Avent

Année liturgique 2005-2006 [B]

- 4e dimanche de l’avent : 18 décembre 2005 : Dieu sauve...
Dans une ville de Galilée, un jour, une femme vit une expérience de Dieu définitive pour l’histoire. De cette expérience et du consentement de Marie dépend l’accomplissement du salut.
La salutation de l’ange : "Réjouis-toi pleine de grâce", évoque la finale du prophète Sophonie (3, 14) où Jérusalem est invitée à partager la joie de Dieu qui vient à sa rencontre. Marie est appelée à remplir la figure de la fille de Sion ; elle représente les humbles qui accueillent le Seigneur et elle rend présent la prophétie : en elle Dieu vient habiter au milieu de son peuple. L’ange lui décrit ce que sera la fonction de l’enfant à naître, en le présentant comme le Messie davidique. Marie, qui n’est pas stérile mais vierge, ce qui est une situation radicalement nouvelle dans la Bible, objecte son état et pose la question du comment. La réponse est que Jésus (Dieu sauve), ne sera pas seulement le Fils du Très-Haut en recevant le pouvoir royal davidique ; il sera appelé Fils de Dieu, car créé par la puissance de Dieu dans l’action de l’Esprit Saint. La promesse de Dieu à son peuple s’accomplit dans l’inouïe de cette naissance virginale. Et elle s’accomplit dans ce qui signe la disponibilité de Marie : "Qu’il me soit fait selon ta parole". L’accueil que Marie fait à la parole de Dieu est, sans réserve, accueil d’une vie nouvelle.
Dieu, une nouvelle fois et de façon définitive, se manifeste comme le Dieu qui sauve en donnant la vie. A nous ce mystère est révélé. Soyons de ceux qui savent porter un regard de foi et d’espérance sur le monde ; qui savent, dans l’inattendu de leurs vies, reconnaître le Seigneur ; qui savent, comme nous y invite saint Paul, entendre la bonne nouvelle de la venue du Sauveur et y consentir par l’obéissance de la foi...

- 3e dimanche de l’avent : 11 décembre 2005 : Jésus est l’aujourd’hui de la grâce de Dieu.

Il y eut un homme, Jean, venu de la part de Dieu pour témoigner. Ce témoin pose question : on l’interroge alors pour savoir qui il est. Curieusement il ne répond pas en déclinant son identité ; il détourne l’attention de sa personne pour tourner les regards vers Jésus. Lui-même n’est que la voix qui ouvre le chemin au Messie, celui aussi qui donne le baptême d’initiation en vue du baptême dans l’Esprit.
Jean-Baptiste porte donc témoignage à Jésus, la vraie lumière qui éclaire tout homme, c’est-à-dire le principe qui permet à tout homme de se comprendre lui-même. C’est la Bonne Nouvelle, la joyeuse nouvelle qu’il nous faut entendre aujourd’hui : le Messie envoyé par Dieu est comme une lumière que tous nous pouvons voir et grâce à laquelle, passant, tels des aveugles recouvrant la vue, de l’obscurité à la clarté, nous percevons la révélation divine. Comme l’annonce le livre du prophète Isaïe, la mission du Messie est de proclamer et d’inaugurer en sa personne une ère de grâce, de pardon, de délivrance ; c’est le temps de la bienveillance divine. Ainsi en Jésus, les promesses de Dieu deviennent pleinement réalité. Jésus est l’aujourd’hui de la grâce de Dieu. En Lui, toute notre vie a pris sens. Nous sommes faits pour la vie, pour être fils de Dieu, à l’image du Christ. Et comme le proclame saint Paul : « Il est fidèle, le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira ». Alors, en ce dimanche de Gaudete (c’est l’appellation traditionnelle de ce troisième dimanche, en raison du premier mot de l’antienne d’ouverture de la messe), entrons dans la joie : l’amour et la grâce de Dieu rendus visibles en Jésus sont définitifs ; le salut n’est pas à chercher mais à accueillir. Oui, soyons dans la joie : le salut est déjà donné !

