L’Eglise, corps du Christ

8.2 - Propositions pour aller plus loin


Le Nouveau Testament utilise des images multiples pour parler de l’Église. D’une part, Dieu sait que nous en avons besoin pour bien comprendre. D’autre part, cela nous rappelle que l’Église, comme Dieu lui-même, ne pourra jamais entrer dans des définitions. L’essentiel échappera toujours à notre finitude. L’image que je retiens est celle de "corps du Christ" (1 Co 12,27). Le corps est à la fois très concret et… spirituel ! Au commencement, le corps du Christ est celui du crucifié. Mais il est, surtout, celui du ressuscité. Or, c’est le même : le corps du ressuscité porte les traces de la crucifixion. Je pense que l’Église est, dans sa réalité concrète, plus souvent corps souffrant, mortel, du Christ, alors que c’est son corps relevé, ressuscité, qu’elle doit incarner. C’est cela, pour moi, le défi essentiel de l’Église. Les petitesses de l’Église sont les nôtres et nous renvoient à nos limites personnelles. Le Christ nous invite (travail de toute une vie) à devenir, en Église, une réalité spirituelle, donc à être animé de l’Esprit du Dieu vivant, de l’Esprit du ressuscité. (…)
L’Église, aussi, est ressuscitée : n’ayons donc plus peur de sa mort. Vivons, en son sein, en ressuscités et que cela se voit !

L’Eglise, toute en paradoxes


L’Église est une et multiple. Elle est locale et universelle. Elle est institution et événement. Elle est affaire d’individus singuliers et communauté englobante. Elle est constituée de jeunes et de vieux. Elle est habitée de conservateurs et de novateurs. Elle est le lieu d’un cadre structurant (une liturgie) et celui de l’advenue sans cesse renouvelée d’une parole libératrice (une prédication). Pourquoi ces dimensions paradoxales ? Dieu est vivant, sa présence se vit par le lien de l’Esprit Saint, en chaque chrétien. Ces paradoxes sont à assumer comme une force et non comme une faiblesse. Plus il y aura de la vie entre eux et plus ce sera le signe d’une Église… vivante qui sort des sentiers battus.


L’Église... Mais lorsque je cherche moi-même à la voir, où la trouver ? De quels traits composer son visage ? Tous ces éléments disparates, dont chacun lui appartient, peuvent-ils même composer un visage ? Oui, je le crois,


Oui, paradoxe de l’Église. Ce n’est pas là vain jeu de rhétorique. Paradoxe d’une Église faite pour une humanité paradoxale, et qui ne s’y adapte parfois que trop. Elle en épouse les caractéristiques, avec toutes leurs complexités et leurs inconséquences, - avec les contradictions sans fin qui sont dans l’homme. Nous le constatons en chaque siècle, et les spécialistes de la critique et du pamphlet - race, hélas, proliférante - peuvent à ce propos s’en donner à cœur joie ! Dès les premières générations, alors qu’elle dépassait à peine les limites de la vieille Jérusalem, l’Église reflétait déjà les traits - les misères - de l’humanité commune.


Pasteur Jean-Sébastien Ingrand

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