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6e dimanche du temps ordinaire - Antoine Nouis, pasteur

Année liturgique 2015-2016 [C]

La foi comme demeure

Jean 14,23-29.

Ce récit s’inscrit dans un ensemble qu’on peut considérer comme le testament de Jésus. C’est un style littéraire que l’on trouve ailleurs : avant de mourir, un maître récapitule pour ses disciples le cœur de son enseignement. Jésus prépare ici ses apôtres à poursuivre la route sans lui. Proposé à notre méditation le dimanche qui précède l’Ascension, ce passage est à lire en lien avec cette fête. De ces quelques versets, nous pouvons relever deux définitions.

La foi comme demeure : "Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure auprès de lui." (Jn 14,23). Habituellement, la foi est comprise dans le registre de la croyance ou de la confiance, ici elle est une maison. Avoir la foi, ce n’est pas croire, c’est habiter. Si la croyance relève de la pensée, et la confiance du sentiment, l’habitation concerne la totalité de notre personne.

L’Évangile ne s’adresse pas qu’à nos idées, mais aussi à nos paroles, nos actions, nos désirs, nos rêves… La foi est une question d’hospitalité, elle nous invite à inviter le Père et le Fils dans notre demeure.

L’Esprit comme consolateur et comme mémoire : "L’Esprit saint… vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que, moi, je vous ai dit." (Jn 14,26). Ce qui menace la foi, c’est l’habitude, l’oubli. Considérer notre vie comme un dû et non comme un don. Contre l’habitude et la dégradation de l’étonnement, nous pouvons inscrire la mémoire. Le psalmiste qui fait un procès à Dieu lui demande pourquoi il l’a oublié, et réciproquement, Dieu ne cesse d’appeler ses enfants à la mémoire. Par notre nature, nous avons tendance à vivre par nous-mêmes, à nous considérer comme le centre du monde. La mémoire nous rappelle qu’il existe une grâce au commencement de notre histoire, et que nous sommes ce que nous sommes grâce à des hommes et des femmes qui nous ont accompagnés sur notre chemin.

Si nous revêtons l’Évangile et si nous conservons la mémoire de la grâce, alors nous pourrons accueillir la parole du Christ qui dit : "Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, car le Père est plus grand que moi." (Jn 14,28). Pour les disciples, cette parole a dû être difficile à entendre, tant il était plus facile pour eux de rester avec leur maître, mais ce dernier les appelle à voler de leurs propres ailes, à devenir adultes dans leur foi, à habiter leur témoignage.

La séparation d’avec Jésus a été pour les apôtres une déchirure, mais elle leur a permis d’accéder à une joie nouvelle qui repose sur l’assurance que, si le Christ les a quittés, il est à leurs côtés lorsqu’ils défrichent leur propre chemin. Le second père de la psychanalyse, Carl Jung, écrivait : "Dieu n’a pas élu pour ses fils ceux qui restent accrochés à lui parce qu’il est le Père, mais ceux qui ont trouvé le courage de tenir debout tout seuls."

Antoine Nouis,
pasteur, EPUdF,
Réforme n. 3655, 29 avril 2016

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