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Côte d’Ivoire

4 : novembre 2000

Une maman encore jeune, Marie, a perdu son enfant il y a un an et demi. En conséquence, ses seins sont restés pleins de lait ce qui a provoqué un cancer du sein. La femme le cache et quand elle n’en peut plus, elle va chez le guérisseur, le charlatan...

N’ayant trouvé ni soulagement ni solution et allant de mal en pis, elle s’est confiée à nous. Première chose : la conduire chez un médecin amie, une italienne, dont le dispensaire est près de Ste Thérèse à Daloa. Elle a essayé d’aspirer le pus, et de lui faire faire une cure d’antibiotiques. Moi-même, jour après jour, je la soigne. Le mal ne se résorbe pas car il est déjà trop avancé. On fait donc appel au chirurgien, mais Marie s’enfuit ; elle a disparu de peur qu’on lui enlève le sein.

15 jours après, elle revient désespérée ; le mal la tourmente, sans répit. Raccompagnée à l’hôpital, le chirurgien voit que le mal a progressé ; il parle très clairement de l’urgence d’une intervention. Commence une longue série de péripéties pour trouver tout le nécessaire. Si la personne n’a pas de parents qui doivent tout acheter, l’hôpital ne donne rien sauf l’intervention.

Le temps passe : 15 jours, un mois et personne ne parle d’intervention. Tous les jours je vais à l’hôpital. Elle souffre. Les médecins ne se prononcent pas. Alors, je passe d’un médecin à l’autre : Ma Soeur, nous ne vous promettons rien. Sachez qu’il y a aussi quelques jours, une dame souffrant du même mal est morte après l’opération.

Nous (mon amie médecin et moi) faisons pression car Marie souffre, la blessure est profonde, purulente et elle saigne. Mais une forte fièvre vient empêcher l’opération... Une longue semaine de soins permet de faire baisser la fièvre, Marie est très fatiguée, elle a peu de sang à cause de l’hémorragie continuelle. Pourra-t-elle supporter l’intervention ? Attente très douloureuse. Décidée pour le mercredi, l’opération est reportée au vendredi matin.

Le samedi, de bonne heure, ne sachant pas comment j’allais la trouver, je fais pression pour entrer et savoir si elle a été opérée. J’entre. La veille, dans l’après-midi, elle avait été opérée. Mon cœur bat très fort en m’approchant. Je la trouve calme, sereine, presque joyeuse. Je m’agenouille au pied de son lit et je lui demande des nouvelles ; elle me répond qu’elle a un peu mal mais qu’elle se sent bien... Comprenez mon éclat de remerciements à Dieu et à Marie-Eugénie dont Marie portait sur elle une relique. Ensuite, nous avons rendu grâce à Dieu et à Marie-Eugénie ! Seulement 5 jours après, elle est sortie de l’hôpital. Je l’ai amenée jusqu’à la maison de sa fille, pour pouvoir déjeuner avec elle... et... elle avait faim !

Voici l’histoire qui a duré 2 longs mois d’hôpital, de souffrance, d’incertitude... Maintenant Marie est chez elle, joyeuse et reconnaissante.

À ma demande, concernant l’incertitude sur l’avenir, le majeur et un chirurgien m’ont répondu : Ma Soeur, aucun problème...

Aujourd’hui c’est mardi, le jour de la prière dans la communauté de base, et sa joie est de pouvoir participer à la rencontre communautaire du quartier et remercier Dieu et la communauté pour les prières et pour les visites d’amitié et de soutien.

Correspondance de Sr Norberta à Sr Cristina Maria
Daloa en Côte d’Ivoire
Mai 1999

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