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Imiter la charité de la Très Sainte Vierge

Sur la Vierge Marie
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C’est une grande consolation pour les âmes qui traversent le désert de la vie et qui sont voyageuses dans ce monde, de considérer souvent la Sainte Vierge comme voyageuse. Dieu n’a pas seulement voulu qu’elle vécût dans la terre de Palestine et dans cette petite maison si pauvre de Nazareth, vénérée aujourd’hui à Lorette1, où elle menait une vie si humble et si cachée. Il a permis qu’elle en sorte pour faire plusieurs voyages dont il est parlé dans l’Évangile.

Le premier est celui de la Visitation, où, portant notre Seigneur Jésus-Christ, recueillie profondément en lui, elle sortait pour montrer sa charité, son affection, son dévouement à sa parente Élisabeth, la mère de Jean-Baptiste, le grand prophète.

Le fruit que l’Église nous engage à tirer de ce mystère, c’est une grande charité. En effet, la Sainte Vierge va, par un motif de charité, répandre le bien qu’elle possède en dedans d’elle-même... Marie d’abord était recueillie en celui qu’elle portait. Ce Jésus, nous le portons aussi, et, en dehors même de la grâce suréminente de l’Eucharistie, nous portons habituellement en tout lieu, en tout temps, notre Seigneur en nous par sa grâce. En tout temps la sainte Trinité, qui a pris possession de nous par le baptême, fait sa demeure au-dedans de nous, quand, bien entendu, nous sommes en état de grâce. Par la confirmation, le Saint-Esprit a fait de notre âme une demeure qui lui plaît, où il réside pour nous donner l’impulsion de la sainteté.

Enfin, dans ces moments bien courts, bien fugitifs, mais bien heureux qui suivent la communion, notre Seigneur Jésus-Christ habite dans nos cœurs avec son humanité. Il y laisse une telle impression que les saints Pères n’ont pas hésité à dire que l’union qui se conclut entre notre Seigneur et l’âme par la sainte communion, ressemble à celle de deux morceaux de cire fondus et mêlés ensemble. Alors la chair de notre Seigneur est unie à notre chair, son âme à notre âme, son cœur bat contre notre cœur.

On appelait les premiers chrétiens Christiferi. Nous aussi, nous sommes des porte-Dieu, des porte-Christ. Vous voyez par là combien il faudrait habituellement se renfermer au-dedans de soi pour adorer ce mystère d’amour, pour se conformer à l’Esprit de Jésus...

La Sainte Vierge restait recueillie au-dedans d’elle-même et portait au-dehors les fruits de cette présence divine qu’elle possédait dans son cœur. C’est par là surtout qu’elle a exercé la charité. Le bon père d’Alzon disait, vous le savez, que Marie avait sanctifié saint Jean-Baptiste en prononçant ces seuls mots : "Bonjour, ma cousine." Et en effet, rien qu’en s’approchant d’Élisabeth, en la saluant, en accomplissant cet acte tout ordinaire de politesse envers une cousine qu’elle vient visiter, Marie apporte le Saint-Esprit et toutes ses grâces. Elle était si dépendante de notre Seigneur, si unie à lui, si complètement sous l’action de la grâce. Elle était si bien la fille bien-aimée du Père, la mère du Fils, elle soutenait avec l’Esprit Saint des relations si étroites, qu’elle communique dans cet acte très simple une grâce suréminente.

Voyez comme la Sainte Vierge a peu parlé. L’Évangile nous rapporte son Magnificat, mais c’est un cantique de louanges.

À part ce cantique, les paroles de Marie sont fort peu nombreuses. Revenons ici, mes filles, à la notion de ce qu’est Dieu. Dieu est le bien infini qui aime à se communiquer. Or, il habitait en la Sainte Vierge et se communiquait invisiblement par elle. Rappelez vos souvenirs, et vous trouverez dans votre vie certaines heures où, en face de personnes silencieuses et vivant sous l’action de Dieu, de quelque personne qui était plus particulièrement pour vous la personnification de Dieu ; ou encore, sur le tombeau d’un saint, vous avez reçu quelque effusion plus grande de la grâce. Pourquoi ? Parce que ces personnes mortes ou vivantes possédaient la grâce de Dieu à un degré éminent.

Il faut demander à Dieu, de savoir, nous aussi, pratiquer la charité dans la paix, dans la patience, dans l’union à Dieu, dans le bon exemple, dans le renoncement au moi, dans l’effusion de ce je-ne-sais-quoi qui n’est pas nous, dans une foi vive, de sorte que, à toute heure, en tout lieu, ce rayonnement de Dieu nous pénètre, nous enveloppe et se répande autour de nous.

Prions aussi la très Sainte Vierge, elle est très désireuse de nous accorder cette grâce, elle qui a mené une vie si humble, si cachée, si ignorée des hommes, qui n’a pas cherché à être vue ou estimée, elle qui ne prêchait pas, qui ne faisait pas de longs discours. Demandons-lui que, nous donnant grâce pour imiter la sainteté de sa vie, elle nous fasse par là pratiquer la charité plus que toute autre chose.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
2 juillet 1876 (extraits)

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