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Fête de saint Dominique

Ses écrits

Je voulais vous dire un mot aujourd’hui du saint dont nous célébrons la fête et auquel nous avons toujours eu une grande dévotion. Vous savez que saint Dominique a été formé dans l’Ordre de saint Augustin. Il était chanoine régulier. Longtemps il avait étudié, il avait prié, il avait suivi la vie monastique, il avait formé en lui les vertus de régularité, de silence, d’obéissance, de fidélité à la prière, d’amour de l’Office divin, toutes choses qui ne s’acquièrent que par la pratique, et sans lesquelles on ne peut, au risque d’un très grand danger, aller se dévouer au salut des âmes.
Je vous dis ceci, parce que vous devez être persuadées que pour nous, la chose la plus importante est de se former à la vie régulière, d’avoir un grand et parfait amour de la Règle, de l’observer en tout, afin qu’elle passe par-dessus toutes nos vues ou nos conceptions propres pour le bien. Nous ne pouvons être de bonnes religieuses de l’Assomption qu’à la condition de procurer le bien selon la Règle, et non selon l’idéal que notre esprit se forme, en ayant par-dessus tout une grande application à l’oraison et à l’Office divin.
Je regrette quelquefois que vous, qui êtes venues plus tard parmi nous, vous voyiez les personnes en charge, obligées par l’âge et par la multiplicité des occupations, de se dispenser de l’Office divin au choeur et des heures régulières quant à l’oraison. Mais j’aime à vous dire que, quand nous étions jeunes, nous assistions à tous les offices, et même, pendant un certain temps, nous nous levions la nuit pour réciter Matines. L’Office divin a été un des grands amours, une des grandes dévotions sur lesquelles s’est établie notre Assomption.
De même, quand on a plus de forces, quand on est plus jeune, on peut aisément se passer de toutes choses, on peut vivre dans une plus grande pauvreté, qui se reconnaît dans tout ce que l’on a à son usage.
C’est sur ces habitudes de vie régulière, mes soeurs, qu’il faut baser toute notre vie religieuse.
Mais je reviens à saint Dominique. Pourquoi a-t-il quitté l’Ordre où il avait été ainsi formé, et où il avait reçu tout ce qu’il devait donner ?
Il faut bien se représenter que, dans ce temps-là, le Chapitre d’une petite ville d’Espagne, composé de religieux d’une très grande observance, rayonnait très peu tout autour. Il n’y avait pas de chemins de fer, les routes étaient mauvaises, on ne pouvait voyager qu’à dos de mulet, à pied, ou dans de mauvaises voitures.
Un religieux d’un Ordre monastique comme celui-là, confessait si quelqu’un venait se confesser dans la chapelle du couvent ; il prêchait quand c’était son tour ; il priait, il étudiait, il chantait l’Office divin.
Voilà à peu près quelle était sa vie.
Or Dieu a appelé saint Dominique à être un remède contre les hérésies de cette époque, contre les bouleversements de foi, de moeurs et de piété qui désolaient alors tout le midi de la France. Rien ne peut donner une idée de ce qu’était l’hérésie des Albigeois. Avant-coureurs des Protestants, ils ravageaient les provinces du midi.
Il n’était pas extraordinaire qu’un chanoine se donne à l’apostolat.
Nous voyons dans la vie du vénérable de la Salle, que, parce qu’il était chanoine, les vicaires généraux le prenaient pour aller prêcher les missions dans les campagnes, bien qu’il eût dévoué sa vie à
l’instruction des enfants pauvres. Il n’est donc pas étonnant que saint Dominique ait obtenu cette permission.
Seulement, dès qu’il vit que la mission était immense, il comprit qu’il lui importait d’avoir avec lui des hommes qui seraient des apôtres ; des hommes qui, dans leur mortification, dans leur zèle, dans leur science, dans leur amour de l’Office, auraient pour but le salut des âmes. C’est ainsi que se forma l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Il y a quelques côtés par lesquels nous avons une ressemblance avec les dominicains, comme ils aiment à le reconnaître. En résumé, qui doit avoir de la dévotion à la très Sainte Vierge, si ce n’est nous, filles de son Assomption ? Saint Dominique n’a pas dispensé ses religieux des observances régulières. Il leur a laissé le silence, la mortification, l’obéissance, l’Office. Tout ce que fait un augustin dans l’intérieur de son monastère, un bon dominicain doit le faire dans sa vie de zèle et d’apôtre.
Eh bien, mes soeurs, ceci est un exemple pour nous. Quelquefois on est tenté dans sa vie, à cause du bien des âmes qu’on a à procurer par les oeuvres extérieures, de se départir en quelque chose de ce qui est le fond sans lequel nous ne sommes pas vraiment religieuses.
Voyez les Congrégations où l’on se dévoue exclusivement à la vie active, comme les soeurs de Charité : elles se sont appelées servantes des pauvres et non pas religieuses. Elles ne se sont pas imposé ce qui constitue le plus la vie religieuse, comme le silence, le Chapitre, et elles disent à qui veut l’entendre : « Pour nous, nous ne sommes pas des religieuses. »
Nous, au contraire, mes soeurs, nous sommes religieuses.
Par conséquent, c’est sur ce fond qu’il faut bâtir. Il faut être avant tout des religieuses de l’Assomption, très fidèles dans l’obéissance, dans la prière, très désireuses que, depuis le matin jusqu’au soir, la Règle soit accomplie dans les lieux où nous sommes, et qu’elle règne par-dessus tout.
J’ai vu dans certains monastères dominicains une exactitude parfaite à cet égard. Dans celui de Lyon, par exemple, on a fait, dans l’intérieur de la partie réservée aux religieux, des parloirs pour que les religieux qui ont à se parler aillent dans ces parloirs et non dans les autres lieux où la Règle ordonne de garder le silence. Ici, mes soeurs, vous avez la salle de communauté, où l’on peut parler en temps de silence, et où vous pouvez toujours aller pour dire modestement et à voix basse ce qui est nécessaire. Cet amour de la régularité est justement une des choses admirables dans saint Dominique.
Représentez-vous cet homme qui a quitté son monastère, qui est toujours sur les routes, sur les grands chemins, prêchant tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre, visitant tout le midi de la France, ces pays alors bouleversés par l’hérésie et par la guerre. Au milieu de cela, il observait la Règle aussi fidèlement que s’il était à l’intérieur du monastère. Il priait, il gardait le silence. Il avait un compagnon avec lui ; quand c’était l’heure de s’entretenir, il s’entretenait des choses de Dieu. En un mot, dans cette vie désormais jetée au-dehors, il emportait la fidélité monastique et l’amour des moindres observances régulières.
Faisons cela, mes soeurs. Que les oeuvres extérieures, que les occupations auprès des enfants, que le soin de faire réussir des examens, que l’obligation de satisfaire les personnes du dehors, que les sorties et même les voyages, que tout cela laisse voir en nous la religieuse toujours attachée aux observances régulières, à l’Office, au silence, à la pauvreté, à la vie commune, à l’obéissance, et enfin à tout ce qui constitue la vie religieuse, sur laquelle se fondent l’amour et le zèle du salut des âmes.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Instructions de chapitre : 4 août 1878

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