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Jubilé d’Or - Sr Ana Catalina

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50 ans de vie religieuse, 70 ans de vie, ils sont passés très vite !

La grande Ste Thérèse d’Avila, disait : "la vie est une nuit passée dans une mauvaise auberge".
C’est vrai, la vie comme une nuit passe très vite, mais je dirai que dans la mauvaise auberge (mauvaise par rapport à la belle maison que Dieu le Père nous a préparée et vers laquelle nous marchons tous), j’ai rencontré de bonnes compagnes et de bons compagnons de route et ensemble, nous avons essayé d’embellir l’auberge et nous continuons de le faire, d’enlever la poussière, de mettre des fleurs, de la musique, d’allumer des lampions, d’embellir la vie car la vie est belle et je l’aime !
Aujourd’hui, en regardant mes 50 ans de vie religieuse, c’est un grand chant d’action de grâces qui monte de mon cœur : comment ne pas te louer, Seigneur mon Dieu pour ta grande fidélité.
Oui, avec tous mes frères et sœurs, je veux louer et rendre grâce au Seigneur pour sa grande Fidélité dans ma vie, malgré mes faiblesses et mes péchés.

Je veux évoquer quelques motifs d’action de grâces.

  • En 1967, deux ans après ma profession religieuse, la Congrégation m’a envoyée en Afrique, c’était mon grand désir ! J’avais 22 ans. Je suis arrivée par bateau en Côte d’Ivoire et ma première destination a été Daloa. Dieu avait mis dans mon cœur cette parole : "Seigneur, que tous te connaissent et qu’ils t’aiment".
    C’était pour moi la première rencontre avec l’Afrique, à travers les élèves, les parents, les gens du village car j’allais souvent à Taïragüe. J’ai découvert le sens de l’accueil, la solidarité, la générosité, la sagesse, la joie de vivre.
    J’ai essayé d’apprendre le bété mais au collège il fallait parler le français. Etant donné que ce n’était pas ma langue maternelle, il fallait me mettre sérieusement au français ! Le beté est resté derrière !
  • En 1973, toujours à Daloa, j’ai été bouleversée lors d’une retraite : Dieu s’est révélé à moi comme mon Père : Abba ! Père ! J’ai compris que mon identité la plus profonde était d’être fille de Dieu, c’était là ma dignité et mon plus grand titre ; je n’étais ni supérieure, ni inférieure à personne, mais sœur de tous. Et désormais, je savais que quoi qu’il m’arrive, Dieu mon Père ne me laisserait pas tomber… Merci Seigneur !
  • En 1981, j’ai été très contente d’être envoyée à Danané. Avec les sœurs de ma communauté, nous étions engagées à fond dans l’Évangélisation du peuple Yakouba dans la ville et dans les villages. Nous travaillions en étroite collaboration avec les deux prêtres de la paroisse, cherchant dans la culture du peuple Dan les valeurs de l’Évangile qui s’y trouvaient déjà.
    Pendant ces années à Danané, j’ai rencontré des chrétiens qui vivaient leur foi de manière parfois héroïque, risquant leur vie ; dans certains villages ils étaient lapidés, mais ils restaient fermes dans leur foi. Merci Seigneur, d’avoir été témoin de leur fidélité qui a soutenu la mienne.
    Un autre motif d’action de grâces pendant ces 8 ans à Danané, a été l’apostolat auprès des jeunes. Avec le P. Henri Gnalla, paix à son âme, j’étais engagée dans la pastorale des jeunes. Parmi les catéchumènes que j’ai accompagnés plusieurs sont devenus prêtres.
    Il y a eu aussi des jeunes filles qui ont commencé leur première formation à la vie religieuse dans notre communauté à Danané ; c’est ainsi que j’ai eu la joie d’accueillir sœur Monique qui est aujourd’hui, notre Provinciale.
  • A partir de 1989 je suis devenue "nomade" au service de la congrégation pour soutenir nos communautés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. J’ai eu la joie de rencontrer le peuple togolais, béninois, camerounais, burkinabé, nigérien. Partout, j’ai rencontré l’Église, des frères et sœurs dans la diversité et la richesse de leur propre culture. Partout le Seigneur m’a accompagnée et protégée fidèlement ; oui, il a été comme dit le psaume 90 « mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûre ».
    Il a toujours été là, même quand je ne le sentais pas. C’est Lui qui m’a soutenue aux heures difficiles, car dans la vie religieuse, comme dans toute vie humaine, nous traversons des moments difficiles. Aux heures où j’ai été tentée de regarder ailleurs et de m’en aller, le Seigneur a été le plus fort. Merci Seigneur !
  • De 2000 à 2006, le Seigneur m’a fait la grâce de vivre à la Maison-Mère où notre Fondatrice, Sainte Marie Eugénie a vécu et où son corps repose. Ma vocation missionnaire s‘est encore élargie car j’étais souvent sur les routes pour rencontrer d’autres sœurs et frères dans d’autres pays d’Afrique et d’autres continents (Amérique du Sud et Centrale, Asie, Europe). J’ai rencontré d’autres églises locales, j’y ai vu l’œuvre magnifique d’éducation que nos sœurs réalisent avec des laïcs. Oui, ça vaut la peine de donner sa vie à Dieu pour faire grandir les autres et pour qu’ils connaissent et aiment Jésus. Merci à ma Congrégation qui me permet de vivre cela !
  • En 2007, j’ai de nouveau été envoyée en Afrique dans une vie encore un peu nomade, pour soutenir nos jeunes sœurs du Cameroun et de la République Démocratique du Congo, deux pays que je porte aussi dans mon cœur car le Seigneur m’a donné des frères et des sœurs que je ne peux pas oublier.
  • Quand j’y ai fini ma mission en 2010, j’ai demandé au Seigneur ce qu’il voulait que je fasse, vu mon âge : rester dans mon pays d’origine l’Espagne, ou revenir en Afrique ? Je crois que j’ai bien écouté sa réponse et la Congrégation m’a envoyée en Côte d’ivoire ; je suis revenue à la case de départ, Daloa ! Joie du retour à ma première maison !
  • Je suis arrivée en novembre 2010 et j’étais heureuse de me retrouver au milieu des élèves du collège, de faire la connaissance de nouveaux amis. Le Seigneur m’a permis aussi de partager un bout de son chemin douloureux avec Lui et avec notre peuple ivoirien ; comme chacun, chacune, j’ai souffert de voir notre pays sombrer là où Dieu ne voulait pas que nous allions. Pendant cette période difficile où la violence nous guettait tous, j’ai eu la grâce de lire l’autobiographie d’un grand homme qui a été capable de ne pas se laisser emprisonner par la violence ni le ressentiment face à l’injustice et à la violence dont il a été victime. Je veux parler de Nelson Mandela. Il est resté libre face à la violence et à l’oppression ; même en prison, il est resté libre intérieurement : "je suis le capitaine de mon âme" disait-il, citant un auteur anglais.
    Merci Seigneur pour ce grand homme que l’Afrique a donné au monde !

