24 Jésus, notre salut

Le salut par Jésus


Le mystère de la Nativité est provoquant pour notre Foi. Jésus, notre Salut, fait irruption dans notre monde. Traversera-t-il l’écorce de notre incroyance ?


"Un Sauveur nous est né qui est le Seigneur." ( Lc 2-11) Telle est l’annonce. Luc dira un peu plus tard : "Aujourd’hui cette Parole est accomplie pour vous qui l’entendez." (Lc 4,21) Le croyons-nous ? Aujourd’hui, au milieu des événements grands ou petits, politiques, sociaux, familiaux, des faits heureux ou malheureux, le Salut nous est offert gratuitement - alors que nous sommes pécheurs - Cela veut dire que nous n’avons rien fait pour le mériter, qu’aucun de nos efforts n’en est la cause, que le Sauveur est là de lui-même, de par sa volonté d’amour.


Pécheurs, nous le sommes, et Dieu vient faire de nous un peuple de sauvés, de pardonnés. Tiraillés par une fausse culpabilité et des essais maladroits de nous en libérer, Dieu nous donne son infinie miséricorde et la douceur de son Salut.


"Hommes cruels, ne sachant pas aimer", vivant souvent de mépris de mensonge, de vengeance, "Dieu fait de nous un peuple en qui l’amour agit avec une force plus puissante que notre Impuissance." Hommes timides, lâches, remplis de crainte et de honte, Dieu fait de nous des missionnaires et des apôtres, Il nous confie sa Parole. "Et moi, courbé, blessé, que ton Salut, Dieu, me redresse" (Ps 68).


Il faut se savoir perdu, courbé, blessé, pour vraiment attendre le Salut et croire que Jésus est le seul Sauveur. Il n’y en a pas d’autre. Mes compétences, ma force, ma santé, mon heureux caractère, tel appui humain, ma préparation, mes amis, ma communauté même... personne ne me sauvera... si je le pense, je brûle de l’encens inutilement à des idoles que j’ai "fabriquées de mains d’hommes." Jésus seul peut me sauver. Jésus seul apporte le Salut. Je suis dans l’obscurité d’un monde difficile et je n’attends rien, sinon mon Sauveur, Lui, je ne sais pas comment, me sauvera. Si je ne me décide pas à croire cela, j’irai de déception en déception.


Certes, ce Sauveur sera difficile à reconnaître car le signe du Salut est enfoui, caché, secret, silencieux, nocturne, pauvre, petit, fragile, exposé, infiniment faible, désarmé, sans défense. Saurai-je le reconnaître ?


Je suis sans cesse écartelée entre : entrer dans la joie de la Bonne Nouvelle du Salut, et discuter que ce n’est pas possible, refuser l’intervention de Dieu, son agir dans ma vie. Et cependant, aujourd’hui, cela s’accomplit pour moi, aujourd’hui, Il se fraie un chemin en moi ; aujourd’hui, Il chasse mes démons ; aujourd’hui, Il me guérit de mes fièvres. "Aujourd’hui, le Salut est entré dans cette maison." (Lc 19,9) Nous le disons chaque matin : "Dans la maison de David, Il a fait se lever une force de Salut." (Lc 19,9). Et pourtant la fragilité ne fait qu’augmenter en moi et autour de moi. Le remède n’est pas d’attendre que cela passe et aille mieux. - Non, Les choses ne vont pas s’arranger demain - Mais je puis attendre là, dans ce maintenant douloureux et angoissé, le Salut de mon Dieu. Et mon angoisse, un jour, sera Gloire. Dieu ne peut pas me sauver si tout va bien en moi, autour de moi : Il n’est pas le Dieu de l’ordre, mais le Dieu de la démesure, qui se dit dans le désordre que l’homme crée et éprouve.


Etre assez pauvre pour ne pas chercher de solutions immédiates, mais guetter celles que Dieu nous donnera. Vous penserez peut-être que de tels propos sont démobilisants - essayez !- cela demande, au contraire, d’être sans cesse éveillés, vigilants, c’est la folie de la Foi qui rassemble toutes nos énergies.


Hélène-Marie 1979

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