- 2e dimanche de l’avent : 4 décembre 2005 : Bonne Nouvelle : Dieu sort de lui-même pour aller au-devant de l’homme !

En ce second dimanche de l’Avent, la liturgie nous fait ouvrir l’évangile de Marc. Marc comprend et présente son œuvre comme une Bonne Nouvelle. C’en est une comme celle qu’on trouve au livre du prophète Isaïe, dans un message de consolation au peuple en exil : une messagère doit élever la voix et annoncer la bonne nouvelle que Dieu est de retour. A un peuple dans la détresse, Dieu annonce qu’Il apporte le réconfort : Il va renverser les situations ; abaisser les obstacles à l’Alliance, combler ce qui sépare de Lui, rendre droit ce qui est tortueux ; révéler sa gloire ; conduire son peuple comme un berger son troupeau. Voilà la Bonne Nouvelle : Dieu va venir dans le désert de l’humanité ! Il vient conforter l’humanité bien-aimée ; elle n’est plus laissée à ses propres forces.
L’Evangile commence donc avec cela, un joyeux message : Dieu revient. Dieu sort de lui-même pour aller au-devant de l’homme ! Jean-Baptiste est le nouveau messager, qui prépare la route au Seigneur venu visiter son peuple, dans la faiblesse de l’amour offert. Il annonce que Jésus baptisera dans l’Esprit Saint, qu’avec le don de L’Esprit, il apportera de façon décisive le pardon des péchés.
Jean-Baptiste a frayé le chemin à l’arrivée de Dieu en la personne du Messie, mais il invite en même temps à se préparer intérieurement à accueillir la souveraine proximité de Dieu se faisant homme. Le temps de Dieu est celui de la patience, comme nous le rappelle la lettre de Saint Pierre : "il veut que tous aient le temps de se convertir". Le don que Dieu fait de lui-même demande à être accueilli. Saurons-nous cultiver en nous le désir de Sa Présence ? Saurons-nous rester disponible au radicalement neuf que Dieu veut créer en nos vies ?

- Premier dimanche de l’avent : 27 novembre 2005 : "Je le dis à tous : Veillez !"

Jésus assure les disciples de sa venue et les exhorte à l’attente. L’attente est appelée à devenir un mode de vie, marqué à la fois par l’acceptation de ne pas tout maîtriser (puisqu’on ne saura ni le jour ni l’heure) et par une nouvelle identité, celle de fils et de filles, puisque tout pouvoir nous est donné, dit la parabole. Cette identité est d’ailleurs corroborée par la lettre de saint Paul : le Dieu fidèle, qui nous fera tenir jusqu’au bout, nous "a appelés à vivre en communion avec son Fils" ».
"Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais", implore le livre d’Isaïe. Or, pour Jésus, au baptême, les cieux se sont ouverts afin de laisser descendre l’Esprit. Et, pour nous, en Jésus, ils se sont déchirés aussi. En Lui, Dieu est venu à notre rencontre et dans ce temps de l’attente, Il nous a laissé son Esprit. Un Autre agit en nous et par nous, mais pas sans nous ! C’est pourquoi, Jésus exhorte de manière impérative à veiller. Le retour du Seigneur surviendra à l’improviste. Alors c’est au présent qu’il nous faut préparer cet avenir. Une veille continue est dutant plus requise qu’il ne s’agit pas d’attendre un quelconque événement ; il sagit d’attendre quelqu’un : Jésus. La rencontre avec Celui dont le retour glorieux est certain se construit dès aujourd’hui, dans une humble fidélité quotidienne.
C’est bien à nous que Jésus s’adresse : "Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !" Entrons donc avec détermination dans ce temps de l’Avent : c’est pour nous le temps de nous préparer au mystère de Dieu fait homme, le temps de raviver notre attente du retour du Christ en gloire. Qu’il soit pour nous un temps d’intériorité, d’émerveillement devant le don de la proximité de Dieu, d’intensification de notre désir...

© Sr Sophie Ramond, r.a.
Religieuse de l’Assomption.

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