7ème dimanche de Pâques

Pâques




Les lectures de ce septième dimanche de Pâques ont pour point commun de déployer le thème de la prière.

Dans les Actes des Apôtres, au grand prêtre qui l’interrogeait, Etienne a tenu un discours au terme duquel il accuse ses adversaires de résister à l’Esprit saint. L’Esprit saint, dont il est lui-même rempli, lui donne alors de contempler la gloire invisible de Dieu et Jésus ressuscité à la droite du Père. Les membres du sanhédrin, exaspérés à l’extrême, le lapident hors de la ville sans même prendre le temps de prononcer une sentence de mort. Etienne s’endort dans la mort en prononçant deux paroles, qui sont les exactes répliques de celle du Christ (cf. Lc 23, 34. 36), prononcées de même d’une voix forte : Seigneur Jésus, reçois mon esprit et Seigneur, ne leur compte pas ce péché.

Avec la mort d’Etienne l’antagonisme aux Apôtres et aux disciples de Jéuss atteint son degré ultime. Etienne n’est pas seulement le premier martyr, un homme qui est mort pour la foi, il devient le modèle du témoin, puisqu’il ne meurt pas seulement pour Jésus-Christ, mais comme lui. Ainsi, quand bien même la proclamation de notre foi ne nous conduirait pas jusqu’à la mort, il nous est néanmoins révélé deux attitudes qui nous rendent particulièrement conforme au Christ : le refus de répondre au mal subi par la violence, le renoncement au jugement de valeur sur les agresseurs. Etienne, pas plus que Jésus au moment de sa Passion, ne se préoccupe d’établir la culpabilité de ses accusateurs. Il demande au Seigneur de leur pardonner ce péché. Etienne fait du mal qu’il subit le lieu du don de soi, préférant être victime de la violence plutôt que d’ajouter à l’engrenage du mal. La seconde attitude, qui rend possible la première, est l’abandon. Comme Jésus avait remis au Père son esprit au moment de mourir, Etienne remet le sien à Jésus. Mais si mourir c’est remettre son esprit entre les mains de Dieu, vivre c’est se recevoir de Lui. Tout homme, toute femme, sont appelés à cet abandon et à cette confiance.

 

L’épilogue de l’Apocalypse est tissé d’allusions aux liturgies qui rassemblaient les chrétiens du 1er siècle. En chaque célébration, le Seigneur vient. Il nous annonce sa pleine venue qui jugera notre vie et nous donnera la pleine réalité de ce que nous recevons déjà dans les sacrements du baptême (ceux qui lavent leurs vêtements) et de l’eucharistie (les fruits de l’arbre de vie). L’Esprit est présent dans l’Epouse, c’est-à-dire l’Eglise assemblée pour sa liturgie. En elle, l’Esprit attise notre désir de voir un jour sans voile le Christ et ses bienfaits dont les sacrements nous donnent l’avant-goût. A la suite de l’Apocalypse, notre acclamation d’anamnèse à l’eucharistie, chante : Viens, Seigneur Jésus ! Ce qui traduit l’araméen maranatha, dans la langue de Jésus. Même les chrétiens grecs usaient de cette formule dans leurs liturgies (cf. 1 Co 16, 22). On peut lire : maran atha : le Seigneur vient (il est là) ou marana, tha : Seigneur, viens ! Les deux sens sont inséparables : en chaque eucharistie, le Seigneur vient raviver notre désir de sa pleine venue en ce monde.

Dans l’évangile de Jean, la prière de Jésus révèle son désir de nous voir vivre avec lui la même intimité que celle qu’il a vécue avec son Père. Son désir est que ses disciples voient sa gloire, ait foi en sa résurrection et en la promesse de vie qu’elle apporte à tout homme. Croire en Jésus implique de reconnaître et de proclamer l’intime communion entre le Fils et le Père. Et cette unité doit souder les chrétiens entre eux : elle est le modèle et la source de leurs relations fraternelles. L’unité de la communauté est du reste la condition nécessaire pour que le monde croie en l’Envoyé de Dieu. Le terme monde a, dans l’évangile de Jean, un sens négatif : il représente l’univers sous l’emprise du mal et qui est incompatible avec celui des disciples de Jésus, où règne l’amour. De ce monde, le disciple ne doit attendre que haine et hostilité durables. Le disciple aura le même sort que le maître dans le combat de l’amour contre la haine et la violence. Le défi pour les croyants alors est que si le monde ne croit pas il sache au moins que l’envoi du Christ aboutit à la venue de l’amour du Père qui unit les chrétiens. La conclusion de la prière de Jésus exprime sa dernière volonté. Ce qu’il désire, quand le Père le voudra, c’est la réunion finale des croyants dans sa propre gloire, dans la pleine lumière.

Sophie Ramond, r.a.
Paris-Lübeck - Province de France

 

 

 


À voir sur le web

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre