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20e dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2016-2017 [A]

Ma maison, mon amour … pour tous les peuples


En ces jours où nous sommes sans cesse sollicités par les foules de réfugiés qui se pressent non seulement à nos frontières, mais à nos portes, il est bon de nous laisser bousculer par le rappel de la dimension universelle de l’amour et du salut offerts par le Christ. C’est ce que soulignent les trois lectures de la liturgie de ce jour.
"Ma maison s’appellera Maison de prière pour tous les peuple". Les étrangers seront comblés de joie..."
C’est aussi l’exultation de joie du psalmiste "Que les peuples, Dieu, te rendent grâce tous ensemble".
Et Paul de rappeler à ceux "qui viennent des nations païennes" que les frontières entre sauvés et rejetés ne viennent pas de Dieu, mais des hommes eux-mêmes parce que quels que soient nos "écarts", ou nos refus, "les dons gratuits de Dieu sont sans repentance" et que c’est à nous qu’il appartient de décider de revenir à la vie et ainsi d’être "réintégrés".


Quels sont donc les types d’attachement qui nous enferment dans nos particularismes ? sur lesquels nous nous crispons ? enfermés dans nos pseudos certitudes, crispés sur ce que nous croyons être la meilleure façon de vivre, de juger, d’agir, nous élevons des murs, des barrières dont nous pensons qu’ils nous protègent. Pourquoi donc avons-nous besoin d’être protégés, et de quoi, et de qui ? Prenons le temps d’un retour sur nous-mêmes et pensons à l’une ou l’autre personne que nous n’acceptons pas à cause de ses idées ou sa façon d’agir ; cet exercice peut être salutaire pour nous, pour aiguiser une meilleure prise de conscience de nos refus ou de nos peurs.


A la suite du prophète Isaïe Christ refuse toute forme de particularisme lié à un lieu, une nation, une culture.
Pourtant, l’Evangile de ce jour a de quoi nous dérouter. Reprenons le texte : Jésus se retire dans le monde païen, une cananéenne (nous savons que "les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains" Jn 4,, 9) le supplie pour sa fille « tourmentée par un démon". Jésus ne la renvoie pas, malgré la demande de ses disciples fatigués de ses cris, mais il ne répond rien. Lorsque ces derniers insistent, Jésus a cette réponse déconcertante et contraire à ce que nous venons de dire "je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël" et pire encore "il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens".


Dans son livre l’Intranquillité, Marion Muller-Collard nous offre des pistes de compréhension lorsqu’elle se demande ce qui a pu conduire Jésus à aller d’une attitude d’apparent refus vis-à-vis de la femme qui l’implorait pour sa fille jusqu’à l’admiration ? Elle écrit "Par quoi Jésus a-t-il été ébranlé jusqu’à revenir sur sa propre parole ? … entend-il, dans ce que dit la femme une vérité profonde et singulière, qui veut que les chiens aient faim du même pain que leur maître, et que cela suffit à les accueillir comme des égaux … car avoir faim et soif ensemble, n’est ce pas former un seul et même corps ?".


"Os de mes os, chair de ma chair", c’est l’expérience d’Adam et c’est le commandement fondamental "ne te dérobe pas devant celui qui est ta propre chair". C’est Jésus s’identifiant à chacun de nous "ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait – ou pas". Quand donc comprendrons nous et accepterons nous les conséquences qui en découlent que nous sommes tous membres du même corps, participants de la même humanité, dépendants les uns des autres, embarqués dans la même aventure humaine ?
L’antienne d’ouverture de l’Eucharistie nous trace une belle ligne de conduite pour ces jours à venir "Dieu, regarde : vois le visage de ton Christ", en tout être humain, en tous ceux et celles que nous rencontrons.


Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, Etats-Unis

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