23e dimanche - Sr Bénédicte Rollin

Ordinaire - Ordinario - Ordinary

Ecoutons les premiers mots de ce texte. Jésus parle à ses disciples, donc à nous. « Si ton frère a commis un péché »… Nous pouvons ici nous rappeler tel ou tel exemple vécu en famille, en communauté, au travail… Quelle est d’habitude notre réaction devant la faute manifeste de quelqu’un ? Indignation, peine, haussement d’épaules, ou, comme on le dit si facilement dans notre société individualiste : « c’est son problème »… ?

Mais ce quelqu’un, c’est un « frère », comme le rappelle par deux fois le texte, et même « ton frère ». Et Jésus s’adresse à moi, non à lui : ce n’est donc pas seulement « son problème », je suis concerné !

Quelle est donc l’attitude que propose Jésus ? Ni condamnation, ni colère, ni passivité, ni résignation. Mais une attitude active : « aller, parler, montrer » ; et ceci dans une situation qui ne sera pas menaçante ni humiliante, mais fraternelle : « seul à seul ». La liberté de l’autre reste entière : « s’il t’écoute… ». Les autres démarches proposées ensuite sont communautaires : avec deux ou trois témoins, avec la participation de toute la communauté. Et si le frère s’obstine, alors il devient pour la communauté « comme un païen ou un publicain », c’est-à-dire quelqu’un qu’il faut évangéliser à nouveau, pour lequel d’autres démarches pastorales s’imposent. La bienveillance et le dialogue resteront la clef de ces démarches.

Il est intéressant de remarquer le contexte immédiat de cet enseignement : Jésus vient de raconter la parabole de la brebis perdue. Dans sa version matthéenne, cette parabole nous parle de la sollicitude des pasteurs de la communauté pour les « petits » qui s’égarent. En même temps, comme nous savons que Jésus s’applique à lui-même le symbole du berger, nous avons une autre clef pour méditer le texte d’aujourd’hui : l’attitude que Jésus réclame de nous est la sienne propre vis-à-vis des pécheurs, de ceux qu’Il voit se perdre. Il vient comme un frère aîné aimant et respectueux, avec au cœur une immense souffrance, une passion. Il vient les mains nues, avec sa Parole. « Gagner ton frère », n’est-ce pas cela le but de l’Incarnation et de la Croix (cf. Hb 2,10-13) ?

Ainsi, au-delà des techniques d’écoute et de communication non-violente bien nécessaires dans des situations potentiellement conflictuelles, il nous faut surtout puiser au cœur du Christ lui-même l’amour qui rend audacieux, inventif et délicat. Et quelle joie de savoir que l’on participe à la sollicitude du « Père qui est aux cieux » !
 
Soeur Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord

 


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