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Christ Roi - Sr Bénédicte

Année liturgique 2016-2017 [A]


L’évangile de la Solennité du Christ Roi nous invite à nous laisser impressionner par l’ampleur d’une vision grandiose : nous contemplons la "venue dans la gloire" du Fils de l’Homme, qui s’assied sur son "trône de gloire", et convoque "toutes les nations" en présence de "tous les anges". Nous assistons à une apothéose qui scelle l’épopée de l’Histoire humaine et nous met au seuil de l’Eternité.


Si nous avons l’habitude de contempler Jésus dans sa kénose, comment l’accueillons-nous dans sa splendeur, sa grandeur et son autorité souveraine ? Y aurait-il une contradiction entre ce Juge redoutable dans sa gloire et Jésus miséricordieux, doux et humble de cœur que nous regardons au fil des pages de l’Evangile ? Seul l’Esprit peut élargir l’espace intérieur de notre Foi pour nous permettre d’accueillir tout le mystère du Christ, même si jamais nous ne pourrons le "com-prendre".


Le texte comporte un autre paradoxe : nous sommes à la « fin », au moment où culmine et s’achève l’Histoire ; nous entrons déjà dans l’au-delà du temps. Le regard du Roi embrasse la totalité de l’Histoire humaine. Et cependant son discours porte sur des instants très ponctuels de l’histoire propre de chacun pris personnellement. Il s’agit de rencontres bien concrètes avec d’autres êtres humains qu’on peut n’avoir même pas aperçus tant ils étaient banals ou invisibles à un œil indifférent. Le jugement ne peut se faire en général ou "en gros", car Dieu est Amour et l’Amour n’est jamais abstrait. sainte Marie-Eugénie invitait dans un de ses Chapitres à réfléchir sur l’importance de la vie… La vie, ma vie, unique, d’une importance infinie aux yeux de Dieu, et chaque instant de ma vie, lui aussi unique. Rien n’est banal, rien ne se répète, rien n’est indifférent.


Jésus est bien le Roi de l’univers, mais dans cet autre que j’ai pu ne pas remarquer c’est justement lui, le Fils de Dieu dans sa kénose, qui venait à ma rencontre. Il avançait masqué, pourront lui reprocher certains, mais c’est justement par respect infini pour notre liberté. Le Roi ne s’impose pas, il a d’ailleurs nettement refusé de le faire lorsqu’au désert Satan lui proposait un pouvoir à sa façon, à notre façon. Il est présent à chaque instant de notre vie, mais n’imaginons pas un regard inquisiteur et jugeur de sa part. En effet la sentence du jugement est celle que décide jour après jour notre propre liberté. Lui, le juge, est aussi le berger que nous décrit Ezéchiel dans la première lecture. Son souci, son grand désir, dont nous avons l’écho dans l’évangile de Jean, est de rassembler toutes ses brebis, tous ceux que le Père lui a donnés, pour qu’ils soient avec lui pour toujours. Chaque geste d’amour, si petit soit-il, chaque fois que nous choisissons d’être avec ou pour l’autre au lieu de le nier, est l’apprentissage de cet "être avec Dieu" qui est notre avenir.


Sr. Bénédicte Rollin, ra
Europe du Nord - Vilnius.

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