3e dimanche de Pâques

Temps pascal

- Le mot d’explication :

Si les Evangiles contiennent des récits sur le Ressuscité, cela veut dire que quelques personnes ont eu contact avec Jésus après sa mort et ont trouvé de façons nouvelles de décrire cette rencontre. Les Evangiles ne décrivent jamais le moment de la Résurrection : ils parlent des apparitions du Ressuscité, c’est-à-dire du moment où les disciples découvrent que l’histoire ne s’est pas terminée quand la pierre a scellé le tombeau où est enterré le corps du Crucifié. C’est pourquoi, le récit des disciples d’Emmaüs suit un modèle classique de la littérature antique, mis en évidence par le philosophe Aristote : il décrit un processus de transformation. Après avoir reconnu Jésus, les disciples peuvent parler de leur transformation intérieure.

- Méditation :

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Le narrateur ouvre le récit en disant que les deux disciples marchent remplis de tristesses, le troisième jours après la mort de Jésus. Le récit de résurrection s’ouvre en étant centré sur l’événement de la mort de Jésus. Le comportement des deux disciples, qui prétend être rationnel (il font une bonne synthèse de ce qui s’est passé) est en réalité quelque peu incongru : ils auraient pu aller au tombeau et peut-être auraient-ils vu, comme les femmes, des anges ! Ils n’ont pas été dynamisés par ce qu’ont rapporté les femmes. Leur logique est une logique de désespoir. Mais le narrateur ajoute : Jésus en personne s’approcha et il faisait route avec eux... Le Ressuscité prend l’initiative de se faire proche, compagnon de route.
Le narrateur met le lecteur dans une situation privilégiée par rapport aux disciples puisqu’il sait dès le début quel est le personnage qui marche avec les disciples, alors que ceux-ci l’ignorent. Le lecteur va cheminer en comprenant le récit sur deux fréquences différentes : celle qui lui est ouverte par le narrateur, c’est-à-dire un chemin fait en présence du Ressuscité, et celle de l’histoire racontée du point de vue des disciples : l’histoire d’une mort terrible dont il est difficile de se remettre, toute rumeur de résurrection demeurant jusque là infondée. Pourquoi le narrateur adopte-t-il cette stratégie ? La première raison est sans doute que, pour la communauté chrétienne d’alors, la question fondamentale était moins de savoir si Jésus était ressuscité que de se demander comment le trouver et le reconnaître dans la vie quotidienne. Comment percevoir la présence active du Ressuscité dans la vie de la communauté ? Comment trouver énergie, courage et espérance quand tout semble fini ? Le récit de Luc veut répondre à ses interrogations. En effet, il met en relief les signes qui ont permis aux disciples de reconnaître le Ressuscité. La deuxième raison est que le narrateur veut faire parcourir au lecteur le même cheminement que celui des disciples. Au verset 28, le narrateur dit que Jésus fait semblant d’aller plus loin. Là encore les disciples ne savent pas qu’il fait semblant. Qui peut le savoir d’ailleurs à part Jésus lui-même ? Par cette information, le s’adresse directement au lecteur et lui dit le risque de laisser partir Jésus Ressuscité sans avoir opéré la rencontre qui ouvre à la vie. On peut imaginer aussi que si un disciple est nommé et l’autre non, le disciple anonyme est une sorte de place ouverte au lecteur lui-même...
Jésus accompagne donc les deux disciples, les interroge pour reconnaître leur état d’âme, ensuite il explique les Ecritures et partage le pain avec eux. A la fin du récit, ces disciples sont de nouveau convaincus que Jésus les accompagne sur tous les chemins de ce monde. Il est présent, comme auparavant, dans les préoccupations de chacun et l’attention aux compagnons de route, dans la lecture et l’interprétation des Ecritures, dans la fraction du pain. Ce sont les lieux où le Christ est vivant, présent et agissant et c’est là aussi qu’il faut le chercher.

- Puisse la lecture de l’Evangile nous brûler le cœur, devenir le lieu de la rencontre avec le Ressuscité, pour que nous puissions dire d’une manière renouvelée : c’est bien vrai Christ est Ressuscité et il marche sur nos routes... Puissent les yeux de notre cœur s’ouvrir pour que nous discernions la présence du Ressuscité qui fait route, marche à notre rythme, nous accompagne... Puissions nous revenir à l’intérieur de nous-même pour saisir ce que l’écoute de l’Ecriture transforme en nous et nous invite à transformer...

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