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30 avril 2019 - Homélie du P. Hennique

Auteuil


"Les saints, parce qu’ils sont les intimes de Dieu, ne vieillissent pas".
Tels sont les propos du Pape Paul VI au jour de la béatification de votre fondatrice. Et de poursuivre en ces termes :
"Marie Eugénie est notre contemporaine par les problèmes qu’elle a vécus et les solutions qu’elle a donné d’apporter".


Si nous nous arrêtons aujourd’hui sur son cheminement, ce n’est pas, me semble- t-il, pour nous contenter de regarder en arrière, comme dans un rétroviseur ; mais pour mieux saisir comment, en son temps, elle a su être à la fois être attentive à la réalité du monde qui l’entourait, et actualiser l’enseignement du Christ et de l’Evangile en conciliant action et contemplation. Et comment le témoignage de sa vie d’hier peut vous éclairer et vous aider à discerner comment vivre votre mission de disciples du christ - et ceci dans le monde dans lequel nous vivons.


J’ose dire même – ce n’est pas un langage habituel – que notre Eglise propose des saints comme des "Top models" en quelque sorte, non pour les imiter tels quels, mais pour s’en inspirer. Sans oublier que la foi nous rappelle que Dieu seul est saint, et que c’est en lui que le culte des saints trouve son unique source. Depuis les origines, l’Eglise rappelle que le seul modèle, c’est le Christ : Tu solus sanctus. Ça veut dire un appel : à nous d’y répondre – ou de passer à côté.


Assurés du primat de la grâce ne signifie pas que nous n’avons qu’à nous croiser les bras et attendre que la sainteté nous tombe du ciel, car nous savons bien que la sainteté c’est l’amour, et que l’amour ne serait rien sans notre engagement personnel et communautaire. Il nous faut toujours prier les bras en croix - Dieu n’aime pas les bras croisés… Tout cela sans oublier que cet engagement, nous ne pouvons pas nous le donner à nous-mêmes, nous ne pouvons pas le réaliser à coups d’efforts personnels. Nous n’obtiendrions qu’une mauvaise imitation. Cela pourrait faire un moment illusion, mais ça ne donnerait pas la saveur et le bon fruit de la sainteté.


Je trouve étonnant de voir comment les propos de ce même Pape Paul VI sont d’une étonnante actualité. Ne pouvons-nous pas dire avec lui – je le cite : "Au moment précisément où la société transforme et reconsidère sa tâche éducatrice, c’est un réconfort pour nous que l’Eglise ait reconnu cette magnifique, énergique et aimable expérience d’éducation. Et l’éducation, sachant s’adapter aux besoins actuels, est toujours soutenue par les principes et les charismes de la sagesse de l’Evangile". En chacun de nous il y a suffisamment de pauvreté pour que Dieu nous fasse miséricorde et qu’il voit sa force dans notre faiblesse, et assez d’impuissance pour qu’il puisse se montrer le maître de l’impossible Et nous donner part à sa sainteté ? Peut-être que personne ne s’en apercevra, et surtout pas nous ; mais il suscitera en nous ce qui plaît à ses yeux. Une sainteté qui ne sera pas celle des autres mais celle qui aura été possible pour vous, compte tenu de nos handicaps, de nos malchances, de nos résistances.


Je souhaite – et je prie pour cela – que Marie-Eugénie réveille en vous, sa communauté, ce désir qu’a choisi chacune d’entre vous, librement et sans contrainte, de marcher sur ses traces, et qu’elle vous fortifie, seules et en communauté, dans cette assurance, celle des pauvres de cœur. Toute sainteté vient de lui. Vous le savez, mieux que moi. Et de ce point d’appui de votre fondatrice, vienne à ce qu’elle maintienne deux axes essentiels : l’adoration et l’éducation, soutenues par une vie forte en communauté. Ce qu’elle résumera en deux devises : Laus Deo et Adveniat regnum tuum.
Elle s’en explique : "Les religieuses vouées par vocation à l’éducation, dit-elle, ont plus que d’autres besoin de se retremper dans la prière" – d’où la citation encore du pape Paul VI au jour de sa béatification – la sienne, celle de votre fondatrice – lorsqu’il cite Thérèse d’Avila : "Ne serait-ce pas une vaine prétention de vouloir arroser un jardin en cessant de capter les eaux de pluie ou de la rivière"… Et Marie-Eugénie de poursuivre : "En cherchant quelle doit être la marque la plus caractéristique de notre Institut, je veux m’arrêter à cette pensée qu’en tout et de toutes manières nous devons être adoratrices et zélatrices des droits de Dieu. Vous êtes filles de l’Assomption .Ce mystère, qui est plus du ciel que de la terre, est un mystère d’adoration".
Je poursuis en citant le pape Benoît XVI. En canonisant Mère Marie-Eugénie, il vous a invités à demeurer et imiter en elle : "Une grande âme, une femme remarquable, par ses vertus religieuses, une éducatrice d’un rare talent, ayant eu une singulière intuition pédagogique".


Ses biographes sont unanimes à souligner que toute sa vie sainte et active a été consacrée à un double programme : adorer et éduquer ; et d’entraîner derrière elle une immense foule de religieuses dont vous faites partie, vous qui avez accepté librement de consacrer votre vie à la prière et à l’enseignement. C’est vous aujourd’hui qui êtes ses témoins au sein d’une communauté tendue vers le même centre, et qui constituera toujours la force de votre union. Davantage chacune d’entre vous se rapprochera de ce centre, davantage la communion s’établira entre vous.


C’est à vous qu’est confiée cette éducation, cette activité éducatrice, qui a fait tout spécialement de Marie-Eugénie l’une des figures les plus éminentes et des plus méritantes de l’enseignement catholique moderne. C’est à vous qu’elle a désiré communiquer sa passion, son génie de la formation culturelle, morale, chrétienne des nouvelles générations, en interprétant les exigences des temps nouveaux, et en trempant vos caractères pour les remplir de vos efforts toujours à la lumière du Christ.


Je termine en reprenant une des oraisons des saints : "Dans la vie de Marie-Eugénie, Seigneur, tu nous procures un modèle, dans la communion avec elle, une famille, dans son intercession un appui, afin que nous courions jusqu’au bout l’épreuve qui nous est proposée. Et que nous recevions avec elle l’impérissable couronne de gloire, par le Christ notre Seigneur".
C’est bien là votre vocation, qu’elle soit votre joie !


Père Hennique,
30 avril 2019 à Auteuil,
Chapelle du Christ Médiateur

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