Aujourd’hui

Mon action de grâce est de voir notre Église s’enraciner dans notre pays, dans notre diocèse. Quand je suis arrivée à Daloa en 1967, il n’y avait pas un seul prêtre africain ; c’est Mgr. Coty qui est venu à Daloa en 1976 avec l’abbé Guillaume. De même pour la vie religieuse, il n y avait pas de sœurs africaines ; aujourd’hui, les religieux, les religieuses africaines sont là. Les laïcs étaient peu nombreux, aujourd’hui on multiplie les paroisses. L’Évangile a porté son fruit, la petite graine est devenue un grand arbre. Merci, Seigneur !

Je vois aussi, les fruits de l’éducation de l’Assomption à travers les anciennes élèves. Je rencontre avec joie mes premières filles, les 6ème de 1967. Elles sont devenues grand mères, et chose merveilleuse, elles sont restées unies entre elles jusqu’en ce jour, les différences d’ethnies, de religions, de tendances politiques n’ont pas réussi à les séparer. Merci Seigneur !

Je ne peux pas finir sans remercier Dieu pour ma famille, pour mes parents qui m’ont appris à connaître et à aimer Jésus et qui m’ont transmis les valeurs d’honnêteté, de courage et simplicité. Même si c’était dur pour eux et pour mes frères et sœurs de me voir partir, ils m’ont toujours donné la route. Chers parents, n’hésitez pas à encourager vos enfants à suivre l’appel du Seigneur. Il donnera le centuple à vous et à vos enfants. Oui, je peux témoigner de la vérité de sa Parole qui dit : « Nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants, champs, à cause de moi et de la Bonne Nouvelle qu’il ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maisons, frères, sœurs, mère, enfants, champs, (avec des persécutions ) » Mc 10,29. Oui, partout, le Seigneur m’a donné des maisons, des frères et sœurs, des enfants. Merci Seigneur !

Marie a été à l’origine de ma vocation et discrètement elle m’a toujours accompagnée comme une mère. Merci Marie !

Le Seigneur est Bon. Il est infiniment Bon, Il est Fidèle. Chers jeunes, n’ayez pas peur de risquer votre vie avec Lui. Je suis sûre que si vous connaissiez le bonheur qu’il y a à donner sa vie à Dieu, vous seriez à vous bousculer pour aller à sa suite, libres de tout ! Ne vous faites pas d’illusion, ce qui vous séduit un instant passe vite, seul Dieu demeure. Et ce qui est aussi séduisant dans notre vie, c’est d’être avec Jésus et de faire de cette terre, de cette auberge, comme nous dit sainte Marie Eugénie, "un lieu de gloire pour Dieu".

Sr Ana Catalina


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