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3e dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2013-2014 [A]

 Viens !

Les débuts de la proclamation du Royaume dans l’Évangile de Matthieu s’inscrivent dans un contexte de souffrances : Ayant appris que Jean avait été livré, "arrêté, enchaîné et emprisonné" par Hérode (Mt 14, 3), Jésus se retira en Galilée, d’où il était venu, pour se faire baptiser, et, laissant Nazara, (au Sud), il vint s’établir à Capharnaüm, au bord de la mer, (plus au Nord) sur les confins de Zabulon et de Nephtali.

Jésus ne se retire pas en un lieu isolé, mais bien au contraire, Il a commencé à prêcher le Royaume de Dieu dans une terre extrêmement agitée.

En effet, la Galilée, c’est la Galilée des Nations, c’est la Galilée du brouhaha, la Galilée du charivari, du commerce et divers échanges. Sans arrêt, cette terre a été le lieu des invasions.

C’est là que le Christ décide d’annoncer sa Parole, son appel à la conversion adressé à tous. C’est le sens de la référence faite par Mathieu au prophète Isaïe : appel universel, mais qui l’entend ?

Quand Jésus demande à Simon, André, Jacques et Jean de Le suivre, il les invite à marcher avec lui d’un point à un autre, d’un village à un autre ; ils vont devenir "itinérants", jamais plus "nomades" ou "sédentaires".

Nous avons tendance, lorsque nous parlons de la suite de Jésus à nous arrêter à l’aspect spirituel de cette suite, et nous avons raison, pour une part ; il ne faudrait cependant pas oublier que pour les premiers disciples, marcher avec Jésus, signifiait laisser derrière eux leurs villages respectifs et leurs familles.

"Viens" suppose un mouvement physique, un lâcher, un quitter…, être compagnons de Jésus, vivre sa vie quotidiennement ; pour aller où ? certainement pas "au bout du monde" mais sûrement, pour eux comme pour nous, au bout, au fond de leur être ; ce n’était sans doute pas seulement un déplacement géographique, mais le déplacement géographique permettait un voyage interne.

Nous retrouvons là ce que les auteurs Spirituels nous rappellent souvent : il nous faut partager la vie de Jésus, aujourd’hui au XXIe siècle, l’imiter dans ses choix, "entrer sous son étendard"dirait Saint Ignace, épouser ses valeurs.

L’appel de Jésus à le suivre est une force venant de lui à nous ; il éveille en nous les désirs intenses bien que cachés, même à nos propres yeux, de vie, de sainteté, de service qui sommeillent en nous.

Son appel est en lui-même action salvatrice.

Son appel est "Lumière et Salut … il est un rempart" nous rappelle le psaume 27 ; rempart qui nous défend de nous-mêmes, de notre pusillanimité et de nos frayeurs.

En ce troisième dimanche du temps ordinaire, laissons nos ténèbres être transpercées par la Lumière ; laissons la joie de Dieu transfigurer nos tristesses ; n’oublions pas cependant que ce peut être douloureux, attachés et crispés que nous sommes à nos ombres, nos obscurités. Alors le joug qui pèse sur nos âmes et nos cœurs sera brisé.

Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, États-Unis


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