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5ème dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Ordinaire - Ordinario - Ordinary

Le SEL. Nos papilles nous instruisent : il suffit d’une pincée en moins pour rendre un chef d’œuvre culinaire parfaitement insipide ! Insipide…savoureux…quelles réalités dans ma vie, dans notre société, pourraient être ainsi qualifiées ? Est-ce que le Christ donne du goût, de la saveur à ma propre vie ? Quel goût ? Puis-je le décrire d’un ou deux mots ?

Est-ce que je connais des témoins du Christ qui apportent du goût à ma société ? Et moi, suis-je "insipide" ? Est-ce que ma présence apporte le "grain de sel" qui "relève" l’insipide quotidien de mon entourage ? Il y a des gens qui n’ont « plus de goût » à rien. Puis-je les aider à retrouver la saveur de vivre simplement par le grain de sel de mon amitié, un regard, un geste, un mot qui rend le goût de vivre ?
En Lituanie comme dans beaucoup d’autres cultures le don du pain et du sel marque la liturgie de l’accueil de l’hôte. Chez moi, dans ma communauté, ma famille, fait-il bon vivre, a-t-on envie de s’asseoir à table ?
Une pincée de sel toute seule n’est pas vraiment bonne à goûter, mais unie à la nourriture, elle la relève et la transfigure. Le sel est un condiment qui doit être amical et humble ! Savoir se fondre dans un ensemble, tout en donnant toute sa saveur est un art !
Les notes de nos Bibles nous disent que le sel, utilisé comme conservant, entrait dans la symbolique de l’Alliance et des offrandes cultuelles. Etre le sel, ne serait-ce pas aussi lutter, même très discrètement, contre toute forme de mensonge, de corruption, de non-fidélité, de non-droiture dans les relations familiales, au travail, dans les medias et la politique ?
O Christ, toi qui es si "savoureux", puisque tu es la Sagesse (en latin sapientia, de sapere : goûter), préserve-nous de la fadeur, de la tiédeur, de l’insipidité !
 
La LUMIERE. Voici un symbole universel, mais qui parle plus particulièrement dans les pays du Nord en hiver ! Il semble que non seulement les yeux, mais toutes les cellules du corps sont en manque, c’est comme une souffrance sourde et profonde. Quand sort le moindre rayon de soleil, si timide qu’il soit, on se sent revivre, les visages s’éclairent (au propre et au figuré), les langues se délient, les paysages tant extérieurs qu’intérieurs se transfigurent. Il est bon encore une fois de laisser l’expérience de mon corps m’instruire sur les mots employés par Jésus. Il n’était pas du Nord, mais de son temps les nuits, sans électricité étaient vraiment obscures !
Dans la Bible et la tradition chrétienne le Christ lui-même est comparé au soleil levant – lumière radieuse après les ombres et les angoisses nocturnes. Si Lui est cela pour moi, mon soleil, puis-je le refléter pour "ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort" (cantique de Zacharie) ? Y a-t-il des situations de ténèbres, ou même simplement de pénombre où mon sourire, mais aussi ma parole juste dissipera l’obscurité, le mensonge, le "prêt à penser" factice, la morosité, le manque de sens ? Ai-je le courage, avons-nous le courage ensemble de refléter la lumière de l’enseignement de l’Eglise là où règne le brouillard du relativisme et de la confusion des valeurs ? "Brillez dans le monde comme des enfants de lumière" nous dit St Paul (Phi 2,15).
Non pour se faire voir, mais pour éclairer le visage de Dieu : les derniers mots du texte nous mettent dans la vérité : il ne s’agit pas de se croire le salut du monde et de marcher en bombant le torse ! Il s’agit simplement de refléter l’œuvre du Père, pour que d’autres aient la joie de le reconnaître et de se tourner vers Lui. Le sel comme la lumière ne sont jamais là pour eux-mêmes !
 
Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Lituanie

 


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