célébration de la sainteté de Marie-Eugénie de Jésus, vous voulez vous approcher d’elle, la laisser vous parler de ce qu’a été son chemin de sainteté, afin de pouvoir, comme elle, vous mettre en route, chacun et chacune, pas à pas, jusqu’à la sainteté à laquelle nous sommes appelés.
La sainteté est un chemin. La sainteté ne peut être autrement. Les saints, les témoins de la tendresse et de l’amour de Dieu pour l’humanité, ne furent pas saints dès le début. Ils le sont devenus...

Tous nous sommes appelés à cela. Souvenez-vous de ce que nous dit saint Paul : Tous nous sommes appelés à la sainteté dans l’amour (Ep 1, 1-14). Paul dit : nous sommes appelés. Il y a, donc, un appel. Toute vie chrétienne, tout chemin de sainteté, naît d’une vocation, d’un appel de Dieu. Et toute notre vie consiste à entendre cet appel - ne pas être sourd à l’appel, dit saint Ignace - et à le réaliser jour après jour. Dieu nous appelle à être ce qu’Il veut que nous soyons dans ce monde. Et chacun de nous, au fur et à mesure que nous connaissons cet appel, nous le comprenons et l’accueillons, et nous prenons de petites ou de grandes options ou décisions, nous réalisons le projet de Dieu sur chacun de nous. Dieu nous appelle à être. Nos actions naissent de là, de notre être, de l’appel de Dieu à être ce qu’Il veut que nous soyons. Là, dans cette première réponse, quelques fois, très petite et souvent timide, hésitante, craintive... tu commences ton chemin de sainteté.

Ainsi a commencé celui d’Anne-Eugénie Milleret qui, un jour, deviendra Marie-Eugénie de Jésus. Elle nous l’a raconté et je suis sûre que vous connaissez tous et toutes son histoire.

Je me contente de commencer son histoire de sainteté au moment où Marie-Eugénie à 19 ans, l’âge de beaucoup d’entre vous sans doute. A cette période, Anne-Eugénie était envahie de demandes fondamentales que tout être humain se pose un jour ou l’autre : Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Quel est le sens de la vie ? Quel est le mystère de tout être humain, le devoir de notre existence sur la terre ? Anne-Eugénie a cherché jusqu’à ce qu’un jour elle commence à trouver ce qu’elle cherchait au travers des paroles d’un prédicateur célèbre à la cathédrale de Notre-Dame de Paris, le père Lacordaire :

"C’est alors, mon père, que la miséricorde qui me poursuivait m’amena sous votre chaire. Puisqu’il fallait suivre un Carême, j’avais choisi le vôtre. La grâce m’y attendait. Votre parole répondait à mes pensées, elle expliquait mes instincts, elle achevait mon intelligence des choses, elle ranimait en moi cette idée du devoir, ce désir du bien tout prêts à se flétrir en mon âme, elle me donnait une générosité nouvelle, une foi que rien ne devrait plus faire vaciller...
C’était la dernière année de vos conférences. Avant votre départ pour l’Italie, j’osai vous demander quelques instants et quoique je n’aie fait alors que vous entretenir de mes doutes, des difficultés de ma position, et de mes premières pensées de vocation religieuse... j’étais réellement convertie et j’avais conçu le désir de donner toutes mes forces ou plutôt toute ma faiblesse à cette Eglise qui, seule désormais à mes yeux, avait ici-bas le secret et la puissance du bien." (Décembre 1841)

Une expérience qui marque une vie. Un moment important sur un chemin de sainteté. Peut-être peux-tu dire la même chose. Réfléchis, souviens-toi d’un moment important de ta vie et le chemin que cette expérience, joyeuse ou douloureuse, a ouvert en ta vie...

Depuis lors, Anne-Eugénie a commencé ce chemin qui la conduira à la sainteté. Elle est passée du doute à la foi, une foi qui continuera à interpeller sa vie, les doutes s’éclaireront peu à peu, la vie de Anne-Eugénie est en train de se remplir. Ses premiers désirs de sainteté apparaissent.

Anne-Eugénie découvre que Dieu est amour. Et en 1837 elle écrit : "Dieu est amour, Dieu est au fond de mon cœur. Dieu est saint ; j’aurai Dieu en moi, si je parviens à être sainte".

