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 ::11 :: Tout le monde peut le faire

VERTUS

Personne ne peut se dispenser de faire pénitence. La parole de l’Evangile est formelle “Si vous ne faites pénitence vous périrez tous(Luc 13,3)”. Mais est-ce seulement faire maigre et jeûner ? Cette forme de pénitence, proposée par l’Eglise, n’est pas seule strictement nécessaire pour accomplir le précepte. Ce qui est nécessaire, c’est l’esprit de pénitence, et on a besoin de s’y renouveler.

L’esprit de pénitence, c’est la contrition, le regret de nos péchés. C’est aussi l’humilité du coeur, qui nous fait choisir la dernière place et mettre tous les autres au-dessus de nous, reconnaissant que nous mériterions d’être traités en pénitent public à cause de nos péchés, de nos mauvaises habitudes, de notre orgueil, de notre manque de dévotion, et du peu que nous rendons aux droits de Dieu. C’est pour cela qu’il faut embrasser la pénitence, et se tenir dans un grand esprit d’humilité vis-à-vis des autres. Tout ceci n’est que l’esprit de pénitence. Mais cet esprit engendre la vertu de pénitence, en nous portant à en faire des actes.

Faire pénitence est très facile. Nous avons d’abord l’accomplissement strict de notre Règle de Vie, puis tous les assujettissements d’une obéissance soumise, prompte et humble, l’acceptation de tous les sacrifices, des humiliations, des peines qui se rencontrent dans l’obéissance. Voilà des actes extérieurs de mortification et de pénitence.
Ajoutez à cela le travail, l’assujettissement à son emploi, la fidélité à se rendre exact, l’attention, l’application à faire ce que l’on doit, et à lebien faire, voilà, je le répète, des oeuvres extérieures de pénitence qui peuvent être suffisantes à absorber nos forces.

Il y a encore beaucoup d’autres mortifications que tout le monde peut faire et qui ne nuisent pas à la santé.

Remarquez bien cependant que retrancher une chose illicite n’est pas une mortification. Ainsi vous avez envie de dire une parole contraire à la charité. Si vous ne la dites pas, c’est justice ; vous ne faites que ce que vous devez. Vous obéissez au précepte qui défend de mal parler du prochain. Mais vous vous mortifiez, si vous réprimez une parole de curiosité, une saillie spirituelle qui vous ferait honneur, une de ces mille paroles qu’on a envie de dire pour montrer son esprit, son intelligence. Il ne faudrait pas, cependant, pousser cela trop loin et ôter tout entrain, toute variété, tout agrément de la conversation !
Le silence est une mortification, et encore, avoir une tenue énergique, se refuser ces mille petits “laisser aller” qui donnent plus de bienêtre au corps, mortifier la curiosité, retenir les saillies de l’amour propre.... Enfin, ces mille petites choses qui privent nos regards, nos oreilles, notre goût, nos cinq sens en un mot : Voilà les mortifications les plus utiles et les plus agréables aux yeux de Dieu, parce qu’elles servent à nous introduire dans la pratique des vertus.

Nous deviendrons patients, modestes, humbles, doux, et ainsi de suite des autres vertus qui reposent sur la mortification. La vertu est en effet, en un certain sens, le retranchement de quelque chose qu’on aurait pu faire sans péché. Elle repose aussi sur la grande maîtrise que nous devons avoir sur nous-mêmes, pour ne pas nous laisser aller, s’il se présente des contrariétés, des vexations, des peines, mais pour rester toujours maîtres de notre volonté, pour nous offrir sans cesse à Dieu.

D’après une instruction de chapitre du 2 mars 1873
de Sainte Marie-Eugénie de Jésus

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