Dédicace

CONSECRATION
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Autrefois on célébrait, dans toutes les églises l’anniversaire de leur consécration. La Révolution est venue. Elle a fermé, détruit, sécularisé les temples. Alors une fête a été établie, pour réunir le souvenir de la dédicace de toutes les églises de France.


Pourquoi solenniser ainsi le souvenir de cet acte, qui consacre à Dieu un édifice pour en faire sa demeure propre et un lieu de sainteté ? C’est pour nous inspirer un profond respect de nos églises. Tout ce que la sainte Écriture dit du temple de Jérusalem peut s’appliquer à elles, mille fois plus favorisées que le temple de l’ancienne loi, car si Dieu se manifestait dans le Saint des Saints, il n’y demeurait pas personnellement, tandis que Jésus Christ réside sur nos autels d’où il répand sans cesse ses grâces.


Si, du temple matériel, nous venons à cet autre temple que Dieu daigne habiter par sa grâce, à nos âmes devenues la demeure du Saint-Esprit par le baptême, de quel respect faudra-t-il entourer ces temples ? Saint Augustin dit dans sa Règle : “Honorez les unes dans les autres Dieu de qui vous êtes devenues les temples”. Et saint Paul : “Le temple de Dieu est sacré, et ce temple c’est vous (1 Co. 3,17)”. Ces paroles s’appliquent à toute âme baptisée.


La consécration d’une Église n’est pas un sacrement, c’est une célébration. De même pour nous : la prise d’habit, puis les premiers voeux, enfin la profession perpétuelle qui nous consacre à Jésus Christ et imprime en nos âmes une marque particulière.


Nous sommes donc le temple de Dieu. Sous peine de manquer de respect à Dieu, dans l’église on se recueille, on prie, on entend la parole de Dieu, on offre des sacrifices. C’est là aussi ce qu’il faut faire dans l’intime de l’âme.


Nous devons employer notre activité à quelque service utile. Mais l’intime de nous-même doit désormais être consacré à Dieu par le recueillement. Dieu parle, au coeur, avec autorité et puissance : il demande certaines choses, il a une voix intime et secrète, entendue dans le recueillement, par laquelle il conduit à la perfection de l’amour.


Mais le recueillement et la prière doivent être habituels pour entendre la Parole de Dieu. Notre Seigneur nous l’a dit : “Il faut toujours prier sans se décourager”. Il faut qu’un élan de supplication et d’amour s’élance sans cesse de l’âme vers celui qui y demeure. Dans ce dialogue intime, nous adorons, supplions, nous remettons entre les mains de Dieu qui nous dit ce qu’il attend de nous.


Nous le savons déjà par la vie de notre Seigneur : son humilité, sa patience, son obéissance, sa résignation dans les souffrances, sa générosité nous apprennent ce que nous devons faire. Mais il y a je ne sais quelle touche intérieure qui nous fait connaître qu’aujourd’hui Dieu demande plus particulièrement de nous : plus de patience, ou d’humilité, plus de renoncement. Nous le saurons dans le silence.


Ce qui se passe de plus grand dans nos églises, c’est le sacrifice de notre Seigneur. Quand nous recevons son corps, nous recevons aussi son sang, son âme et sa divinité. - mais c’est afin de mieux nous pénétrer de son état de victime, que le corps et le sang de notre Seigneur semblent séparés sur l’autel. Ainsi, le Seigneur veut figurer le sacrifice et l’immolation que nous devons accomplir par l’offrande continuelle de nous-mêmes.


Si nous mettons un peu d’ardeur et de générosité à nos sacrifices, quels qu’ils soient, si nous les unissons au sacrifice de notre Seigneur, nous immolant avec la victime - alors nos sacrifices unis à ce sang précieux seront plus légers, et cette ardeur, cette générosité donnera à notre âme une grande joie.


Sainte Marie-Eugénie,
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
D’après une instruction de chapitre du 11 novembre 1886


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