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5e dimanche de Carême - Sr Bénédicte

Année liturgique 2014-2015 [B]

Voir Jésus

"Nous voulons voir Jésus" : telles est la requête des Grecs au début du récit de Jn. Que tel soit aussi le désir de notre cœur en commençant cette lectio : porter notre regard et toute l’attention de notre intelligence, de notre imagination, de notre cœur vers Jésus pour mieux le connaître et l’aimer.

Conduits par les disciples, nous voici maintenant face à Lui. Nous le rencontrons à un moment solennel, décisif pour Lui-même : "L’heure est venue", dit-il, l’heure de la glorification du Fils de l’Homme. Nous pouvons nous arrêter un instant ici avec la question : comment Jésus vit-il sa relation au temps ? Quelques mois plus tôt, il a dit à ses frères qui le pressaient de monter à Jérusalem pour profiter de la fête afin de se faire connaître : "pour vous le temps est toujours favorable" (7,6), mais lui vit autrement, à l’heure de son Père, dans le présent de Sa volonté.

Et maintenant ce présent, c’est que Dieu veut le glorifier. Allons-nous assister à une transfiguration ? Non. Les mots qui suivent sont surprenants : "Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt…" Voir Jésus dans sa glorification, ce sera donc aussi ne plus le voir, accueillir son effacement, son annihilation apparente. Le voir tombé, déchu, descendu aux profondeurs de la terre et des enfers. Enfoui aussi au cœur de l’Histoire et de ma propre vie.

Mais grâce à cette descente il n’est plus "seul" et il porte beaucoup de fruits. La kénose du Christ nous révèle son immense désir de s’unir l’humanité – Juifs et Grecs, "d’attirer tout à lui" (12,32), de ramener au Père "la multitude de ses enfants dispersés" (11,52).

Le désir de Jésus est que nous soyons avec lui, ce sera l’ultime demande de sa grande prière du chapitre 17 : "Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi" (17,24). Mais pour être avec lui il faut suivre le même chemin du grain tombé en terre : perdre sa vie (v.25-26).

Le moment suivant nous montre soudain Jésus "bouleversé" ; c’est la même émotion violente qu’il a éprouvée face à la tombe de son ami Lazare (11,33.38). Ce bouleversement est évoqué par la deuxième lecture, de l’Epitre aux Hébreux, qui parle du grand cri et des larmes du Fils. Les synoptiques nous présentent le même mystère dans le récit de l’agonie à Gethsémani. Il s’agit plus que de la peur de souffrir ou de mourir que nous éprouvons tous. Nous sommes là devant la tentation extrême vécue par le Fils Bien Aimé face à l’abîme qui s’ouvre devant lui et qui le laisse dans un désarroi absolu. Cet abîme, il le franchit par son obéissance filiale, mue par son immense désir de glorifier le Père à tout prix, au prix de sa propre vie : "C’est pour cette heure que je suis venu. Père, glorifie ton nom".

Regardons, écoutons. Laissons-nous nous aussi bouleverser par ce qui se révèle ici : l’agonie intérieure de Jésus, (le mot "agonie" signifie "combat") et le double désir qui l’anime : glorifier son Père et nous prendre tous avec lui dans la Vie. Demandons pour nous-mêmes ce même désir pour avancer avec Jésus sur le chemin de Pâques, pour être avec lui des grains qui tombent en terre et portent du fruit en abondance.

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