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Epiphanie 2020 - Sophie Ramond

Année liturgique 2018-2019 [C]
Matthieu est le seul des quatre évangélistes à nous parler des mages venus d’Orient, en suivant une étoile, pour honorer la naissance de Jésus. Ce sont de grands migrants : ils ont quitté leur pays, au signe d’une étoile. Ils pratiquaient la divination, en interrogeant les astres, et voici qu’une étoile leur a appris la naissance d’un roi des Juifs. Ils se sont mis en route et ils ont tout tenté pour le trouver. 
Les aurions-nous suivis ou simplement accueillis ces hommes venus de loin, pratiquant une religion qui n’est pas la nôtre, mi-savants, mi-astrologues, au langage barbare et aux coutumes étranges ? Toujours est-il qu’ils ont parcouru un long chemin et ont bravé bien des dangers pour se rendre à Jérusalem, capitale d’un tout petit pays. 
À Jérusalem, Hérode appelle les scribes et leur fait lire les Écritures. Mettant en relation de façon complètement inédite des textes jusque-là demeurés silencieux et épars, les scribes font une lecture pleine de clairvoyance du prophète Michée (5,1) qu’ils associent de façon unique à un autre texte de l’Écriture (2 Samuel 5,2) désignant le berger qui régnera sur Israël. Leurs yeux ont su lire et reconnaître le lieu de naissance du roi des Juifs. Mais ils ne prendront pas le chemin avec les mages. 
Des devins étrangers, et pour le moins suspects, ou des autorités juives interprétant correctement les Écritures, qui aurions-nous suivi ? 
Les textes de ce jour nous bousculent. Ils nous font rejoindre les caravanes de Saba, bruyantes et colorées, les longues files de chameaux ; ils nous mettent en chemin avec ces mages insolites, qui réorientés par l’Écriture entendue à Jérusalem retrouvent l’étoile providentielle. Ils nous font délaisser nos sociétés policées, les sécurités de nos vies confortables, nos cadres familiers et les visages bien connus… Ils nous questionnent : quels inconnus pourraient nous surprendre et nous mouvoir ? Quelles Écritures parlent à nos cœurs et nous tracent la voie ? Quelle étoile nous fait signe ? Ils nous rappellent que Jésus fut d’abord et reste le Messie d’Israël. 
Les mages, eux, nous enseignent que l’homme est un perpétuel voyageur, qui doit renouveler constamment son horizon et ne s’arrêter nulle part, sous peine de cesser de vivre intensément. Ils nous font comprendre que la vie est une incessante transformation et qu’on ne se trouve soi-même qu’à travers mille renouvellements… Entendrons-nous l’appel et nous agenouillerons-nous pour adorer avec les mages ? La tradition a nommé le premier Balthasar. Il apporte les richesses des nations et l’or pour honorer le roi dont le règne n’aura pas de fin. Avec lui s’assemblent tous les messagers des louanges du Seigneur, les hommes et les femmes au cœur pénétré de la lumière de la foi, aimant jusqu’à l’adoration. Le second, Melchior dont le nom signifie « mon roi est ma lumière », s’incline humblement devant le Seigneur éblouissant de sainteté, qu’il honore en lui offrant l’encens. Il porte l’espoir des hommes et des femmes de ce temps. Avec lui s’assemblent tous ceux qui, dans la nuit, aspirent à un monde réconcilié. Le troisième, Gaspar, a dans ses mains la myrrhe utilisée pour les parfums des noces et des ensevelissements, l’huile d’onction pour les prêtres et les objets de culte. Avec lui s’assemblent les gardiens de la vie, les sentinelles de l’aurore, ceux qui font revivre ce qui s’étiole et pousser ce qui germe. Et toi ? 

Sophie Ramond

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