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4ème dimanche de l’Avent - Sr Sophie Ramond

Avent - Noël

 

La première lecture se situe dans l’histoire de David, au moment où celui-ci devenu roi a fait de Jérusalem sa capitale politique et veut maintenant en faire un centre religieux. Pour cela, il y a transféré l’Arche d’alliance (cf. 2 S 6). Il a maintenant l’intention d’ériger un Temple digne du Seigneur. En soi, le projet pourrait paraître positif : David se préoccupe de Dieu, car il ne lui paraît pas convenable, après la sédentarisation d’Israël, de demeurer dans un palais de bois précieux tandis que l’arche, ce lieu symbolique de la présence divine (cf. Ex 26, 33 ; 40, 21), reste sous une tente, comme au temps du nomadisme et de l’exode au désert (cf. Ex 26, 14). Nathan, le prophète, acquiesce d’abord au projet du roi et il donne la raison théologique de sa prise de position : le Seigneur est avec toi.
Pourtant de nuit le Seigneur adresse la parole à Nathan et l’invite à changer d’idée. Le refus divin s’explique probablement par le double risque de voir le roi prendre dans le culte une place centrale et de faire du temple une annexe du palais. La réponse de Dieu, en jouant sur le mort maison, dit au fond ceci à David : ce n’est pas toi qui me construiras une maison (temple) (v. 5) ; c’est moi qui te construirai une maison (descendance) (v. 11). Ce jeu de mot sur la maison témoigne d’une toute autre conception des relations entre le roi et la divinité. La promesse dynastique n’est pas la récompense d’un acte de piété (la construction du temple) mais un engagement purement gratuit de Dieu. La promesse de postérité que Dieu fait à David est celle d’un héritier destiné à régner. Dieu précise même : Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Cette formule d’appartenance mutuelle vient des rituels orientaux d’intronisation royale. Dieu fait alliance avec le roi qu’il choisit ; il l’adopte pour son fils. Si après l’exil à Babylone la dynastie de David s’éteindra, Dieu tiendra pourtant en Jésus, de façon paradoxale, sa promesse envers David. Jésus, par sa résurrection et son ascension, recevra de Dieu le trône de David son père (Lc 1, 32).
 
Vitrail de Taizé : l'annonciation
L’évangile raconte qu’un jour, une femme vit une expérience de Dieu définitive pour l’histoire. Luc présente cette femme, Marie, comme une vierge, mariée à un homme de la maison de David, famille dont doit naître le Messie, d’après une relecture chrétienne de la prophétie de Nathan.
L’ange salue Marie en l’appelant Comblée-de grâce, un titre que la suite éclairera. Cette salutation évoque la finale du prophète Sophonie (3, 14) où Jérusalem est invitée à partager la joie de Dieu qui vient à sa rencontre. Marie est appelée à remplir la figure de la fille de Sion ; elle représente les humbles qui accueillent le Seigneur et elle rend présente la prophétie : en elle Dieu vient habiter au milieu de son peuple. Le Seigneur est avec toi, ajoute Gabriel, utilisant ainsi une formule, qui apparaît dans divers récits de vocation ou d’annonciation (cf. Ex 3, 12 ; Jg 6, 12) et qui signifie que Dieu confie une mission à quelqu’un et lui apporte son soutien. L’ange décrit ensuite ce que sera la fonction de l’enfant à naître, en le présentant comme le Messie davidique. Marie, qui n’est pas stérile mais vierge, ce qui est une situation radicalement nouvelle dans la Bible, objecte son état et pose la question du comment. La réponse est que Jésus (Dieu sauve), ne sera pas seulement le Fils du Très-Haut en recevant le pouvoir royal davidique ; il sera appelé Fils de Dieu, car créé par la puissance de Dieu dans l’action de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du très haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu : les images employées évoquent le récit de la création au début de la Genèse, alors que l’Esprit de Dieu planait sur les eaux. Le verbe abriter à l’ombre rappelle la présence de la nuée qui cache et qui sauve Israël lors de l’Exode ; il sera repris aussi par Luc dans la scène de la transfiguration : la nuée d’où vient la voix du Père couvrira Jésus et les disciples de son ombre (9, 23). Par ce jeu d’échos, il est suggéré qu’en Marie, Dieu lui-même inaugure une création nouvelle : Jésus est le fils premier-né d’un monde nouveau. Dieu, une nouvelle fois et de façon définitive, se manifeste comme le Dieu qui sauve en donnant la vie. La promesse de Dieu à son peuple s’accomplit dans l’inouïe de cette naissance virginale. Et elle s’accomplit dans ce qui signe la disponibilité de Marie : Qu’il me soit fait selon ta parole.
David voulait bâtir une demeure pour l’arche sainte. La piété chrétienne populaire, dans les litanies de la Vierge, saluera Marie portant en elle le Sauveur, du qualificatif "Arche de l’Alliance".
 
La doxologie (gloire à Dieu) de la lettre aux Romains glorifie la sagesse de Dieu, manifestée dans l’Evangile. L’Evangile est bonne nouvelle du mystère de Dieu, du plan secret par lequel il voulait sauver ceux qu’il a créés. Ce mystère resté dans le silence concernait en particulier la promesse à David, qui s’accomplit contre toute attente humaine en Jésus. Oui, gloire à Dieu, par qui nous vient le salut… et obéissance de la foi aux hommes de bonne volonté, qui remettent leur vie entre les mains de Jésus, le Seigneur de toute vie !
 
Sophie Ramond, RA
Paris-Lübeck, France

 



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