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23e dimanche du temps ordinaire - Sr Sophie Ramond

Année liturgique 2018-2019 [C]
Nous ne pourrions entendre de l’évangile de ce jour que les exigences posées par Jésus pour qui désire être son disciple et l’avoir pour compagnon de route. En effet, Jésus appelle à un engagement absolu, qui donne toute priorité à l’attachement à sa personne, qui pousse à consentir à rencontrer oppositions et adversités et qui conduit à épurer tout désir de possession. Plus profondément, cependant, ces exigences sont d’abord de l’ordre d’un appel à la liberté : toute option ou tout attachement préférentiel nécessite de relativiser d’autres inclinations et de se concentrer sur ce qui est jugé essentiel. Attaches affectives, amour de soi et désir de possession peuvent entraver l’ouverture d’une vie au Christ, l’aspiration à adopter ses manières d’être et d’agir. Car c’est cela que Jésus propose : lui devenir conforme, vivre des valeurs qui ont été les siennes, donner de l’importance à ce à quoi il en a donné, traiter les personnes comme il l’a fait, vivre en répondant à Dieu... Telle est la grandeur du disciple. Et il faut entendre dans les paroles de Jésus la tendresse qui est la sienne, lui qui veut qu’on vienne à lui, qu’on soit des siens et qui pour cela, en bon chef de cordée, ouvre la voie et marche devant. 
Comment, cependant, répondre à la radicalité de son appel ? La grandeur du disciple ne tient pas à sa persévérance héroïque, à sa perfection ; elle tient à l’appui secourable, efficace et constant que le maître accorde aux siens. D’où le sait-on ? De la première lecture qui souligne que Dieu vient au secours du peu de fiabilité de notre entendement, de la faiblesse de nos facultés intellectuelles et spirituelles, en donnant la Sagesse et en envoyant d’en haut l’Esprit saint. Et le texte d’ajouter : « c’est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits, c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés ». Le salut et la réussite d’une vie bonne à la suite du Christ ne sont pas aux bouts de nos efforts mais sont un don gratuit de Dieu. Remarquons que le texte est au passé : l’Esprit déjà nous a été donné ; déjà nous sommes sauvés. 
Tout don est à accueillir et tout don appelle une responsabilité. C’est pourquoi, il implique un dépouillement, une forme d’humilité aussi qui soit consentement à ce que Dieu appelle à devenir. Les deux petites paraboles, que Jésus insère au milieu de ses exhortations, en disent quelque chose sous forme imagée : elles invitent à s’asseoir pour prendre le temps de la méditation et de la prière car ce n’est au fond que dans le cœur à cœur avec Dieu que l’on apprend à s’en remettre à la grâce divine et à ne pas compter sur ses propres forces. S’asseoir et voir que nous pouvons aller jusqu’au bout pour peu que nous nous mettions sous la mouvance de l’Esprit, voilà l’enjeu. Ces paraboles nous enseignent, en définitive, que les obstacles que nous pouvons mettre à l’épanouissement du don divin en nous, à la croissance de la vie spirituelle, ne sont pas tant de l’ordre du péché que d’un manque d’attention ou de foi au don de Dieu.

Sr Sophie Ramond

France


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