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27e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte

Année liturgique 2017-2018 [B]

Il fallait qu’il goûte la mort. (Hb 2,9-11)

Ce dimanche arrêtons-nous sur la deuxième lecture, un extrait de l’épître aux Hébreux qui risque de passer inaperçu à cause de sa brièveté et parce qu’il n’a pas grand-chose à voir avec le thème de l’Evangile du jour. Ce serait dommage pourtant de l’ignorer.

Il s’agit du Mystère Pascal, dont il est parlé dans des termes qui rappellent l’hymne de Phi 2. Jésus a été abaissé, mais il est couronné de gloire (v.9) à cause de la mort qu’il a soufferte. Au fil de l’épître dont nous lirons des extraits en 2ème lecture pendant quelques dimanches, l’auteur nous montrera que la mort infâmante de Jésus est en même temps son chemin sacerdotal vers la gloire. Mais pourquoi une telle mort était-elle nécessaire ? Le même verset 9 nous donne une clef : "il a fait l’expérience de la mort (littéralement "il a goûté" la mort) par grâce de Dieu, au profit de tout homme". On peut s’arrêter ici pour, comme dirait St Ignace "goûter" ces mots. Quel a été le goût de la mort pour Jésus, le Fils éternel ? Quel goût a-t-elle pour moi ? De quelle "grâce" de Dieu s’agit-il ? Le Père et le Fils, de connivence, au profit de chacun de nous ? A quel prix ?

Le verset 10 dit qu’il "convenait" pour Dieu d’agir ainsi. La convenance vient du dessein de "conduire à la gloire une multitude de fils". Il est bon aussi de contempler ce dessein que Dieu a de faire de tous les hommes des enfants ayant part à sa vie – la "gloire". La même idée est exprimée dans l’épître aux Ephésiens : "Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ, ainsi la voulu sa bienveillance…" (Eph 1,5) La glorification de tous est inséparablement liée à la glorification d’un par la souffrance. Jésus est appelé ici l’initiateur du salut, le sanctificateur. Il "convenait" qu’il meure, car, pour conduire les hommes sur le chemin de la gloire, il devait les rejoindre sur leur route à eux : chemin de l’incarnation qui l’a fait "semblable à nous en toute chose", y compris l’expérience de la mort. Chemin qui n’esquive pas la mort, mais l’assume et la traverse. Le Fils de Dieu ne nous sauve pas "d’en haut" mais en se faisant le "très bas". Ayant ainsi assumé notre humanité, il peut nous appeler ses frères : il "n’a pas honte de nous appeler ses frères", dit l’auteur de l’épître ! Choix déterminé de solidarité avec une humanité qui n’a pas de quoi se vanter… L’épitre plus loin (ch. 12) nous dira que Jésus, "renonçant à la joie qui lui revenait, endura la croix au mépris de la honte". La honte aussi a goût de mort. Elle était le prix de la solidarité avec les pécheurs.

La lectio de ce texte peut nous aider à "goûter" à nouveau l’amour démesuré de Dieu. La solidarité est une valeur à la mode et le mot "solidaire", du coup, en est affadi. Mais il peut s’appliquer à Dieu dans toute sa force. "Dieu n’est pas solitaire" était le titre d’un livre sur la Trinité. "Dieu est solidaire" pourrait être celui d’un livre sur l’Incarnation et la Rédemption.

Sr. Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Lituanie

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