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Baptême du Christ - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2015-2016 [C]

Le ciel s’ouvre


Le texte d’aujourd’hui correspond en partie à celui que nous avons lu le 3ème dimanche de l’Avent. La partie qui concerne Jean Baptiste a été raccourcie – on ne lit pas sa prédication, et le récit du baptême de Jésus a été ajouté. Comme toujours cela vaut la peine de relire l’ensemble comme Luc l’a écrit.
Cependant la composition d’aujourd’hui en deux brefs paragraphes peut utilement guider notre lectio. Se détachent clairement les protagonistes : dans le 1er paragraphe il y a le peuple qui porte une attente et une question : « Ne serait-ce pas le Messie ? », et il y a Jean qui dit : « Moi… mais LUI… et l’Esprit… ». Dans le 2ème paragraphe il y a Jésus, situé entre le peuple et le ciel ouvert, l’Esprit et la voix du Père.
La première partie nous invite à entrer dans l’attente du peuple. C’est le peuple du 1er Testament qui vit de l’espérance annoncée dans la 1ère lecture : « Consolez mon peuple….Voici votre Dieu ! » Comment accueillir le Don de Dieu si nous-mêmes ne brûlons pas du même désir qu’Israël et ses prophètes ? Plus largement nous pouvons laisser résonner en nous l’immense nostalgie de l’humanité qui, aujourd’hui encore, dans son désarroi cherche, attend, pleure, espère. Cultiver une telle attitude spirituelle nous préserve d’être des repus qui n’ont plus rien à recevoir et qui ne peuvent porter la Bonne Nouvelle puisqu’elle n’est plus nouvelle ni bonne pour eux.
Le texte nous invite aussi à faire nôtre l’humilité de Jean : pas moi, mais LUI ! L’ami de l’Epoux, comme l’appelle l’évangile de Jean, s’efface devant l’Epoux. Nos travaux apostoliques et tous nos efforts en général ne sont-ils pas comme un simple baptême d’eau en attente de leur fécondation par l’Esprit ? Il se peut que nous l’oubliions parfois…
Le tableau offert par la 2ème partie du texte invite à un long regard contemplatif et à une écoute attentive. Regarder Jésus « comme tout le peuple », en tout semblable aux hommes, un parmi ses frères et sœurs, entrant dans l’eau de leur pénitence : insondable mystère du chemin d’Incarnation ! Le regarder prier, comme nous le montre souvent Luc. Quelle peut être sa prière en ce moment… quel désir, quelle action de grâce, quelle supplication, quel silence d’adoration aimante ? Et le ciel qui s’ouvre, symbole biblique d’une incroyable proximité de Dieu, du chemin rouvert vers la communion perdue au Jardin d’Eden. La colombe – douceur divine, rappel de l’Alliance de paix offerte à Noé. Quelle peut être l’expérience que Jésus fait de l’Esprit que Lc mentionne si souvent dans les premiers chapitres de son Evangile ? Et comment Jésus entend-il les mots du Père : « Toi, tu es mon Fils bien aimé ; en toi je trouve ma joie » ?
Nous pouvons oser nous tenir dans ce mystère Trinitaire qui s’ouvre à nous en cette fête, nous tenir à l’ombre de l’Esprit, nous laisser « com-prendre » au lieu de chercher à comprendre. En sachant que ce mystère est le fondement même de notre existence depuis notre baptême !


Sr. Bénédicte Rollin,
Vilnius, Europe du Nord



Lc 3,15-16. 21-22

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