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De la ruine de son père à la mort de sa mère

1ère partie : Sa jeunesse

La vie reprend son cours ; une année à peine s’écoule avant qu’une véritable tornade ne s’abatte sur sa famille. La famille Milleret est ruinée, totalement ruinée ; vendue la propriété de famille, les scellés sont apposés sur la maison de Metz "comme dans une maison mortuaire". Enterrée, en effet, et à tout jamais, la vie facile, et la joyeuse insouciance de la jeunesse. Pire encore ce drame mine le ménage de ses parents, et les enfants assistent, meurtris et impuissants à leur séparation. Louis, son frère le plus proche, le préféré, le confident de toujours, reste à Metz avec son père (séparation cruelle pour cette adolescente) et Marie Eugénie, elle, part pour Paris, avec sa mère. Tout ce drame, elle le résumera dans cette phrase : "Brisé ce lien de possession qui vous attache même aux lieux. Famille, position, demeure, tout a changé... à peine si je vois une seule personne qui ait été connu de mon enfance."

Dans le désarroi de sa nouvelle vie, Marie Eugénie toute proche de sa mère, connaît auprès d’elle quelques mois de tendresse et d’intimité... Mais la grande épidémie de choléra ravage Paris. En quelques heures, Madame Milleret meurt. Marie Eugénie a 15 ans. Si l’on peu à cet instant imaginer Marie Eugénie, seule et désemparée au milieu d’un champ de ruines, il nous faut regarder de plus près les forces vives qui demeurent en elle, cachées peut-être, mais assez solides et agissantes pour la mettre debout.

Si elle n’était pas très croyante, Madame Milleret n’en était pas moins une excellente éducatrice. Chez ses enfants, elle cherchera à développer "ces vertus naturelles" que sont l’honnêteté et la droiture, le courage et la maîtrise de soi, un certain esprit de renoncement aussi. Elle leur fait visiter les pauvres et les malades du voisinage, et leur apprend bonté et respect à leur égard, ce que Marie Eugénie reconnaîtra "comme une éducation aussi chrétienne que beaucoup d’éducation religieuse." Ainsi, la personnalité de Marie Eugénie s’est trempée dans la rigueur de cette solide éducation.

Les racines de ses ancêtres plongent en Italie, Belgique, France, Luxembourg, et Preisch est aux confins des frontières nord-est de la France. Depuis leur plus jeune âge, les enfants parlent et écrivent couramment l’allemand et le français, chose bien rare à cette époque ! Tout cela contribue à donner une large ouverture (déjà internationale) à l’instruction que reçoivent les enfants. C’est une instruction solide, une culture très grande, alimentées par d’innombrables lectures puisées à la bibliothèque de Preisch.

De plus, les fonctions politiques et sociales de leur père ont mis les enfants, comme malgré eux, en contact avec le bouillonnement des courants politiques, sociaux, économiques de cette époque agitée, des courants philosophiques et religieux de la pensée contemporaine, aussi...

Autant de sujets de réflexion que plus tard charriera le flot inassouvi de ses pensées et de ses interrogations.

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