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21e dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2012-2013 [C]

Toutes les nations invitées à entrer par la porte étroite ?

Les textes de la liturgie de ce 21e dimanche ordinaire revêtent un aspect bien paradoxal : salut universel, "toutes les nations … tous vos frères" et pourtant, nous prévient Jésus "beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas".

Arrêtons un instant sur les paroles du prophète Isaïe ; tous sont invités, tous viendront « voir la Gloire » de Dieu, même ceux qui ne le connaissent pas ; ils viendront de partout et utiliseront tous les moyens de transport possibles, "sur des chevaux, en char, en litière, sur des mulets et des chameaux …". Ils agiront comme "les enfants d’Israël", comme des fils. C’est l’essence même du Salut, nous sommes tous appelés à entrer dans la tendresse du Père, personne n’en est exclu. Nous sommes appelés à être "une offrande" pour Dieu, en Christ et à sa suite.

L’épître aux Hébreux nous rappelle que Dieu agit envers nous comme un père avec ses enfants, il nous "corrige" et "c’est en fils qu’Il nous traite", avec amour. Jésus, "tout fils qu’il était a appris par ses souffrances l’obéissance" ( He 5, 8) ; il n’avait pourtant pas besoin d’être repris pour ses propres fautes !

Quelles sont donc ces "corrections" que le Seigneur nous inflige… ou dont il nous gratifie ?

Comment accueillons-nous les contradictions inhérentes à notre vie, nos sentiments d’échec ou de frustration ? les remarques qui nous viennent des autres ? les expériences de relations plus ou moins gratifiantes ? plus profondément encore, l’expérience de notre finitude de notre incapacité à faire le bien que nous souhaitons et à éviter le mal que nous détestons ?

Maudissons-nous notre sort ? nous appesantissons-nous sur notre souffrance ou bien essayons-nous, avec amour et légèreté de nous en remettre à Celui dont "jamais, main si amoureuse ni plus sage ne saurait conduire nos vies" ? (Sainte Marie-Eugénie). Car, "la correction amoureuse du Seigneur apporte… un fruit de paix et de justice".

Quelqu’un, dont on ne sait rien sinon qu’il interroge Jésus lui demande : "Est-ce le petit nombre qui sera sauvé" ? se compte-t-il parmi le petit nombre ? est-il découragé à la pensée qu’il n’en sera pas ? nous ne savons pas, mais Jésus ne répond pas à la question et s’adresse à lui, à nous, directement : "efforcez-vous d’entrer par la porte étroite", travaillez.

Nous pensons, peut être, au récit d’André Gide ; il écrit :"je voyais cette porte étroite par laquelle il fallait s’efforcer d’entrer. Je me la représentais, comme une sorte de laminoir, où je m’introduisais avec effort, avec une douleur extraordinaire… pour entrer je me réduisais, me vidais de tout ce qui subsistait en moi d’égoïsme…" .

Nous faut-il aussi éprouver douleur et contorsions ?

Il est bon de se rappeler que Jésus dit de lui-même : "Je suis la porte" ; et Il est ce qu’il dit ; le premier, il a fait "route vers Jérusalem" et nous a ouvert la voie.

Où trouver cette porte ? comment entrer dans la Vie divine ?

Il nous est rappelé, une fois encore, que tout est donné par grâce et que tout demande effort et coopération de notre part ; c’est déjà une grande grâce de le savoir et une grâce plus grande encore de l’accepter.

Demandons au Seigneur de l’Humilité et de la Puissance de nous introduire et de nous maintenir dans cette douce tension où tout est offert au cœur humble.

Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie - Etats Unis d’Amérique


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