18e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire (2)

- Le mot d’explication :

Ce passage de l’Evangile est plein de réminiscences bibliques : le désert rappelle l’Exode, où le peuple est tenaillé par la faim (Ex 16,3ss) ; Jésus se comporte comme le berger du psaume où Dieu Lui-même conduit­ son peuple au repos “sur des prés d’herbe fraîche” pour lui dresser la table (Ps 23, 2-5) ; les gens s’assoient par groupes de cent et cinquante, ce qui évoque l’organisation des fils d’Israël au désert (Ex 18, 21-25)...
Le récit revêt aussi une allure liturgique. Les gestes de Jésus annoncent le repas eucharistique.

- Méditation :

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(c) Jean François Kieffer

Ce qui nous est raconté dans l’Evangile pourrait être appelé un miracle d’abondance. Jésus a senti le besoin de se retirer à l’écart. Mais les foules qui l’ont écouté le suivent. Elles font l’expérience de cette gratuité de Dieu, dont parle le prophète Isaïe, lorsqu’il invite à discerner les vraies nourritures, la vraie sagesse. Jésus ne nourrit pas seulement par la pain partagé mais par sa parole, par l’éducation à une attitude de partage.
En voyant les foules Jésus est pris de pitié : tous ont été séduits par la Bonne Nouvelle et ont mis leur espoir en lui. Alors il se fait proche et les soigne. Mais le soir vient et la sagesse commanderait de renvoyer les foules car l’endroit est désert. C’est la suggestion que les disciples font à Jésus. Mais lui qui s’est comporté jusque là comme un Pasteur qui conduit ses brebis et les soigne ne veut pas les laisser partir ainsi. Les cinq pains et les deux poissons en prsence rappeleront au peuple la manne et les cailles dont le livre de la Sagesse de Salomon dit qu’elles montèrent de la mer (Sg 19, 12). Il revient aux disciples de nourrir le peuple avec ce peu ; il devient surabondance dans les mains de Jésus lorsqu’il accomplit les gestes qui seront aussi ceux de la dernière Cène. Puis les disciples nourrissent la foule ; leur rôle est d’être médiateurs.
Les disciples ont suivi Jésus. Ils ont partagé bien des repas avec lui et ils partageront le dernier repas, au cours duquel Jésus anticipera le don de sa vie. Mais Jésus n’est pas venu pour un petit groupe de fidèles clos sur lui-même. Il est venu pour cette foule désemparée qui a faim et soif, sans pouvoir même nommer ses manques. Il est venu pour tous et surtout pour ceux qui sont loin. Les disciples eux-mêmes sont enseignés à mettre leurs modestes possibilités au service de sa mission auprès des foules. A ceux qui sont vulnérables, dans la pénurie, Jésus dit : Venez à moi ! Mais aux disciples avec qui il a tout partagé, Jésus révèle sa propre vulnérabilité : il a besoin de leur maigre apport pour faire du peu de l’abondance. Le lieu désert peut être un lieu de rencontre avec le Christ, si des disciples ont eux aussi le désir de se faire proche de leurs frères.

- Seigneur nous te rendons grâce pour toutes les expériences de ta bienveillance, toi qui nous nourris du pain de l’eucharistie et nous rassasies de ta bonté. Oui, nous le savons rien ne pourra nous séparer de ton amour. Donne-nous de vivre et agir selon tes propres manières d’être et agir, apprends-nous à élargir notre regard et à mettre nos biens et capacités au services de nos frères et sœurs.

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

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