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Fête de la Trinité - Sr Sophie Ramond

Année liturgique 2011-2012 [B]

 

Le texte du Deutéronome que la liturgie de ce jour nous propose est en réalité la conclusion d’un long discours que Moïse adresse au peuple. Son affirmation centrale est que Dieu est le Dieu d’Israël, le seul Dieu !
Le peuple y est invité à contempler tout ce qui est arrivé sur la terre depuis la création du monde et à comparer sa propre histoire à ce qu’ont vécu d’autres peuples. Les deux faits déterminants de la relecture de l’histoire que Moïse propose sont la théophanie du Sinaï, avec la proclamation de la volonté divine du milieu du feu, et la sortie d’Egypte. Le premier événement manifeste que le Dieu qui est au ciel a fait entendre sa voix du milieu de la flamme et s’est révélé comme le tout Autre. Le Dieu parlant du milieu de la flamme se manifestera dans le feu de l’Esprit (cf. Ac 2, 1-4). Le second événement, la sortie d’Egypte, est l’action de Dieu en faveur de son peuple, qui l’a conduit de l’esclavage à la liberté. L’expression signes et prodiges qui résume les interventions divines s’appliquera à la mission terrestre du Christ (cf. Ac 2, 22).
Il n’y a rien de comparable à ces événements dans toute l’histoire de l’humanité. Le but de cette relecture est alors d’amener le peuple à reconnaître que le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, et il n’y en a pas d’autre. En réponse à ce que Dieu a accompli pour lui, Israël est appelé à l’adorer et à observer ses commandements. En réponse à ce que Dieu a accompli pour nous par son Fils et par le don de l’Esprit, nous sommes invités à l’adorer et à mettre en lui notre espoir (Ps 32, 30).
 
Dans la lettre aux Romains Paul déploie la vie chrétienne comme un chemin d’exode que le chrétien entreprend conduit par l’Esprit. Les croyants sont en effet appelés à sortir de la servitude et de la peur pour entrer dans la conduite du Fils. Il s’agit de sortir d’un pays d’esclavage pour accueillir un esprit de filiation. L’Esprit fait vivre aux croyants une véritable expérience de libération, il les détourne de la voie de la servitude. Il est celui par qui ils sont capables de nommer Dieu Père, Abba. Il fait d’eux des enfants de Dieu, frères et sœurs du Christ, cohéritiers avec lui, à condition toutefois qu’ils en suivent la voie pascale : si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. Ainsi les croyants mèneront-ils une vie selon l’Esprit, c’est-à-dire ajustée à la volonté de Dieu. Dès à présent, grâce à l’Esprit, ils partagent la relation de Jésus avec son Père. Ils la vivront pleinement, dans la gloire du Christ ressuscité.
 
La finale de l’évangile de Matthieu est le seul passage de l’Ecriture à annoncer un baptême en la Trinité, Père, Fils et Esprit. Dans le reste du Nouveau Testament, il s’agit d’un baptême dans le Christ, parfois dans l’Esprit. C’est la formule de Matthieu que nous utilisons dans les liturgies baptismales.
Cette finale de l’évangile, construite en parallèle avec Ex 3, 1-12, révèle que Jésus est avec nous dans la mesure où nous accomplissons notre mission. Sa promesse d’être présent avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, est une exigence : l’Eglise est fidèle à son Seigneur quand elle accomplit ce qu’il lui commande. Matthieu conclut ainsi son œuvre par une scène où il reprend les données majeures de son récit en l’ouvrant sur le présent d’une Eglise née de la dynamique de Pâques. L’action des disciples comptera trois étapes : la proclamation de l’Evangile du Royaume, l’administration du baptême et la formation à la vie chrétienne. L’Eglise qui reçoit cette mission est une Eglise où cohabitent prosternation et doute. Contrairement à ce qu’indique la traduction liturgique ce sont les mêmes qui se prosternent en un geste d’adoration et qui doutent : la foi reste un risque et c’est par l’engagement missionnaire que les disciples vaincront leurs doutes. Ceux qui ont laissé l’enseignement de Jésus transformer leur vie sont appelés à partager aux autres cette expérience. Cette mission aboutira à une communauté qui s’identifie par le rite d’un baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Grammaticalement, il s’agit d’une formule d’appartenance, issue du langage commercial (être baptisé au compte du Père, du Fils, du Saint Esprit). Ainsi les croyants appartiennent au Père, au Fils qui a révélé le vrai visage de Dieu, et au Saint-Esprit qui, dans le Jourdain, a consacré le Fils pour sa mission.
 
Sr Sophie Ramond, ra
Paris-Lemercier - France

 


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