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29e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2016-2017 [A]

Dieu et César

Deux pistes de réflexion s’ouvrent à la lecture de ce texte.

La première est celle de ma relation à la politique : la question posée à Jésus est d’ordre politique. Elle est piégée mais elle est pour ses contemporains d’une actualité extrême. La communauté juive de l’époque est profondément divisée par les positions prises par les uns et les autres vis-à-vis de l’occupation romaine. Comme dans toute situation de ce genre (on l’a connue en France pendant la 2ème guerre) les uns choisissent la résistance armée, les autres se taisent et les troisièmes profitent du système sans se poser de question de conscience. Entre les uns et les autres l’opposition peut être violente et mener à des représailles fratricides. Quelles sont, aujourd’hui les questions d’ordre politique et social qui divisent notre société et parfois nos communautés ? Comment sont-elles posées, par exemple dans les médias, de façon à devenir des questions-pièges ? Comment les "déverrouiller" (ce que tentent souvent de faire les déclarations épiscopales) ? Quelles sont les plus brûlantes, celles qui me touchent ? Quelle peut être ma responsabilité ? Un engagement en tout cas nous est demandé – celui de la prière. Nous avons la responsabilité de prier pour demander la sagesse pour nous-mêmes et les responsables politiques, à la manière de Salomon dépassé par ses responsabilités (cf. 1 R 3 et Sg 9). St Paul nous y invite : "Je recommande donc, avant tout, que l’on fasse des demandes, des supplications, des prières et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l’autorité, afin que nous menions une vie calme et paisible…". Il est parfois plus facile de condamner des politiciens que de prier pour eux !

L’autre piste de réflexion et de prière nous est donnée par la question de Jésus à propos de l’effigie figurant sur la monnaie romaine. La question est astucieuse, car elle accule les interlocuteurs de Jésus à sortir de leur poche cette monnaie qui montre que, bon gré mal gré, ils se compromettent avec l’occupant. Mais Jésus ne cherche pas seulement à sortir du piège. Comme toujours, il vise à éveiller dans les cœurs la question fondamentale de la relation à Dieu. La pièce de monnaie à l’effigie du "divin César" appartient à l’empereur. Qu’est-ce qui, alors, appartient à Dieu, si ce n’est l’homme, effigie de son Créateur ? Que veut dire donc pour moi aujourd’hui "rendre à Dieu ce qui est à Dieu" ? Il ne peut s’agir que de tout moi-même, sans domaine réservé ni dichotomie. La prière d’Ignace peut m’aider à donner ma réponse : "Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence, ma volonté, tout ce que je suis et possède. Toi, Seigneur, tu me l’as donné, à toi je rends tout. Tout est à toi : ordonne tout selon ta volonté. Donne-moi seulement ton amour et ta grâce, c’est assez pour moi".

Sr. Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Europe du Nord

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