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Hier, la fête du Corps du Christ

Afrique Centrale
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rocesión con el Santísimo Sacramento

Hier, la fête du Corps du Christ dans le Diocèse avait été établie comme "jour du témoignage" sous la devise "fiers d’être catholiques et d’avoir un si grand Roi"... Cela faisait partie d’une campagne de sensibilisation pour l’année 2009 : il s’agit d’une prise de conscience de notre identité en tant que membres d’une famille, d’une culture, d’une histoire... et pour ce mois, de l’Église catholique... l’objectif consiste en ce que les gens se connaissent et se sentent fiers de leur identité. Comme dirait Sainte-Marie Eugénie "être ce que l’on est avec la plus grande plénitude possible".

La messe était à 8 heures du matin. Vers 10 h.30, après la collecte de la "fête des récoltes" , et des avis qui prennent toujours un bon moment, nous étions prêts pour la procession avec le Saint Sacrement qui devait suivre un parcours dans Baham. Je ne pouvais m’empêcher de me rappeler nos processions mexicaines, et en particulier le vécu avec tant d’impétuosité dans Concepción de Buenos Aires et dans Guadalajara !! Quelle ferveur !!
Pendant que nous sortions la bande de musiciens s’empressait derrière le prêtre, qui partait déjà accompagné des enfants de choeur - filles et garçons..., qui portaient l’ombrelle, l’encensoir, les corbeilles remplies de fleurs minuscules jetées en l’air tandis que nous chantions et dansions.
Ils vont suivis de la chorale de femmes, habillées en blanc et portant leurs compléments traditionnels : grelots et autres percussions ... sans oublier les bâtons aux crinières de cheval qu’elles agitent avec une énergie singulière, et les chapeaux à plumes, tous éléments essentiels des cérémonies bamilekés.
Le trajet s’est avéré ardu : près de 10 kms sous un soleil récalcitrant, parcourant des chemins, des routes, des sentiers qui serpentent les montées et les descentes ici larges, là réellement étroites ... comme le paysage même de Baham.

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Procesión con el Santísimo Sacramento

Tout d’abord le trajet nous amène à la Préfecture, nous fait ensuite monter jusqu’à l’Hôpital, pour descendre au marché qui est sur le bord de la route, et finalement, nous arrivons au carrefour Sado pour revenir à l’Église par le côté de derrière. Les petits autels ont été très bien préparés avec des feuilles de palmiers, espèce de natte tissée ou avec des branches de bambou de rafia à l’usage traditionnel . Chaque lieu évoque pour moi les soucis au long de l’année : des formalités, des gestions, des réunions, des activités. Maintenant une Présence les consacre...
Nos élèves Adelaïde et Elizabeth pressent leur pas en avant portant les braises de charbon ; à leur côté va Joseph, l’un des catéchistes, qui prévoit tous les détails de la route ; quelqu’un s’avance aussi, pour enlever les obstacles, et moi , qui cherche les meilleurs angles pour les photos !! Un beau détachement, n’est-ce pas ?
Pendant les 4 heures que dure le trajet, nous chantons tous, nous dansons et crions des "yu yus" au Saint Sacrement !! Ma joie est immense, habitée par ma prière des jours précédents, dans lesquels je perçois fortement l’agir de Dieu : Lui qui a tant fait pour nous malgré tant de gens qui restent indifférents. C’est Lui qui donne abondamment et tant e gens ne veulent pas accueillir Ses dons. Il est Celui qui donne la vie pour tous et il y en a qui le repoussent ou restent indifférents... à l’image du passage d’évangile où Jésus prépare le BANQUET PASCAL, le festin des noces., Lui, l’Époux, est à la fois l’amphitryon, qui dispose et prévoit, celui qui sert la table, qui devient nourriture accessible à tous. Et voilà qu’il nous demande de faire de même...