Mais ce Dieu n’est pas séparé des choses, de l’histoire, ni de nos désirs profonds, et encore moins des êtres humains, des hommes et des femmes de tous les temps. Laissez-moi vous transmettre un autre texte que vous pourrez sans aucun doute travailler, prier, partager... Peut-être pouvez-vous vous identifier avec Anne-Eugénie :
"Je me suis quelque fois tourmentée de la pensée de n’être pas mue par l’amour de Dieu, mais plutôt par l’amour et l’admiration de cette perfection à laquelle le christianisme nous appelle. J’aime la justice, la droiture, la pureté, l’humilité, le détachement de soi-même, la charité ardente en elles-mêmes, et je désire les acquérir pour elles-mêmes, non dans la pensée de plaire à Dieu. Mais je me suis rassurée la dessus en me disant que les aimer c’était aimer Dieu, qu’elles étaient de la nature même de Dieu qui n’est que la perfection et la plénitude de toutes les perfections... je ne peux me faire aucune idée de Dieu comme Etre séparé de ces choses. Je ne le comprends que comme la source et l’essence de tout bien... L’aimer, c’est aimer tout cela vu qu’Il est la grande bonté, la grande justice, la grande sagesse, et la grande vérité". (1837)

Anne-Eugénie comprend que tout ce qu’est Dieu s’incarne en Jésus-Christ. Contemplant Jésus, nous connaissons qui est Dieu. Elle comprend qu’elle ne peut adorer que Dieu seul à travers Jésus-Christ, le visage humain de Dieu. Aimer Dieu le Père en son Fils Jésus, sera pour elle le chemin jusqu’à la communion avec ce qu’est Dieu. Et c’est là la sainteté véritable : parvenir à incarner dans sa propre vie quelque chose de ce qu’est Dieu. La sainteté n’est pas séparation, elle est communion.

Au fur et à mesure que l’amour croît en elle, grandit aussi son zèle apostolique.
"Je voudrais pouvoir donner à mes frères ce que j’éprouve". (1837)

A cette lumière, vous pouvez mieux comprendre les paroles d’Anne-Eugénie :
"J’aime tous mes frères inconnus d’un amour que Dieu daigne augmenter chaque jour en mon cœur... Le monde n’est plus assez grand pour mon amour, je voudrais en répandre les flots sur tous les cœurs fatigués, et surtout pouvoir donner cette lumière et cet amour dont je jouis à ceux qui ne le connaissent pas". (1837)

Progressivement, Marie-Eugénie de Jésus entrera dans ce chemin de communion avec Dieu. Ses options, ses décisions - les grandes comme les petites - seront une conséquence de cet appel à "être saint dans l’amour" :
"Je désire que mes actions les plus insignifiantes soient tellement revêtues aux yeux de Dieu des actions semblables de Jésus-Christ, qu’elles Lui en rendent gloire". (1843)

Marie-Eugénie demande de l’aide à Dieu pour retrancher peu à peu de sa vie, tout ce qui rend mes actions si dissemblables de celles de Jésus. (1843)

En 1862, la suite de Jésus deviendra pour elle l’unique réalité importante de sa vie.
"Je veux tendre sérieusement à la perfection cette année, sans illusion, sans si, sans mais, sans réserves, dans tout le sérieux de mon âme et toute l’étendue de la volonté de Dieu. Et pour cela Jésus-Christ qui est ma fin est aussi mon moyen... Ma perfection c’est Jésus-Christ. Aller par Jésus-Christ à Jésus-Christ, voilà toute ma vie pour qu’elle soit telle que Dieu la veut".

Et quand elle va accomplir ses 50 ans, elle nous raconte ce qu’elle veut que soit cette année : une année de sainteté.
"Je veux me proposer de faire une année sainte où je ne tende qu’à vivre avec Jésus-Christ et à l’imiter, à me dégager des choses extérieures pour vivre plus dans ce fond de l’âme où Dieu habite et donc l’activité extérieure me fait perdre le sens de ce don".

Au fur et à mesure que sa vie avance, Marie-Eugénie sent que sa vie appartient à Dieu. Elle n’est plus la sienne, elle est de Dieu. Tout son chemin de sainteté l’aura conduit à Lui.
"Je suis de Dieu, à Dieu, pour Dieu. C’est par amour que Dieu m’a créée, qu’il m’a tout donné, que l’œil toujours fixé sur moi il m’a préservée, enseignée, il a attendu de moi que toutes mes actions, toutes mes pensées, toutes mes affections soient dirigées vers Lui.... Pourquoi craindre, Il faut m’appuyer sur l’amour créateur et rédempteur, y compter pour atteindre ma fin. Dans les difficultés, dans les périls, regarder plus haut, ne pas craindre l’isolement. Dieu est toujours là. Je veux que tous mes actes soient les siens et je tâcherai de les lui donner tous... En tout temps, il faut que j’aille à Lui et que j’attende de Lui tout secours".

Je termine avec les paroles du Pape Paul VI dans son homélie le jour de la béatification de Marie-Eugénie : Les saints parce qu’ils sont les intimes de Dieu ne vieillissent pas ! Retournons tous à nos tâches quotidiennes, en emportant la nostalgie à la fois très humble et très ardente de la sainteté !

Comptons sur Marie pour qu’elle nous aide à aimer Jésus-Christ. (MME)

Que chacun d’entre vous puisse découvrir son propre chemin de sainteté. Que les saints, les témoins qui ont vécu ou vivent près de vous, vous accompagnent,

Soeur Cristina-Maria
Paris janvier 2005

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