20e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire (3)

- Le mot d’explication :

Les habitants de Tyr et de Sidon s’appelaient les syrophéniciens (voir Mc 7, 26). A cette dénomination, Matthieu substitue le terme archaïque "cananéenne", lourd d’un mépris ancestral contre la race maudite de Canaan. "Noé dit : Maudis soit Canaan ! Qu’il soit pour ses frères le dernier des esclaves" (Gn 9, 25).
De Mt 7, 6 on voit que le terme chien, avec lequel Jésus répond à la femme (15, 26) est employé comme métaphore pour désigner ceux qui sont incapables d’apprécier ce qui est grand et saint.
La conclusion de l’épisode révèle que, par la foi, les barrières entre Israël et Canaan tombent.

- Méditation :

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(c) Jean François Kieffer

Après une controverse avec les pharisiens à propos du pur et de l’impur, Jésus s’est retiré vers la région païenne de Tyr et de Sidon. Mais voilà qu’aussitôt une femme se porte à sa rencontre. Elle est de la race maudite et méprisée de Canaan. Cette femme crie et réclame pour sa fille un exorcisme. Dans sa détresse, elle appelle Jésus : Seigneur, fils de David, reconnaissant par là la validité des promesses faites à David, et par conséquent, la place privilégiée des fils d’Israël. Jésus se tait, comme pour lui permettre d’aller encore plus loin. Alors, dans leur agacement, les disciples interviennent. Et Jésus semble refuser en se référant à la mission reçue de son Père : il est le Messie du peuple d’Israël. Loin de se décourager la femme se prosterne humblement et renouvelle sa supplication. Elle sait que son peuple est méprisé : elle ne demande que les miettes. Jésus la loue pour sa foi, car en raison de celle-ci, elle obtient ce qu’elle demande. La foi obtient le salut. Elle fait tomber les barrières : il n’y a plus de juifs ou de païens. Il n’y a que des hommes et des femmes qui reconnaissent avec humilité avoir besoin d’un Sauveur, qui mettent leur confiance dans l’envoyé du Père. Jésus fait éclater les frontières du peuple élu. Il accomplit la prophétie d’Isaïe : les serviteurs de Dieu, inclus les étrangers et les exilés, sont assurés du salut de Dieu. Il révèle la miséricorde de Dieu pour tous les hommes, comme le prêche encore saint Paul.
La leçon de cet épisode est pour nous une leçon d’humilité. Ce ne sont pas les gens respectables selon nos critères, les purs, qui seront sauvés. Ce sont les pauvres quels qu’ils soient, qui savent mettre leur confiance en Dieu, car lui seul peut combler véritablement notre indigence. Puissions-nous du fond de notre faiblesse et de notre pauvreté laissez monter vers Dieu nos supplications, avec cette foi confiante en son action transformatrice et salvatrice en nous.

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

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