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6ème dimanche de Pâques - Sr Sophie Ramond

Année liturgique 2018-2019 [C]

 L’évangile de ce dimanche nous parle de relations : il y est d’abord question de celle que le disciple entretient avec le Fils. Cette relation est fondée sur un amour qui se traduit en fidélité à la parole du Fils. La fidélité au commandement de l’amour rend réellement présent le Fils et le Père, qui viennent faire leur demeure au plus intime du disciple. La suite de l’évangile introduit l’Esprit que le Père envoie au nom du Fils. Ainsi ce dont il est question fondamentalement, ce qui est en jeu pour chacun d’entre nous, c’est de vivre de cette relation entre le Dieu-Trinité et l’être humain, de participer à ce foyer de l’amour ardent du Père et du Fils dans l’Esprit.

Ce n’est pas pour rien que le dernier mot de Jésus est ici "croire" : "vous croirez". Car il nous faut croire à cette présence de la Trinité en nous, en chacun de nous. Ce mystère est si grand que Jean le répète : le Père vient à l’intime de l’homme ; l’Esprit lui est donné et sa présence est agissante et dynamique ; le Fils vient habiter la personne du disciple. Voilà le don incommensurable qui nous est fait : le Père envoie, au nom du Fils, l’Esprit.

L’Esprit qui nous est donné, l’évangile l’appelle le Paraclet ou le défenseur, c’est-à-dire celui qui a pour fonction d’assister et de soutenir. L’Esprit est pour les croyants le révélateur et le défenseur de Jésus. Mais il est aussi celui qui féconde la mémoire des croyants, même s’ils n’en ont pas conscience. Dans les situations nouvelles, que les disciples ne pouvaient prévoir, l’Esprit fera comprendre mieux encore le message de Jésus. L’Esprit est ainsi l’interprète de Jésus et le consolateur, l’enseignant et le guide des disciples. Ces derniers ne sont donc pas livrés à leur propre force : au milieu des épreuves, défendus par l’Esprit, les croyants vivent dans la paix. Voilà encore par quoi Jésus reste présent aux siens : par le don de la paix.

Vivre en disciple du Christ, c’est alors consentir à un long travail de purification, au travail de l’Esprit en soi. Oui, il s’agit de laisser l’Esprit faire son œuvre, de le laisser agir, pour parvenir à céder à la grâce qui attire et qui sauve. L’Esprit Saint est celui qui lutte en nous et qui renouvelle toujours notre personne afin qu’elle puisse être, malgré nos contradictions, la demeure de Dieu. C’est bien à la vie selon l’Esprit que chacun est appelé. Et l’enjeu pour chacun est de ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu.

Un épisode de la vie d’Antoine nous l’enseigne peut-être, que raconte Athanase : exposé à une attaque sans pitié des démons, Antoine voit un rayon de lumière descendre du toit et les démons disparaître. Antoine respirant et soulagé de ses peines demanda à l’apparition : “Où donc étiez-vous, Seigneur ? et pourquoi ne vous êtes-vous pas montré dès le commencement ?” La voix lui répondit : “Antoine, j’étais ici. Mais j’attendais pour être témoin de ta lutte. Puisque tu as résisté, puisque tu n’as pas été vaincu, je serai désormais ton protecteur, et je rendrai ton nom célèbre par toute la terre” (Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine 24).

Demandons cette grâce de ne pas étouffer en nous la présence de l’Esprit, le protecteur et le défenseur. Car, en réalité, les obstacles que nous pouvons mettre à l’épanouissement du don divin en nous, à la croissance de la vie spirituelle, ne sont pas tant de l’ordre du péché que d’un manque d’attention ou de foi au don de Dieu. Abandonnons-nous à l’action bienfaisante de l’Esprit pour qu’il nous purifie et nous transforme…

Sophie Ramond, ra
Paris - France

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