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31e dimanche du temps ordinaire - Sr Sophie Ramond

Année liturgique 2017-2018 [B]

L’évangile de ce jour rapporte la question qu’un scribe adresse à Jésus : "Quel est le premier de tous les commandements ?" Prise à un premier niveau, cette demande vise à clarifier quelle hiérarchie établir parmi les multiples obligations de la loi et quel est le commandement par excellence, celui auquel personne ne pourrait déroger. À un second niveau la requête vise peut-être à sonder Jésus et manifeste un désir de connaître ce qui l’habite au plus profond : dis-moi ce qui est essentiel pour toi, ce qui est pour toi principe de vie, ce que tu ne sacrifierais jamais ?

La réponse de Jésus est toute pleine d’attention, car elle se place d’abord au point où le scribe, spécialiste des Écritures peut l’entendre : elle cite la confession de foi du shema Israël, que le juif pratiquant récite le soir et le matin et qui se lit en Dt 6,4-9. Mais elle révèle aussi quelque chose de la personne de Jésus : l’écoute du Père est au fondement de sa vie. Jésus prie et se rend disponible à ce que le Père veut lui révéler. Ce Père est le centre de sa vie. C’est pourquoi, sa manière d’être est tout entière relationnelle, tournée vers le Père, donnée au Père. C’est cela qu’il désire donner en partage aux hommes : "le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force". Il invite son interlocuteur, et par lui chacun de nous, à une relation sans réserve avec Dieu, avec ce Père qu’il nous révèle comme toute tendresse.

Le scribe reconnaît la sollicitude de Jésus à son égard et il lui donne raison. Puis il ajoute une réflexion qui s’inspire du livre d’Osée (6,6) et qui met dans la bouche de Dieu : "c’est l’amour que je désire, et non les sacrifices, la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes". Amour et connaissance de Dieu, voilà le terrain sur lequel le scribe et Jésus peuvent s’entendre quand il s’agit de définir le plus grand commandement.

Mais Jésus ajoute un autre élément à sa réponse, le précepte de l’amour du prochain que l’on trouve en Lv 19,18. Les paroles de Jésus lient les préceptes de l’amour de Dieu et du prochain : celui qui aime Dieu, dans le même mouvement, doit aimer son prochain. L’amour de Dieu et l’amour du prochain, telle est la synthèse de la loi. Tout autre commandement qui n’est pas fondé dans l’amour, qui ne se déduit pas de l’amour, est vide de sens. Il y a là une bonne nouvelle et un appel.

Une bonne nouvelle, car la réponse de Jésus, en sa double dimension, dévoile le sanctuaire de son être : il aime le Père et il aime les hommes ; il est don absolu au Père et il se livre aux hommes jusqu’à l’extrême. Un appel, car les mots de Jésus établissent fermement que ce qui va à l’encontre de l’amour va à l’encontre de Dieu. Ce n’est pas que Jésus confonde l’amour de Dieu et l’amour du prochain. L’amour de Dieu est premier et exige que l’on cherche sa volonté, que l’on cherche à entrer dans son Royaume. L’amour du prochain ne se substitue pas à l’amour de Dieu ; il n’en n’est pas non plus un moyen. Mais celui ou celle qui aime Dieu désire ce que Dieu veut. Celui ou celle qui de tout son être s’attache à Dieu désire lui ressembler, aspire à adopter ses manières d’être et d’agir. L’amour de Dieu n’autorise pas que l’on vive replié sur soi, indifférent aux autres. La vérité de l’amour de Dieu se dévoile ainsi précisément dans l’amour du prochain. En somme, on ne vit en fils ou fille de Dieu qu’en fraternité avec les autres.

Sr Sophie Ramond, ra
Paris

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