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3e dimanche de l’Avent - Sr Sophie Ramond

Avent-Noël

 

Le poème du livre d’Isaïe annonce que Dieu va libérer son peuple, en roi vainqueur prenant la tête du retour. Il va libérer les siens amenés en captivité. Dieu lui-même vient pour sauver son peuple. Avec lui, c’est la vengeance qui vient. Ce dernier élément peut laisser perplexe dans la mesure où la vengeance apparaît comme un acte répréhensible, tandis que l’intervention destinée à défendre la cause de quelqu’un apparaît comme un acte éthiquement noble et juste. Dans le langage biblique, toutefois, la vengeance désigne une restauration du droit : Dieu sauve les siens, mais il ne peut le faire sans s’opposer à l’arrogance des méchants et des oppresseurs. Dieu s’engage dans la lutte contre le mal et il convient de lui remettre sa cause.
Dieu va ouvrir un chemin aux siens. Le désert à traverser fleurira, aussi fertile que le Liban, le vignoble du Carmel ou la plaine de Sarône. Une seule chose pourrait manquer, à laquelle exhorte le poème : la confiance. Les mains des déportés défaillent, leurs genoux fléchissent, face au salut que, pourtant, Dieu prépare en affaiblissant Babylone. Le poème articule ainsi la promesse divine : Dieu lui-même vient et va vous sauver et la réponse attendue de l’homme : ne craignez pas, prenez courage. Dieu donne les signes de son intervention : les yeux des aveugles et les oreilles des sourds s’ouvriront ; le boiteux bondira et le muet criera de joie ; un bonheur sans fin illuminera tous les visages. Mettons donc en lui notre foi.
 
La lettre de Jacques invite, quant à elle, à la patience, cette forme quotidienne de l’espérance. La vie chrétienne a pour horizon le retour du Seigneur. Cet horizon convoque à donner du poids à son existence, à assumer la responsabilité d’être sous le mode d’une vie voulue telle à jamais. En prenant pour modèle le cultivateur, l’Apôtre appelle à la patience, à l’endurance, à la fermeté, ces vertus typiques de l’attente. Il exhorte également à ne pas prendre la place de Dieu, à ne pas gémir en accusation les uns contre les autres, à ne pas s’ériger en juge. Les prophètes qui ont payé de leur vie leur fidélité à la Parole de Dieu sont une modèle sur ce chemin d’espérance et de persévérance.
 
Dans l’évangile, Jean-Baptiste, qui avait lancé de sévères exhortations au peuple venant recevoir son baptême (cf. 3, 7-12), semble maintenant s’étonner du comportement de celui qu’il a confessé comme étant plus fort que lui (3, 11). Reprenant une forme du Psaume 118, 26, il demande si Jésus est celui qui doit venir.
Jésus renvoie les disciples de Jean dire ce qu’ils entendent et ce qu’ils voient, les miracles qu’il opère. La liste des œuvres accomplies reprend les prophéties du livre d’Isaïe : la guérison des sourd, des aveugles et des boiteux (Is 35, 5-6) ; l’annonce de la résurrection (Is 26, 19) ; l’évangélisation des pauvres (Is 26, 19). Il n’y a pas dans le livre du prophète Isaïe d’allusion à la purification de lépreux, mais le prophète Elisée a opéré un tel miracle (cf. 2 R 5). La liste des œuvres accomplies par Jésus culmine sur le fait que les pauvres, les petits sont les destinataires privilégiés de la Bonne Nouvelle.
Jésus termine sa réponse à Jean par un avertissement : Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! Il énonce par là une béatitude qui exprime une exigence, une attitude à développer. Heureux celui qui, entendant et voyant les signes accomplis par Jésus, ne refusera pas le projet de salut de Dieu, sa compassion pour l’humanité.
Puis, aux foules qui sont là, Jésus définit qui est Jean. Il n’est pas un roseau agité par le vent, un être sans consistance pliant sous le poids de diverses pressions. Il n’est pas un homme aux vêtements luxueux, installé confortablement et jouissant d’une situation privilégiée. Il n’est pas du côté des rois mais des prophètes, c’est-à-dire de ceux qui ont fonction d’instance critique. Jésus estime la valeur de la mission de Jean, mais à ses disciples il offre d’entrer dans le Royaume des cieux, d’entrer dans sa manière d’être et de vivre et d’annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
 
Sr Sophie Ramond, RA
Paris-Lübeck, France

 


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