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En l’Église Saint-Eustache

Dans Paris


A l’origine (XIIe siècle ou avant), simple chapelle construite au bord d’un chemin : lieu de rencontres des classes sociales.
Devenue paroisse, cette chapelle fut remplacée par une nouvelle église, consacrée en 1637, 200 ans avant qu’Anne-Eugénie y rencontre l’abbé Combalot.
Ce quartier fut, jusqu’en 1969, celui des Halles, des marchés et des marchands, surnommé “le ventre de Paris”.
Aujourd’hui, au cœur d’un quartier transformé, c’est à une faim spirituelle que l’église doit encore répondre. Sur la place René Cassin toute proche, la sculpture d’une tête d’homme pensive, soutenue par sa main, symbole de la réflexion et de l’écoute.


1837 Anne-Eugénie a 19 ans


L’abbé Lacordaire, qu’elle a rencontré après les conférences de 1836, est à Rome. Sur ses conseils, elle lit, elle prie souvent, comme elle peut, “car je n’avais point de guide et j’étais fort peu instruite de tout ce qui touche le service de Dieu”, elle attend. C’est à nouveau le Carême.
Elle raconte les circonstances qui l’ont amenée à s’adresser à l’abbé Combalot :


“Le confesseur que ma mère m’avait autrefois donné était mort... il fallait en choisir un. Mais où le trouver ? J’y pensais le jour et la nuit. Les personnes les plus pieuses que je connusse me proposaient le leur. Madame Foulon me proposait l’abbé Combalot qui prêchait à Paris” (n. 1509).


C’est ainsi qu’Anne-Eugénie voit et entend d’abord l’abbé Combalot à Saint-Sulpice. Sa parole était ardente, mais sa façon ne plaisait pas à la jeune fille.


“Enfin, vers la fin du Carême, quand il n’y avait plus à remettre, je fis un rêve qui me parut un indice de la volonté de Dieu. Quel était ce rêve ? Nos sœurs y ont attaché beaucoup plus d’importance que moi. Il n’avait été alors pour mon âme que le grain de sable qui fait pencher une balance indécise.
J’avais dans ce rêve, vu Monsieur Combalot sous les arceaux d’une belle église gothique qui m’était inconnue, il m’avait parlé avec force, avec autorité... et comme je me plaignais de ce qu’il y avait de dur dans sa parole, il m’avait dit : “Obéissez-moi d’abord sans attrait, l’attrait viendra après” (n° 1509).
“En me réveillant, je fus frappée de tout cela ; je me dis : Peut être Dieu le veut ; et j’allai chercher l’adresse de Monsieur Combalot. On m’envoya à Saint-Eustache. Je n’étais jamais allée à Saint-Eustache, et j’y trouvai l’église de mon rêve, ce qui me fit une grande impression.
Je fis visite à Monsieur Combalot, qui me reçut assez mal et me dit : “Il faut venir me trouver avant ma messe à 6h.1/2”. Puis, il ajouta : “Avez-vous beaucoup de dévotion à la Sainte Vierge ? - Eh bien ! oui, j’en ai, mais pas beaucoup... - Alors, il n’y a rien à faire de vous”.
Cependant, je voulais me confesser, j’allai à lui, et au bout de quelque temps, j’en fus fort satisfaite. Comme confesseur, Monsieur Combalot avait une parole ardente qui soulevait ; ce n’était pas la raison même qui la dictait, mais c’était une parole de foi qui remuait le cœur ; il trouvait dans la parole de Dieu et des Saints des accents tels, que quand on s’était confessé à lui et qu’on allait à un autre, il semblait qu’on ne se confessait plus.
...Il m’avait fait acheter un chapelet et un bénitier que je lui avais donnés pour les bénir. Au bout de quelque temps, je lui écrivis que, pour des raisons sérieuses, j’étais obligée de vivre au milieu de ma famille, je devais tenir compte de leur volonté ; je le remerciai de ce qu’il avait fait pour moi et le priai de me rendre ces deux objets qu’il avait dû bénir et auxquels, par cela même, je tenais davantage ; enfin, je lui dis que je renonçais à sa direction. Je lui fis porter cette lettre par le sacristain, et je restai à prier à l’église. Monsieur Combalot sortit de la sacristie et m’obligea d’entrer au confessionnal. Ce jour-là, il fut d’une tendresse extrême. Il me dit : “Il ne faut pas me quitter, Dieu veut que vous restiez”. Puis, il ajouta vivement : “Il y a quelque chose dans cette lettre. Est-ce que vous avez étudié ? - Mais, mon Père, je ne suis pas restée sans rien apprendre, j’ai reçu l’éducation que l’on donne habituellement aux jeunes filles... - Il y a quelque chose dans cette lettre. Dieu vous envoie, Dieu veut que vous restiez”. C’était en 1837” (MOIc.11). 


Depuis un pèlerinage à Sainte Anne d’Auray, 12 ans auparavant, l’abbé Combalot porte en lui le projet d’une nouvelle congrégation religieuse, consacrée à l’éducation des jeunes filles, sous le vocable de l’Assomption. Son but : “Tout construire sur le Christ”, le faire connaître, étendre son Royaume.
Anne-Eugénie lui paraît la fondatrice recherchée. Mais si ces pensées rejoignent les siennes, elle n’a jamais songé à pareille mission. “Je ne connais pas la vie religieuse, j’ai tout à apprendre et je suis incapable de fonder quelque chose dans l’Église de Dieu”.
Une phrase emporte ses hésitations : “C’est Jésus-Christ qui sera le
fondateur de notre Assomption, et entre les mains de Dieu, les plus faibles sont les plus forts”.


>> Vers l’étape suivante : Saint-Sulpice



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