Il vient à ma mémoire le souvenir de tant de banquets vécus en famille où Doña Tere disposait avec tant de soin chaque détail, de l’apéritif au dessert (et même la température de chaque assiette), ce qui nous semblait tout à fait normal... cela semble évident mais tout le monde ne mange pas pareil.
D’autres sont portés sur les bras ou sur le dos. Quelques vieux marchent à la queue, tout doucement et ils nous rattrapent à chaque arrêt, fiers d’offrir leur humble hommage au Donneur de tout bien. Les gens, surprise, nous regardent passer ; certains nous applaudissent, d’autres nous saluent, d’ autres encore, enthousiastes, rejoignent ce fleuve humain qui passe en semant la Vie. Quelques champs de maïs qui reverdissent accueillent... comme une promesse - Celui à qui est déjà le Pain.
Nous continuons le parcours et je me sens épuisée d’aller et venir le long de la procession pour les photos, mais le courage des gens me donne de la force. Les gens ne marchent pas, ils dansent !! Beaucoup d’enfants participent sans même pouvoir au-delà de celui qui va devant, du à leur petite taille.
Sur le marché j’observe quelques enfants de la rue parmi lesquels se trouve le petit Dieudonné, handicapé, d’environ 10 ans, et qui avait été adopté il y a six mois par une des institutrices ; nous l’avions inscrit dans une classe au Primaire, mais il s’est échappé ... et le voilà avec deux ou trois garçons, l’un d’eux plus grand et visiblement perturbé. En fait le papa de Dieudonné, handicapé lui même, vit aussi sur le marché, la maman est morte. Plusieurs personnes ont essayé de l’ aider, sans y avoir réussi...
En regardant ces enfants, je supplie le Seigneur que ce banquet de Vida puisse les atteindre... et je m’interroge aussi sur ce que nous pouvons faire pour eux...

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Procesión con el Santísimo Sacramento

Sur le marché je trouve aussi Brigitte Babette, une élève qui a fini cette année ; elle porte sur sa tête un récipient d’arachides qu’elle essaie de vendre. Elle est protestante et observe la procession avec respect. Je m’approche d’elle et elle m’explique que personne ne veut lui payer ses études pour l’année suivante. Elle veut travailler à l’école... c’est une bonne élève...
Dieu nous envoie une remplaçante pour Carine Flore qui, étant dans la même situation, nous a aidé cette année à la Bibliothèque. Cette dernière est venue vendredi dernier pour remercier de l’argent que nous avons pu lui donner et grâce auquel elle pourra s’inscrire l’année prochaine au baccalauréat technique de Bandjoun.
Dans mon cœur, je remercie le Seigneur de ces rencontres, et je lui demande de pouvoir continuer de servir à cette table où ses dons sont préparés pour les plus pauvres de nos frères... comme il es dit dans ce passage d’évangile où il s’agit d’inviter les handicapés, ceux qui ne peuvent rien donner en retour.
Nous voilà arrivés à l’Église et il nous reste encore de l’énergie pour danser en l’honneur du Seigneur ; on me donne la crinière de cheval pour danser avec le groupe de femmes... ensuite, quelques chants d’adoration nous submergent dans un silence plein d’admiration et de reconnaissance... En Lui nous formons un un seul le Corps.

Vers 15h30 nous partageons le banquet de la table, en suçant les tendres os de deux poulets qui sont sortis du volailler pour l’occasion, puisque manger du poulet est pour nous quelque chose d’exceptionnel. Toutes les sœurs de la communauté sommes épuisées (comme des araignées désinfectées), mais dans l’après-midi, avec 8 jeunes, il nous faut préparer le "Camp Biblique" qui chaque année donne aux enfants des villages, la possibilité de connaître la Bible, avec une méthode active et adaptée, créée par l’Assomption de l’Afrique de l’Ouest... et nous voilà plongées dans la préparation de cet autre banquet... avec une immense joie

Ana Senties, r.a.
Baham - Cameroun

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