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4e dimanche du temps pascal - Sr Bénédicte

Année liturgique 2014-2015 [B]

Dans ce passage bien connu de Jn, Jésus se nomme lui-même le « Beau Pasteur », ou le Bon Pasteur comme on a l’habitude de traduire. Littéralement il dit : « Je suis le pasteur, le beau ».

Quelle est cette beauté dont il parle ? Sans doute celle qui le fait se distinguer radicalement du mercenaire. L’expression « beau pasteur » qui vient au v.11 est reprise au v.14 et fait ainsi inclusion avec les v. 12 et 13 qui décrivent l’attitude du mercenaire : celui-ci voit le loup, abandonne les brebis et s’enfuit. Pourquoi ? Parce que les brebis ne sont pas « les siennes » et il « n’en n’a pas souci ».

Par contraste, au sujet du bon pasteur il est souligné que les brebis sont à lui (v.14) et à tel point qu’il les connaît et qu’elles le connaissent. Voilà donc sa beauté : elle tient dans la relation d’appartenance amoureuse qui le lie aux brebis. Cette relation est d’une profondeur inimaginable, car elle est semblable à celle qui l’unit au Père (« comme le Père me connaît… »v.15) « Connaître » est à prendre dans le sens le plus fort qu’on trouve dans certains emplois que la Bible fait de ce verbe : il signifie une intimité fondée sur l’amour partagé, il implique une appartenance mutuelle.

La relation que le Pasteur choisit d’avoir avec ses brebis n’est pas seulement de gouvernance et de protection, elle est un lien à la vie à la mort. Car il s’agit pour lui de mourir pour qu’elles vivent : il donne (littéralement il « dépose ») sa vie pour ses brebis. L’expression ou le verbe qui disent cet amour sacrificiel reviennent cinq fois dans ce bref texte, aux v. 11, 15, 17 et 18. C’est l’accent essentiel du texte, qui fait l’unité de ses deux parties.

Dans la deuxième partie (v.16 à 18) l’horizon s’élargit dans l’espace et le temps : il y a d’autres brebis, lointaines, et le pasteur se doit de les conduire aussi. L’évangéliste indique là les nations païennes qui doivent être unies à Israël dans l’unique troupeau. Comme dans d’autres endroits de son évangile, il affirme que c’est la mort du Christ qui permet cette union de l’humanité, défaite à l’aube de l’histoire par le péché : « il fallait que Jésus meure pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (11,52) « et moi, élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (12,32).

La fin du texte remet en lumière la relation filiale de Jésus au Père qui l’a envoyé et en même temps sa suprême liberté : de lui-même il donne sa vie, même s’il le fait dans l’obéissance au Père. Sans doute est-ce cette union, si difficile dans notre expérience humaine, de la liberté et de l’obéissance, qui fait la beauté de Jésus, libre et humble, aimant sans aucune réserve, soumis sans perdre sa dignité souveraine.

Et les brebis ? Trois verbes leurs sont appliqués : connaître (v.14), écouter et se laisser conduire (v.16). C’est la définition même du disciple. Elle suppose aussi de se laisser aimer en accueillant le don que le pasteur fait de sa vie.
Que l’écoute renouvelée des mots de l’évangile nous amène à mieux connaître Jésus dans sa beauté, à entrer plus profondément dans notre vocation de disciples et aussi à revisiter nos diverses responsabilités à la lumière du choix entre l’attitude du mercenaire et celle du Beau Pasteur.

Sr Bénédicte Rollin,
Vilnius, Europe du Nord


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