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Pas même une feuille de papier

ADORATION


Ne comptons que sur Dieu, par une espérance qui passe par-dessus tout, pour se reposer uniquement sur la fidélité infinie de notre Seigneur Jésus Christ. Dieu ne serait pas Dieu, s’il ne répondait pas à la confiance d’une âme qui s’est complètement abandonnée à lui. Et l’amour dans l’abandon ! Il resplendit du commencement à la fin. On n’a pas une telle espérance sans un très grand amour. C’est dire à Dieu : “Je vous aime, j’apprécie ce que vous êtes. Je me réjouis de vos perfections, de votre puissance. J’y mets toute ma foi, toute ma confiance, je me dégage de tout ce qui est en moi ou hors de moi, pour ne voir que vous, n’attendre que vous, ne vouloir que vous, n’espérer que vous”. C’est là un grand amour, et ce que sainte Jeanne de Chantal appelait l’oraison de remise en Dieu. C’est dire un oui perpétuel. C’est se placer aux pieds de notre Seigneur Jésus Christ, vouloir tout ce qu’il veut, aimer tout ce qu’il aime, désirer tout ce qu’il désire. Dans cette oraison, il y a peu de lumière, peu de considérations, peu d’idées distinctes, peu de joie même, si ce n’est la joie de l’union. Mais c’est sans cesse et sans cesse se remettre entre les mains de Dieu, s’abandonner toujours, dire toujours : “Oui ”. C’est voir dans l’Evangile : “Je suis la vigne et vous êtes les sarments (Jn 15,5)”, et se rattacher plus intimement au tronc, lire cette autre parole : “Sans moi vous ne pouvez rien faire”, le savoir et tout attendre de Dieu. Saint François de Sales dit que c’est un peu comme saint Jean au banquet de la Cène. Les autres se nour-rissaient de viandes diverses. Lui, en prenant la nourriture ordon-née par la loi, (l’agneau pascal), se reposait sur la poitrine de Jésus (Jn 13,23). J’ai connu une personne qui me disait : “L’occupation de toute ma vie, c’est d’enlever les obstacles entre mon âme et Dieu, comme entre deux choses qui veulent s’unir”. Si je voulais unir mes mains, je n’y laisserais aucun obstacle, pas même une feuille de papier. Il en est de même entre l’âme et Dieu : il faut que tout s’en aille, qu’il ne reste dans l’âme que la foi, l’espérance et la charité, et Dieu de l’autre côté. Si je dis que tout s’en va, vous comprenez bien, que tout demeure par la charité, puisque, par la charité, nous nous sommes donnés au prochain en Jésus Christ. L’âme, ainsi unie à Dieu, est pleine de l’amour qu’elle puise dans le cœur de Jésus Christ. Quant à elle, elle ne retient rien, ni les lumières de son esprit, ni les inclinations de sa volonté, ni les affections de son cœur. Elle jette tout dans le sein de Dieu, elle attend tout de Dieu, elle donne tout à Dieu. Elle vit de foi, d’espérance et de charité. C’est là le parfait abandon, la véritable oraison de remise où Dieu fait tout, où l’âme adhère constamment à Dieu. Ce n’est pas l’affaire d’un jour. Cela paraît facile au premier abord. Mais, pour y arriver, il faut toujours travailler, à travers les épreuves, à travers les consolations, à travers les difficultés. Tâchez de suivre la grâce, de vous unir à la grâce, de dire toujours : “Amen”, à ce que vous demande la grâce. Vous ferez cela, non sans peine, mais il en résultera des fruits si grands qu’ils demeu-reront toute l’éternité. Aimez à faire ce qui vous coûte. Aimez les humiliations. Aimez le travail humble. Aimez les âmes. Aimez votre vocation par-dessus tout, parce qu’elle vous conduira à la perfection, si vous êtes fidèles. Aimez Dieu et tout ce qui est de Dieu. Aimez-vous les uns les autres avec ce désir ardent que tous vous arriviez à cette perfection, à laquelle il vous convie et pour laquelle il vous a appelés. D’après un chapitre du 22 décembre 1872
de Mère Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption

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